Billets Daniel Fattore

La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain : elle attire l’attention sur ce qui ne va pas.

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Billet "La Décision" 30 juin 2018

« La Décision », un week-end pour changer la vie »

Blog Fattorius 30.6.18

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Catherine Gaillard-Sarron Partir d’un malaise existentiel pour passer à autre chose: c’est le fil conducteur de La Décision, troisième roman de l’écrivaine Catherine Gaillard-Sarron. Un roman qui tourne autour du personnage de Vincent, mis à l’écart d’une promotion très attendue au profit d’un collègue. Que faire, dès lors? En parler en famille? Vincent prend une décision qui va traverser tout ce roman où la psychologie occupe une place prépondérante.

Psychologie? La romancière aborde des thèmes difficiles comme le harcèlement en entreprise ou l’incommunication en couple et en famille, voire entre amis. Il en résulte d’assez longs passages introspectifs, les personnages étant poussés à se remettre en question; d’autres évoquent la vanité de certaines valeurs d’entreprise, voire la perte de sens du travail. Cela ralentit certes le propos, mais ça sonne toujours juste.

Partir d’un malaise existentiel pour passer à autre chose: c’est le fil conducteur de « La Décision« , troisième roman de l’écrivaine Catherine Gaillard-Sarron.

Le propos? Le harcèlement en entreprise dont Vincent est la victime est peu décrit. La trame narrative se concentre sur la narration du week-end en famille que Vincent vit après son éviction. Basé sur un mensonge, une omission qui va peser un peu sur l’ambiance, celui-ci s’avère cependant heureux, plus même que d’habitude: les activités sont nombreuses et pas forcément de tout repos, entre balade à Nyon, rencontre avec les voisins, etc. Pour un quadragénaire surmené virant quinqua, Vincent a d’ailleurs la santé: il fait l’amour une demi-douzaine de fois à son épouse durant les deux ou trois jours qui sont le cœur de La Décision, et les descriptions, sans fausse pudeur, s’avèrent voluptueuses comme il se doit. Ces scènes suggèrent aussi qu’un langage du corps, à défaut de celui des mots, s’installe à nouveau entre les personnages, avec passion.

Des personnages aux noms choisis avec soin, d’ailleurs. Certains rappellent des localités romandes (Marly, Morat) ou des polices de caractère (Bodoni, Garamond), d’autres sont transparentes, à l’instar de ce supérieur hiérarchique nommé Canis, véritable chien. Il est à relever que si les personnages secondaires, et en particulier les collègues de travail de Vincent, sont le plus souvent désignés par leur nom de famille, les personnages qui composent la famille de Vincent sont nommés par leur prénom, et ce n’est qu’incidemment qu’on apprendra leur patronyme, assez loin dans le roman. Ainsi se crée, pour le lecteur, une connivence particulière avec la famille qui est au cœur de La Décision.

Si l’absence de communication peut faire d’importants ravages, parler de ses problèmes, par écrit ou par oral, est un premier pas vers leur résolution. Et « La Décision » trouve les mots simples et justes pour le dire.

La Décision, c’est trois ou quatre jours qui vont tout changer dans la vie d’une famille suisse romande ordinaire. Tout le monde en sort grandi et plus mûr, même les deux filles qui, en fin de roman, ne pensent plus guère aux gadgets électroniques indispensables pour être dans le coup à l’école. En forme de nouveau départ, la conclusion a des airs de roman feel-good, suggérant que si l’absence de communication peut faire d’importants ravages, parler de ses problèmes, par écrit ou par oral, est un premier pas vers leur résolution. Et La Décision trouve les mots simples et justes pour le dire.

Catherine Gaillard-Sarron, La Décision, Chamblon, CGS, 2018. Préface de Jean-Marie Leclercq.

Daniel Fattore 30.6.18

Billet "Intemporalité" le 16 février 2018

IntempOralité », une belle brassée de poèmes sur les thèmes de toujours

Lien Blog Fattorius 16.2.18

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Catherine Gaillard-Sarron Parler en séquences rythmées, brèves et intenses, du temps qui passe, de l’âge, des choses de la vie, de l’amour, n’est-ce pas l’une des vocations de la poésie? L’écrivaine Catherine Gaillard-Sarron s’est lancée dans ces sujets avec « IntempOralité », son tout dernier recueil de poésies. La musique de ces poèmes est belle et sereine comme un soleil couchant.
 
