« Des mots pour dénoncer, des mots pour libérer!

Des mots à slamer, à déployer aux quatre vents comme des « m-oriflammes »

Catherine Gaillard-Sarron

 

Ex-Slamation, recueil de poèmes de Catherine Gaillard-Sarron, 2.2024.

Ex-Slamation

Billets Daniel Fattore

Poèmes

“Des poètes qui s’ex-slament, qui slament ce qui se trame, qui s’indignent et s’exclament, qui sans fin nous désarment !”

Composé de sept tableaux et de de cent cinquante-quatre poèmes « Ex-slamation » est le fruit d’une réflexion qui porte sur la solitude, la difficulté à vivre, seul ou ensemble, sur la violence, la haine, la guerre, l’injustice, le sexisme, les nouvelles technologies, l’écologie, mais aussi sur la beauté de la nature, l’espoir et l’amour.

Février 2024 – 256 pages
ISBN : 978-2-9701281-9-9

Prix 25 CHF 

Ex-Slamation - Hermeline ou l'enfance assassinée

par Catherine Gaillard-Sarron | Voix de l'auteure

Des mots qui claquent, des mots qui marquent. Des mots comme des balles qui sifflent dans les salles. Des mots comme des armes, tranchants comme des lames!” 

 

Ex-Slamation


4e de couverture

Composé d’environ cent cinquante poèmes « Ex-slamation » est le fruit d’une réflexion qui porte sur la solitude, la difficulté à vivre, seul ou ensemble, sur la violence, la haine, la guerre, l’injustice, le sexisme, les nouvelles technologies, l’écologie, mais aussi sur la beauté de la nature, l’espoir et l’amour. Des poèmes engagés, militants, qui nous questionnent sur notre rapport à l’autre, à la vie et dénoncent les problèmes de notre société. Des textes forts, percutants qui interpellent par leur pertinence et la profondeur de leur analyse. En dépit du regard sombre et sans complaisance que la poétesse pose sur le monde d’aujourd’hui, « Ex-slamation » se veut avant tout un manifeste poétique pour la vie, l’amour, la paix et le mieux vivre ensemble.

Des poètes qui s’ex-slament, qui slament ce qui se trame,

Qui s’indignent et s’exclament, qui sans fin nous désarment !

Des mots qui claquent, des mots qui marquent. Des mots comme des balles qui sifflent dans les salles. Des mots comme des armes, tranchants comme des lames ! Des mots pour dénoncer, des mots pour libérer. Des mots à slamer, à déployer aux quatre vents comme des « m-oriflammes » !

 

« Il faut savoir s’indigner pour rester digne ! »

Ex-slamation

Des poètes qui s’ex-slament, qui clament ce qui va mal…

Slam, slam, slam !

Un rythme qui enflamme

Des poètes qui s’ex-slament

Qui clament ce qui va mal

Qui slament leur vague à l’âme,

Qui le vers musical

Dans les rues dans les trams

Leur poésie déclament

Sans souci du scandale !

 

Slam, slam, slam !

Et leurs mots qui cavalent

Qui claquent et qu’ils avalent

Qu’ils tirent en rafales

Qui déferlent par lames !

Leurs mots comme des balles

Qui sifflent dans les salles

Leurs mots contre les armes

Tranchants comme des lames !

 

Slam, slam, slam !

Des poètes qui s’ex-slament

Qui déclarent leur flamme

Qu’on aime ou qu’on diffame

Qui slament ce qui se trame !

Des aèdes hommes ou femmes

Qui s’indignent et s’exclament

Qui dérangent et nous charment

Qui sans fin nous désarment !

 

Slam, slam, slam !

Des êtres qui réclament

Déclenchent des alarmes

Des êtres qu’on remballe

Que rebelles on proclame !

Des gens tout feu tout flamme

Qui sur le macadam

En dépit du ramdam

Déploient leurs « m-oriflammes »

 

Slam, slam, slam !

Des phrases qui enflamment

Les esprits et les âmes

Qui sans souci étalent

Magouilles et cabales !

Des mots comme des blâmes

Quand la colère entame

Des mots comme des rames

Pour échapper aux drames !

