Deux poids, deux mesures!
Poème inédit
Selon que vous serez homme ou femme, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Deux poids deux mesures
D’un côté les hommes,
Influents
Importants
Puissants.
De l’autre les femmes,
Invisibles
Anodines
Impuissantes.
Des hommes autonomes
Des femmes captives
Des hommes décideurs
Des femmes obéissantes
Des hommes organisés
Des femmes isolées.
Aucune égalité dans ce rapport de force
Qui profite aux hommes
Et pénalise les femmes.
Des hommes qui votent des lois
Au détriment des femmes.
Qui ne sanctionnent pas
Le harcèlement sexuel.
Font preuve d’indulgence,
Envers les harceleurs et les agresseurs.
Ne condamnent pas les abuseurs.
Classent sans suite
La majorité des affaires de viols.
Considèrent les féminicides
Comme des meurtres passionnels.
Des hommes hostiles aux droits des femmes.
Qui remettent en question
Leur liberté sexuelle.
Leur droit à l’avortement.
Autant d’avantages,
De pouvoir,
De solidarité
De soutiens institutionnels
À leur égard,
Que de pertes sèches,
De préjudices
Et d’iniquité
Du côté des femmes.
Des femmes sans cesse pénalisées.
Qui attendent l’égalité salariale.
La répartition des tâches domestiques.
De concilier travail et famille
Sans pertes sur leur prévoyance,
Leur revenu,
Leur rente vieillesse.
Des femmes qui assument seules
La charge mentale.
Le travail scolaire des enfants.
La gestion de la maison.
Des femmes sujettes au chômage,
À la pauvreté.
Désavantagées, précarisées lors de divorces.
Des femmes victimes de violences
De sexisme,
Baisables et corvéables à merci.
Abandonnées par la police.
La justice.
Des femmes fatiguées, lasses…
De constater que les réformes
Se font toujours sur leur dos.
Que la moindre revendication
Apporte son retour de bâton,
Une régression de leurs droits.
Des femmes lasses, si lasses…
Face au discrédit
Jeté sur celles qui dénoncent le sexisme.
Devant les réactions hostiles
De celles qui défendent le féminisme.
Devant la lassitude de toutes celles, et ceux,
Qui soutiennent et défendent
Ce mouvement* qui n’a jamais tué personne,
Alors que le machisme tue tous les jours.
D’un côté les femmes,
Invisibles
Anodines
Impuissantes.
De l’autre les hommes,
Influents
Importants
Puissants.
* Citation de Benoîte Groult » Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours ».
© Catherine Gaillard-Sarron 16.9.25
Poème à paraître dans La Face cachée du monde – Parution mai 2026