« IntempOralité » : oui, dans le mot « intemporalité », il y a « oralité ». C’est quelque chose que tout le monde peut constater, avec un peu d’attention – mais est-on toujours attentif? Cette particularité, la poétesse a choisi de la mettre au jour. Ainsi, le titre donne tout son sens au recueil: la poésie est un art oral, et l’auteure invite le lecteur à lire ses poèmes à haute voix. Et ceux-ci, en abordant des thèmes de toujours, constituent autant de tentatives de dépasser le caractère forcément fini, mortel, de l’être humain. Et justement: vaincre la mort, la transcender, est l’une des vocations de l’art.
Et justement: vaincre la mort, la transcender, est l’une des vocations de l’art.
Les poèmes du recueil « IntempOralité » sont réunis de manière thématique et abordent, nous l’avons dit, des sujets classiques, reflets de la finitude de l’homme. La poétesse s’inscrit cependant dans une tradition qui la transcende, celle des poètes d’hier et d’aujourd’hui: d’emblée, son poème « La Faille », qui ouvre le recueil, fait immanquablement penser au « Dormeur du Val » d’Arthur Rimbaud. Un Rimbaud qui serait devenu sage, cependant: tout commence sur un rythme semblable au célèbre poème, mais tout s’achève non pas sur la mort, mais sur le rayonnement de la vie: « La faille d’où jaillit ma lumière intérieure… » Le choix de l’auteure de citer en exergue les grands poètes d’hier constitue une autre manière de s’inscrire humblement dans une tradition qui dépasse une seule vie humaine.
Autant de choses fragiles auxquelles la poésie de l’auteure donne un supplément d’âme, par son simple et beau regard humain
Plus précisément, l’auteure évoque dans ses poèmes les petites choses qui font la vie. Ce sont des arbres, et l’on voudrait être comme eux (« Je voudrais être un arbre… »), des lieux connus comme Faugères (France) ou Chamblon (Suisse) où souffle le joran. Il y a aussi les pierres, les odeurs de sous-bois, les fraises des bois même (« Dame Fraise »). Autant de choses fragiles auxquelles la poésie de l’auteure donne un supplément d’âme, par son simple et beau regard humain. En contrepoint, l’auteure reconnaît par ailleurs la possibilité d’une transcendance, d’un dieu nommé par périphrases. 
 
Privilégiant le plus souvent des structures à quatre temps (en particulier les quatrains), l’auteure installe au fil des poèmes un rythme coutumier et lui aussi serein. Une impression de sérénité renforcée par l’usage modéré de la ponctuation. Dès lors, les poèmes qui s’écartent de ce schéma, tels « Trans-déshumanisation », construit en tercets de vers impairs, se détachent de l’ensemble, attirant l’attention du lecteur. Cela, de même que les points d’exclamation qui émaillent, fort justement, « Élan vital ». Reste que l’auteure choisit de conserver une certaine souplesse dans sa versification, globalement sans compromettre leur musique. 
 
Le recueil de poésies « IntempOralité » invite donc le lectorat à se baigner dans un univers serein, fait de toutes ces choses dont on parle depuis toujours en littérature, qu’on sait fugaces et qu’on voudrait immortelles. L’art de la poétesse y contribue, au fil de soixante-dix poèmes. Pourquoi ne pas s’y plonger?
 
Catherine Gaillard-Sarron, IntempOralité, Chamblon, Catherine Gaillard-Sarron, 2017.

Billet "Délit de fuite" 16 janvier 2017

Accident ou meurtre?

Catherine Gaillard-Sarron ose le roman policier

Billet de Daniel Fattore le 16.01.17

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Avec « Délit de fuite« , l’écrivaine franco-suisse Catherine Gaillard-Sarron poursuit son exploration des genres littéraires en offrant un premier polar. Auto-édité avec soin, celui-ci a paru en fin d’année dernière, quelque temps après son premier roman « Allons voir si la rose…« , qui fait suite à plusieurs recueils de nouvelles et de poésie.