 

Slam, slam, slam !

Des rimes qui nous parlent

Qui les abus déballent

Des rimes qui font mal

Qui font monter les larmes !

Des refrains qui brimbalent

Qui la conscience installe

Qui stimulent ou qui calment

Notre cœur ou notre âme !

 

Slam, slam, slam !

Des poètes qui s’ex-slament

Des poètes qui s’enflamment

Qui manient le sarcasme

L’ironie, le fantasme

Des poètes hommes ou femmes

Qui dénoncent le mal

Qui clament leur vague à l’âme

Qui slament et qu’on acclame !

 

Slam, slam, slam !

Quelques vers de cristal

Dans un monde immoral

Pour que dans l’idéal

La justice prévale

Quelques vers en cavale

Pour dénoncer l’infâme

Et arrêter ce bal

Où racole le mal.

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

Le verbe et le néant

Il y eut le néant, puis le Verbe…

Et le monde fut créé.

Les choses furent nommées

Et elles existèrent.

 

Il y a la souffrance, il y a l’indicible…

Et puis la parole pour tout exprimer,

Car l’inexprimable, pour être entendu,

À besoin de mots pour pouvoir se dire

Et c’est en nommant le mal invisible,

Prisonnier des limbes de notre inconscient,

Qu’il peut prendre forme et se révéler,

Car ce mal profond, sans voix et sans nom,

Sous l’action des mots comme d’une magie

Enfin naît au monde et peut exister,

Et parce qu’il existe, il peut donc mourir,

Car ne peut mourir ce qui n’est pas né,

Car ne peut mourir ce qui n’est pas dit.

 

Il y eut le néant, puis le Verbe…

Et le monde fut créé.

Les choses furent nommées

Et elles disparurent…

 

 

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

Mots balises

Des mots comme des outils,

Des mots comme des ferments,

Pour bien forger le monde

Et faire lever l’esprit.

 

Des mots comme une matière,

Autonome et vivante,

Pour incarner l’idée

Et créer la pensée.

 

Des mots à repenser

Quand le sens est trahi.

Des mots à inventer

Pour retrouver du sens.

 

Des mots comme des bagages,

Des mots comme des balises,

Pour ne pas oublier

Et éclairer le monde.

 

Des mots comme un espoir,

Des mots comme un salut,

Pour pouvoir exprimer

Et toujours exercer

L’immense liberté

Que celle de penser !

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

La fleur du mal

La poésie est une fleur du mal…

Du mal que l’on nous fait.

Elle naît de et dans la souffrance,

À l’abri des regards,

À l’ombre de la solitude.

 

Elle éclôt lentement,

Difficilement,

Bourgeonnant des années,

Fleurissant rarement,

Et son parfum délicat

Aux senteurs nostalgiques

Exhale la tristesse

Des âmes que l’on brise.

 

La poésie est une fleur du mal…

Du mal que l’on ressent.

Elle s’épanouit dans le silence

Et dans l’indifférence,

Indicibles frontières

Qui nous isolent les uns des autres,

Mais nous mènent, par ce chemin,

Au plus profond de notre cœur.

 

Et c’est sur l’autel de notre âme,

Tabernacle de notre sensibilité,

Qu’infiniment baignée

De nos larmes intérieures

Éclos un jour,

Sur le terreau du mal,

La fleur de la poésie.

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

BabyloNet

Comme gronde l’orage en plein cœur de l’été,

Grondent au cœur de l’humain la colère et la haine,

Une haine brutale qui éclate soudain

Et que l’on scénarise, déchaînant les passions.

 

Une colère inique qui embrase et dévaste,

Enflammant les esprits, perturbant la raison,

Nourrie des émotions jusqu’à l’exaltation,

Conduisant à l’infâme, à l’inhumanité !

 

Une violence crue, une violence choc,

Rebattue et filmée, vilement mise en scène,

Barbarie exaltée, par tous, encouragée,

Sans fin médiatisée, sans fin rediffusée ;

 

Une rage sauvage, gratuite, impitoyable,

Propagée par le Net et ses réseaux obscènes,

Modérée et triée par d’obscures entités

Qui agissent dans l’ombre et régissent le monde ;

 

Un monde où les réseaux, anonymes et haineux,

Influent sur les esprits et poussent à la violence.