C’est un fait divers qui constitue le nœud de l’intrigue de « Délit de fuite« : une voiture fonce sur une personne qui traverse la route, celle-ci meurt. Accident? Cela aurait pu se passer ainsi. Mais Annie Belmont, témoin oculaire, vient faire une déposition qui sème le trouble et s’avère cruciale pour l’enquête. Il y a anguille sous roche… et autour du commissaire Henry Baud, les policiers explorent toutes les pistes.

Le lecteur goûtera les dialogues piquants qui s’installent entre les deux amants!

L’auteure construit avec Henry Baud un personnage à la fois discret et attachant: on le voit œuvrer avec méthode, de façon bien carrée, et coacher son escouade d’inspecteurs en les priant à plus d’une reprise de ne pas prendre d’initiatives. En contrepoint, l’auteure sait réserver des plages de légèreté autour de ce bonhomme: celui-ci a une copine, une vraie complice, qu’il rencontre selon un rituel précis (deux jours par semaine seulement). Le lecteur goûtera les dialogues piquants qui s’installent entre les deux amants!

Enfin, Henry Baud est un passionné de puzzles, ce qui lui vaut le surnom de Commissaire Dix Mille Pièces. Ces puzzles, il les résout comme ses enquêtes: avec méthode et concentration. Le parallèle entre une intrigue policière à indices, qu’il faut collecter et faire coïncider pour reconstruire la vérité, et la construction d’un puzzle s’avère évidente. Enfin, il est permis de voir dans ce personnage qui préfère la rigueur aux éclats le reflet d’une certaine image de la Suisse, où se passe l’action: un pays calme, un peu terne peut-être (le pays a aussi ses banlieues sans âme), mais où tout se passe pour le mieux.

Catherine Gaillard-Sarron offre avec « Délit de fuite » un petit roman policier classique, cohérent et bien construit, qui prend le temps d’explorer les âmes humaines et ne néglige pas les moments de légèreté.

Du moins en apparence: quand même, l’hypothèse de l’homicide volontaire se vérifie! Les indices collectés sont divers: un peu de la couleur de la voiture, un suspect qui boit trop, un chien disparu, deux chiffres incertains sur une plaque minéralogique, et même une tombe profanée. A cela vient s’ajouter un peu de psychologie, en vue d’arriver, de manière assez linéaire, jusqu’au coupable. Henry Baud n’a certes pas à se laisser attendrir; cela dit, l’auteure dessine précisément les arguments qui s’entrechoquent dans l’esprit du commissaire au moment des aveux.

Catherine Gaillard-Sarron offre avec « Délit de fuite » un petit roman policier classique, cohérent et bien construit, qui prend le temps d’explorer les âmes humaines (celle de Henry Baud, mais aussi celle du coupable, qui a ses raisons d’agir comme il l’a fait) et ne néglige pas les moments de légèreté. En définitive, c’est un livre qu’on lit rapidement, porté par un style fluide et agréable.

 

Catherine Gaillard-Sarron, Délit de fuite, Chamblon, CGS, 2016.

Daniel Fattore le 16.01.17

Billet "Chemins de traverse" 22 juin 2016

Chemins et philosophies avec Catherine Gaillard-Sarron

Billet de Daniel Fattore le 22 juin 2016

Voir le livre et le commentaire de François Gachoud

Chemins de traverse: le titre de ce recueil de contes et de nouvelles peut paraître convenu. Catherine Gaillard-Sarron, son auteur, lui donne tout son sens. Avec ce nouveau livre, l’écrivaine choisit d’explorer de nouvelles possibilités offertes par le genre de la nouvelle, après avoir offert plus d’un recueil, d’inspiration fantastique ou quotidienne.

Chemins, donc. Ceux-ci sont une constante dans ce recueil, au sens propre comme au sens figuré, l’un n’allant le plus souvent pas sans l’autre. Ce thème classique est annoncé dès la première nouvelle, Le chemin, qui a des allures de prose poétique, décrivant les beautés d’un paysage. De manière évidente, il adopte une forme cyclique, annoncée dès ses premières phrases: « Il n’a pas de début et pas de fin non plus » – une idée reprise à la fin: « Car mon chemin n’a pas de début et pas de fin non plus. » Phrase reprise, à peine modifiée – une modification qui porte tout le sens de l’enrichissement du chemin parcouru, même si les points de départ et d’arrivée se confondent.

Le ton est ainsi donné: plutôt que de l’action, il y aura de la réflexion et de la poésie dans les pages de Chemins de traverse. Plus d’une nouvelle utilise les versions modernes du chemin que les humains parcourent comme prétexte à des moments de réflexion, la pensée cheminant au fil du parcours. Cela peut être un parcours en voiture (Musicomane), une randonnée où l’on cause (Les marcheurs) ou même un voyage attendu mais jamais effectué (Terminus…, beau moment de réflexion immobile de la part d’un homme mangé par son travail).

Ces nouvelles invitent chacune et chacun à réfléchir en douceur aux grandes questions de la vie.

L’auteure partage au fil des pages une vision du monde personnelle et aborde des questions que tout un chacun se pose: la mort qui peut frapper un couple, et alors, vaut-il mieux partir le premier? (Les marcheurs), les distractions du quotidien qui éloignent de l’essentiel qui se trouve au fond de chacun de nous (Le visiteur, avec son personnage d’ado bloqué dans une chambre avec l’interdiction de bouger à la suite d’un accident). Si les sujets sont graves et touchent à l’essentiel, ils n’excluent pas un certain sourire, ni les clins d’œil au lecteur astucieux: si le nom de Crassote, sage du socratique Dialogue sur la solitude, prête à sourire, on se souviendra qu’il rappelle aussi le mot russe qui signifie beauté (красота).

Ces nouvelles invitent chacune et chacun à réfléchir en douceur aux grandes questions de la vie. Le lecteur pourra dès lors être surpris par le côté péremptoire de Le Grand Rêve, long dialogue entre une grand-mère et sa petite-fille autour des hommes et des femmes, marqué par un secret aux allures de complot féminin et installant un manichéisme primaire entre les hommes, présentés comme dominateurs et égoïstes (même s’ils ne le sont pas en apparence), et les femmes, sensibles et pleines d’amour, et en définitive supérieures aux hommes. L’auteure oppose ici l’image d’un spermatozoïde, viril et conquérant, et celle d’un ovule, aimable et rond. Ce texte détonne ici: une vision aussi clivée a-t-elle sa place ici?

Le Grand Rêve suggère, cela dit, l’idée païenne de la possibilité d’un dieu femme. C’est que l’auteure tourne autour de l’idée de la divinité au fil des pages, acceptant volontiers, de manière presque évidente, la possibilité d’une transcendance. Dieu des chrétiens ou autre chose? La question est ouverte; l’auteure va jusqu’à intituler une de ses nouvelles Le Grand Horloger, ce qui est la traduction d’une certaine vision d’un principe qui dépasse l’humain et organise l’univers dans ses rouages. Cela, sans exclure que c’est peut-être en nous que se trouve ce principe transcendant – une sorte de « δαίμων » socratique. Socrate, encore lui…

Provocants ou méditatifs, les textes de Chemins de traverse s’avèrent de bons points de départ pour des réflexions personnelles, tournant autour de thèmes qui concernent chaque lecteur. L’auteure offre ses pistes de réflexion, ses éléments de réponse, dans une écriture abordable qui ne perd pas le contact avec le concret, puisqu’il met à chaque fois en scène des personnages humains ordinaires comme point de départ. Cela, au gré d’un recueil bien construit: si la dernière nouvelle s’intitule Le bout du chemin et suggère la fin de vie, ce n’est pas tout à fait un hasard…

Catherine Gaillard-Sarron, Chemins de traverse, Chambon, Catherine Gaillard-Sarron, 2016.

Daniel Fattore le 22 juin 2016

Billet "Allons voir si la rose..." 24 novembre 2015

Catherine Gaillard-Sarron et le piquant des roses

Postface de Anne-Catherine Biner – Voir le livre

Billet de Daniel Fattore le 24 novembre 2015

Quand les querelles de voisinage sont le premier poison du vivre-ensemble…

Dans son premier roman, intitulé « Allons voir si la rose… », Catherine Gaillard-Sarron installe une bisbille entre monomaniaques, et s’amuse à décortiquer avec un certain bonheur la psychologie et les très humaines faiblesses de de ses personnages