Un monde mercantile, décadent, perverti

Qui ment et manipule, mais séduit la doxa !

 

Comme explose une bombe en plein cœur de la ville,

Explose la fureur dans les cœurs corrompus,

Une violence inouïe, féroce et inhumaine

Qui détruit par plaisir et ne justifie rien ;

 

Cruauté indicible qui génère la peur,

Muselle les consciences et pourrit l’existence ;

Une folie furieuse qui contamine tout,

Qui excite et déprave dévoyant jusqu’à l’âme.

 

Chantage et calomnie, lynchage médiatique,

Fake news et propagande, tout est bon pour détruire,

Massacrer son semblable, le pousser au suicide,

En toute impunité, d’un seul clic anonyme.

 

D’où vient cette fureur ? Cette agressivité ?

Et comment y répondre quand chacun elle entraîne ?

Une haine barbare, indigne et affligeante,

Qui clive et polarise, enchaînant tous les hommes.

 

Comme gronde l’orage en plein cœur de l’été,

Grondent au cœur de l’humain la colère et la haine,

Un incendie géant nourri par les passions

Que rien ne peut éteindre et qui s’étend sans fin.

 

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

A l’écoute du monde

Et tels de nouveaux dieux sur un monde sans cieux, ils se veulent parole juste pour le pactole.

Regarde autour de toi,

Regarde ce que l’on voit !

 

Partout les hommes se font la guerre

Qui draine la misère,

Partout ils briguent le pouvoir

Qui augmente l’avoir !

 

On ne voit que violence

Et désir de puissance,

Arrogance sauvage,

Injustices et outrages,

Qu’une laide vérité

Pétrie de vanités

Et c’est comme un soleil

Sur le monde ébloui

Que rayonne l’orgueil

Désormais aujourd’hui.

 

Écoute autour de toi

Écoute ce qu’on entend !

 

Partout les hommes se crient leur haine

Qui pourtant les enchaîne !

Partout les hommes intriguent et mentent,

Soucieux surtout de belles rentes.

On n’entend que mensonges,

Hypocrisies qui rongent,

On n’entend que chantage

Pour avoir davantage,

Bavardages hideux

Pour intérêts juteux,

Et tels de nouveaux dieux

Sur un monde sans cieux

Ils se veulent parole

Juste pour le pactole.

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

Casino

Dans cette société aux places limitées,

Les données ont changé, le jeu s’est modifié.

Sur le grand tapis vert d’un monde qui se perd,

Sa vie on doit jouer, les dés il faut jeter.

 

Entrez, entrez M’sieurs Dames !

Entrez dans le grand casino !

Casino du boulot, casino du magot.

Entrez, entrez lancer les dés et prendre votre dû !

Casino des élus, casino des exclus !

 

T’as joué, t’as perdu, à présent t’es foutu,

Un autre a pris ta place, tu le vois dans la glace.

Pressé et oppressé par d’ignobles croupiers,

On te montre la porte, en toi naît la révolte.

 

Entrez, entrez M’sieurs Dames !

Entrez dans le grand casino !

Casino des complots, casino des ragots.

Entrez, entrez lancer les dés qui vont vous condamner !

Casino des pistonnés, casino des rejetés !

 

La blanche défaillance d’un système en partance,

La noire indifférence de nos grandes instances,

Ébranlent nos valeurs, engendrant la rancœur.

Au casino du profit plus personne n’a d’amis !

Entrez, entrez M’sieurs Dames !

 

Entrez dans le grand casino !

Casino des gogos, casino des salauds !

Entrez, entrez lancer les dés qui vont déterminer

Si dans la société vous pourrez exister !

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

Bonheur sur ordonnance

De l’État Providence à l’état dépendance,

Nous perdons chaque jour un peu d’indépendance ;

Programmés, contrôlés, pas à pas dirigés,

Nous renions, conformistes, nos vœux de liberté.