Ce premier roman a les airs d’une nouvelle amplifiée, notamment par l’extension de la psychologie des personnages. Stramer, présenté comme un monomaniaque des roses, paraît s’intéresser aussi à ce qui se passe autour de lui, de manière plus ou moins probable. Si on le suit volontiers dans ses réflexions sur le spécisme (le lion Cecil fait une apparition), on a de la peine à croire à sa critique de Gabriel Matzneff: un chimiste à la retraite aux ascendances germaniques s’intéresse-t-il forcément au prix Renaudot de l’essai? Quelques pistes, par ailleurs, sont installées. Il est regrettable qu’elles ne soient pas poursuivies plus avant, surtout si elles sont évoquées avec vigueur – on pense au goût de Stramer le misanthrope pour les « professionnelles », mentionné deux fois par l’auteur – or, celles-ci n’interviennent pas dans ce roman.

un final bien éclatant, mené tambour battant, qui amène son lot de morts pleins de caractère au terme d’un ouvrage qui sait se faire à la fois cocasse, piquant et intelligent.

S’il est délicieusement caricatural, le portrait du couple de voisins, les Crosmou, s’avère aussi nettement plus crédible. Il se fonde sur l’interaction asymétrique entre une femme puissante pour ne pas dire violente, dont le physique imposant reflète le caractère envahissant, et son mari, figure veule et fluette – qui porte cependant le nom bien félin de Félix. Cela, sans oublier le chat, justement, par lequel tout passe, ce qui ne manque pas de faire endêver le fameux Félix. L’auteure fait de cette bestiole, précieuse bête à concours, un élément clé (mais corrosif) de la relation conjugale, ce qui ne manquera pas de divertir le lecteur.

Divertir? Certes, le propos est grave puisqu’il est question d’une hostilité entre voisins, qui se développe en un crescendo rapide à l’apothéose bien campée quoique tragique. Les situations sont caricaturales, le lecteur le comprend en côtoyant des personnages tels que l’auteure sait les construire. L’onomastique, cela dit, s’avère amusante: les personnages portent des noms évocateurs et, surtout, certains mots et marques actuels, suisses à l’occasion, sont travestis afin de leur donner un côté ridicule auquel tout le monde a pensé un jour ou l’autre.

Le début paraîtra certes peu percutant au lecteur, l’auteur ayant choisi d’installer doucement son intrigue en présentant le personnage de Stramer. Mais il sera utile d’aller au-delà de cette impression pour arriver à un final bien éclatant, mené tambour battant, qui amène son lot de morts pleins de caractère au terme d’un ouvrage qui sait se faire à la fois cocasse, piquant et intelligent: si l’on sourit à certaines outrances, on se surprend aussi à réfléchir ou à s’interroger au détour d’une phrase, d’une page de ce livre aux allures de faux journal.

Catherine Gaillard-Sarron, Allons voir si la rose…, Chamblon, Catherine Gaillard-Sarron, 2015.

Daniel Fattore le 24 novembre 2015

Billet "La fenêtre aux alouettes" 21 janvier 2015

Une fenêtre ouverte sur les âmes

 Préface de Jacqueline Thévoz – voir le livre

Billet de Daniel Fattore le 21 janvier 2015

Pratiquement en même temps que son recueil Paquet surprise, la poétesse et écrivaine franco-suisse Catherine Gaillard-Sarron a publié un autre florilège de nouvelles, La Fenêtre aux alouettes – merci à elle pour l’envoi! Avec ce nouveau recueil, elle s’installe comme une auteure de nouvelles romande à l’indéniable personnalité. Préfacé par Jacqueline Thévoz, auréolé d’un Scribe d’argent décroché à Moudon, « La Fenêtre aux alouettes » rallie les thèmes de prédilection de Catherine Gaillard-Sarron, dans une optique psychologique – c’est une constante de ce recueil.

L’exploration des âmes est minutieuse et crédible dès la première nouvelle, Impulsion: un moment de tension en familiale, un peu d’alcool, une situation qui dérape… à chaque péripétie, l’auteure analyse ce qui se passe dans la tête de deux personnages séparés par les circonstances. Et côté péripéties, les personnages sont servis, ce qui permet à l’auteur de les creuser jusqu’au bout. Ce qui les rend profondément humains.

Cette approche peut déboucher sur un rythme de narration assez lent, et laisser l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose – ou alors que l’action est tout intérieure et que l’attention est invitée à se porter sur des détails d’importance. C’est le cas dans des nouvelles comme Parfum de vie ou Amour éternel, que l’on savoure donc plus longuement.