 

Asservie par l’argent et par l’économie,

Servie par les médias, les lobbys, la chimie,

La société s’altère et se « mondiabolise »,

Occultant les angoisses générées par la crise !

 

Boosté par le progrès le monde se transforme,

Laissant sur le carreau des chômeurs par millions,

Des femmes et des hommes voués à l’exclusion,

Déclassés, déprimés, en dehors de la norme.

 

Des êtres sans espoir, oubliés des nantis,

Sacrifiés sans remords sur l’autel du profit,

Qui n’ont d’alternative pour vaincre le néant

Que les anxiolytiques et les tranquillisants.

 

Travailleur ou chômeur, malade ou déprimé,

L’être humain, angoissé, est devenu marché !

Une proie vulnérable en recherche d’oubli

Traquée par les pharmas qui méprisent la vie.

 

Une opportunité qu’ils maximisent à fond,

Imaginant sans fin de nouvelles substances,

Entraînant par milliers dans maintes addictions

Les accros d’un bonheur prescrit sur ordonnance !

 

Dans notre société surmédicamentée,

La dope ce fléau est dans tous les foyers ;

Dénoncée par les uns, elle enrichit les autres,

Accentuant la fange où déjà tant se vautrent.

 

Dealers et trafiquants sont dans les officines

Et fournissent Viagra, Prosac et Vicodin !

Drogués légaux sous la tutelle des États

Nous les enrichissons tout en marchant au pas !

 

Soucieux de bénéfices, plus que de la santé,

Sans autre on nous délivre Xanax et opiacés,

Nous jetant dans les affres d’une accoutumance

À dessein prolongée à grands coups d’ordonnances.

 

En quête d’un bonheur, d’une extase facile,

Nous sommes les jouets de marchands mercantiles

Qui proposent et procurent moult médicaments

Et transforment en junkies de crédules patients.

 

Béquilles indispensables à tant de nos semblables,

Partout on encourage et c’est invraisemblable,

Cette consommation folle et irraisonnée,

Proposant chaque jour autant de nouveautés !

 

Éludant sans remords la cause des pourquoi,

On nous invite, on nous incite à tour de bras,

À oublier, à lâcher prise, à consommer !

Déresponsabilisés, mais fidélisés !

 

Sans être hors la loi nous pouvons nous droguer,

En toute impunité, toute légalité,

Protégés, assistés jusqu’à l’aliénation

Dans cette société aux allures de prison.

 

Propositions, incitations diverses !

Addictions, assuétudes, dérives perverses !

La société tranquillise les individus

Et les endort sur les débris d’un monde perdu !

 

Produits de confort, de fuite ! Produits chimiques !

Or blanc, or jaune ! Des géants pharmaceutiques !

L’humanité, droguée, est sous dépendance,

Sous dépendance du bonheur sur ordonnance !

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

Tu seras un homme ma fille…

 

Si tu veux vivre libre et arpenter les rues

Sans peur d’être agressée, de jour comme de nuit,

Ne plus te faire siffler ou traiter de morue

Par des mecs que nul ne châtie ;

 

Si tu veux travailler sans te faire harceler,

Rester célibataire et prendre mille amants,

Si tu veux t’imposer, décider de ta vie,

Délivrée de tout ascendant ;

 

Si tu veux démonter les murs de ta prison,

Si tu n’acceptes plus de subir la violence,

Si tu refuses enfin toute domination,

Consciente de ton importance ;

 

Alors pareille aux mâles il te faudra cogner,

Juste pour te défendre, juste pour exister,

Car tu le sais déjà, ils ne changeront pas,

Pour toi c’est prison ou trépas ;

 

Il te faudra cogner pour te faire respecter,

Sans fin serrer les poings plutôt que de parler,

Pratiquer le baston pour ne pas te soumettre,

Pour éviter de te faire mettre ;

 

Confrontée aux machos qui te traitent de pute,

Qui ta part féminine à tout jamais amputent,

Il faudra que tu cognes pour protéger ta vie,

Ta survie sera à ce prix ;

 

Si tu peux tabasser comme un homme te cogne

Et sans plus d’émotion lui rendre coup pour coup,

Si comme lui, tu peux le faire sans vergogne

Puis sans autre aller boire un coup ;

 

Alors comme les hommes qui arpentent les villes

Qui cognent et injurient en toute impunité

Tu oublieras la femme qu’un jour tu as été,

Tu seras un homme, ma fille…

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

La société de consommation

Dans notre société

De pure consommation

De manière effrénée

Sans fin nous achetons

Et pour posséder plus

Encore nous travaillons

Et nous nous consumons

Sans rien avoir de plus.

 

Couverts du superflu

Nous avons oublié

Que ce qui compte le plus

Ne peut pas s’acheter

Les choses essentielles

Ne sont pas matérielles

Aucun supermarché

Ne vend cette denrée.

 

Cessons de consommer,

Nos besoins découvrons.

Sachons nous libérer

De la publicité !

En nous redécouvrons

Le bonheur d’exister !

Les plus belles possessions

Ne sont pas en action,

Avoir et posséder

Sont de fausses idées,

Car nous sommes possédés

Par les lois du marché,

Rackettés, empaquetés,

Par les hypermarchés.

Pressés de consommer,

Tout autant de jeter,

Nous sommes les outils

De la course au profit,

Les complices avertis

D’une infâme gabegie.

 

Renonçons au gratuit

À être des produits

À cette boulimie

Qui ruine la planète

Cette inepte folie

Qui mène à la défaite ;

Cette fièvre acheteuse

Aux allures de Faucheuse

Qui ravage la terre

Et le ciel et les mers.

 

Consommation et consommer,

Consommateur et consumer,

Consumérisme et concerner,

Il nous faut payer l’addition

De notre surconsommation !

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

« Ac-corps » perdus

Pour qui ce corps ferme, mince et musclé ?

Ce corps entraîné, dur à l’effort, à l’épreuve,

Ce corps en souffrance, ce corps en errance ?

Pour qui ce corps soigné, épilé, oint, parfumé ?

Ce corps parfait, sain,

Fait pour la caresse, prêt pour la tendresse ?

 

Pour qui ce corps jeune et vigoureux,

Ce corps instrument,

Ce corps qui transcende le tourment dans la douleur,

Qui expie, par l’effort,

La culpabilité de n’être pas aimé ?

 

Pour qui ce corps en pénitence ?

Ce corps qui se prépare, se pare et se tend…

Vers un autre qui ne le voit pas ?

Ce corps invisible

Qui se punit de ne pas exister,

De n’être pas choisi,

D’être seul !

 

Pour qui ce corps en latence ?

Ce corps en suspens ?

Ce corps qui se tord

Dans les affres du sport,

Ce corps qui fond

De sueur et de larmes,

Dans l’attente d’un autre,

D’un authentique ac-corps à corps…

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

Le leader

Où es-tu Seigneur quand chaque camp, Bible ou Coran en avant fait de toi son leader ?

Mon Dieu, qui règnes sur les cieux,

Regarde un peu en bas,

Vois les attentats !

Vois tous les dégâts !

Le monde vole en éclats

Et tu n’es jamais là !

 

En ton nom, Seigneur,

Derrière quelques apôtres,

Les uns et les autres

S’étripent avec ferveur,

Invoquant ta protection

Avant chacune de leurs actions,

Te brandissant en étendard

Avec leurs armes et leurs poignards.

 

L’horreur est atteinte,

Dépassée par les plaintes,

Rouge est la terre des hommes

Noir est le cœur des hommes.

En ces temps de haine

Les âmes justes peinent

Il n’y a plus d’humanité

Qu’injustices et hostilités.

 

Où es-tu Seigneur

Quand chaque camp,

Bible ou Coran en avant

Fait de toi son leader ?

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

Hermeline ou l’enfance assassinée

Dans son visage pâle, ses yeux me font mal,

Trop noirs et trop grands, tels des océans,

Témoins d’une horreur qui ne peut se dire,

Hantés par la peur de tout souvenir,

Pupilles élargies sur la barbarie.

 

Devant ce regard empli de silence,

Devant ce regard vidé d’espérance,

Face à cet enfant, de tout, innocent,

Qui ne peut plus dire, qui ne peut plus rire,

Comment justifier sans baisser les yeux

Que la guerre vaut mieux que sa vie brisée ?

 

Sur son visage lisse une larme glisse,

Sur tant d’impuissance face à la violence,

Sur tant d’indécence face à la souffrance

Et mon cœur se brise quand ces regards-là

Faits de lumière grise se posent sur moi !

 

Ces larmes de sang de tout temps versées,

Ces vies éclatées dans le blé des champs,

Tableaux sanguinaires peints par tant de guerres,

Sont le sacrifice des hommes à la haine

Qui malgré la peine égorgent leurs fils.

 

Dans son visage pâle ses yeux me font mal,

Trop vides, trop grands, emplis de néant,

Miroirs effrayants de l’aveuglement

D’un monde effarant qui tue ses enfants,

Car plonger nos yeux dans ceux d’Hermeline

C’est y voir en vérité toute l’enfance assassinée !

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

Elle était

Elle était le plus grand et le plus pacifique

De tous les mammifères existant sur la terre

Longtemps elle nous prévint par son chant nostalgique

De ce qu’il adviendrait si elle disparaissait.

 

Vivant en harmonie au sein des océans

Elle sillonnait les mers de la planète entière

Grégaire ou solitaire, gris bleuté ou à bosses,

Sa mystérieuse voix traversait l’océan.

 

Elle était le plus grand de tous les mammifères

Se nourrissant de krill et de phytoplancton :

D’infimes organismes en suspension dans l’eau

Pour le plus imposant de tous les animaux.

 

Mais elle fut pourchassée et puis empoisonnée

Blessée par les bateaux ou les filets de pêche

Sans fin persécutée pour son huile ou sa viande

Pour raisons commerciales ou bien par traditions.

 

Cette reine n’est plus, massacrée par les hommes,

S’échouant par centaines sur les plages du monde.

Désormais s’est éteint son chant si mystérieux

Laissant à son destin un homme aveugle et sourd.

 

Elle était le plus grand de tous les mammifères

Voguant majestueuse au cœur des eaux profondes

Mais elle a disparu exterminée par l’homme

Et si l’homme est encore, le temps lui est compté.

 

Ainsi va la nature où tout est relié,

Le gros et le petit, l’infime et l’infini.

La baleine n’est plus, mais l’homme est en sursis,

Menacé à son tour par de petits virus…

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

N’attendez pas…

On croit toujours avoir le temps,

Le temps de dire à ceux qu’on aime

Combien on les aime vraiment.

 

On croit toujours avoir le temps,

Mais le temps passe et ils trépassent,

Avant qu’on ait ouvert la bouche,

Avant qu’on ait ouvert son cœur ;

Le temps les efface d’un coup

Nous laissant avec nos remords,

Nous laissant avec nos regrets,

Désemparés face à l’absence,

Soudain conscients que l’existence,

Telle une bulle de savon,

Peut éclater à tout instant

Et nous priver de leur présence.

 

On croit toujours avoir le temps,

Mais le temps passe et l’on trépasse…

 

N’attendez pas qu’il soit trop tard

Pour témoigner de votre amour.

Pendant qu’il en est encore temps,

Que la vie pulse dans vos veines,

Dites à tous ceux qui vous sont chers

Ce qu’ils représentent pour vous,

Sans retenue et sans réserve

Exprimez-leur vos sentiments,

 

Transmettez-leur cette lumière

Qui illumine votre cœur

Afin qu’aux heures les plus sombres

Elle éclaire et guide leurs pas.

 

N’attendez pas qu’il soit trop tard,

Dites à tous ceux que vous aimez

Combien vous les aimez vraiment.

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024

 

Survivre

Vivre au milieu des autres

Qui vivent pour eux-mêmes,

Vivre au milieu du monde

Qui tourne sur lui-même,

Vivre grâce à l’amour

Qui anime mon cœur,

Vivre grâce à l’espoir

Qui éclaire mon âme,

Vivre pour devenir

Sans crainte de mourir,

Vivre avant de rejoindre

L’endroit où tout commence

Catherine Gaillard-Sarron

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