L’exploration des âmes est minutieuse et crédible dès la première nouvelle, Impulsion: un moment de tension en familiale, un peu d’alcool, une situation qui dérape… à chaque péripétie, l’auteure analyse ce qui se passe dans la tête de deux personnages séparés par les circonstances.

Si certaines nouvelles sont donc plus longues, plus développées et approfondies, d’autres sont brèves et fulgurantes, à l’instar de Comme une bougie dans le vent…, qui décline, en un clin d’oeil sympathique, la figure d’Elton John, ou Humour noir! qui, rédigée dans un style familier qui claque bien, revisite le genre du « bon tour » facétieux cher aux nouvellistes d’antan, à la manière la plus moderne qui soit: un peu de teinture bien placée suffit pour faire naître un sourire!

On retrouve enfin dans La Fenêtre aux alouettes certains éléments familiers à l’auteure. Les hommes ont souvent le mauvais rôle (mais les femmes sont-elles toujours meilleures?), et il arrive que certains drames soient accentués par la consommation déraisonnable et délétère d’alcool. Par ailleurs, comme dans « Paquet surprise », on trouvera des textes d’une certaine sensualité, où les sentiments et l’émotion ne sauraient manquer. Enfin, certains textes, tournant autour du motif du cristal, rappelle le thème du concours du Scribe d’Or 2013: Noces de cristal.

Le lecteur fidèle de Catherine Gaillard-Sarron ne sera donc pas dépaysé par ce recueil. Il y trouvera cependant un fil rouge, celui de la psychologie et de l’exploration des zones sombres et claires des âmes.

Le lecteur fidèle de Catherine Gaillard-Sarron ne sera donc pas dépaysé par ce recueil. Il y trouvera cependant un fil rouge, celui de la psychologie et de l’exploration des zones sombres et claires des âmes (la rédemption est parfois au bout du chemin!), qui le distingue. Quant à la nouvelle éponyme, qui met en scène un personnage qui s’invente des histoires, elle s’avère tout un programme: « Décidément, la réalité ne valait pas ses fictions. Et sa fenêtre n’était qu’un miroir aux… alouettes. »

 

Catherine Gaillard-Sarron, La Fenêtre aux alouettes, Chamblon, Catherine Gaillard-Sarron, 2014.

Daniel Fattore le 21 janvier 2015

Billet "Paquet surprise" 26 septembre 2014

PAQUET SURPRISE : Le parfait recueil pour Noël

Préface de François Gachoud

Billet de Daniel Fattore le 26 décembre 2014

Vingt-quatre nouvelles! Celles-ci constituent un florilège qui sait surprendre par le choix de certains points de vue. Elles ont une teinte généralement optimiste ou malicieuse, même si certains personnages sont détestables – en particulier les hommes mufles ou machos mis en scène. L’écriture est fluide, classique, et se met au service de moments émerveillés, curieux, souriants, voire sensuels

Des nouvelles, encore! Poétesse et nouvelliste, l’écrivaine suisse Catherine Gaillard-Sarron propose, en cette fin d’année, tout un recueil plein de surprises. Certaines font du bien, certaines dérangent, d’autres interpellent. Au final, Paquet surprise est un recueil auto-édité à lire – à dévorer, même – en cette période de fêtes de fin d’année.

L’écriture est fluide, classique, et se met au service de moments émerveillés, curieux, souriants, voire sensuels.

Les premiers textes de ce recueil sont des contes de Noël modernes. Le lecteur appréciera les bonnes vibrations qui en émanent, en particulier de la première, Le Noël de Pietro et Rosa. Cumulant les hasards heureux autour d’un couple modeste, sans histoires mais non sans rêves, elle illustre à merveille l’idée du miracle de Noël et promet que la fête est porteuse de bonheur. Rebelote avec Au dragon pétaradant, une nouvelle qui montre que certaines prédictions peuvent devenir réalité, pour le pire et pour le meilleur. L’auteure use d’un contraste maximal pour dépeindre deux hommes: l’un est un mufle odieux, l’autre une personnalité attentionnée et élégante. Le tout, dans un « restaurant chinois vaudois »: entre plats foirés et tomates farcies, la catastrophe est programmée. L’auteure n’épargne rien, pas même la « boule de glace à la fraise couverte d’une macédoine de fruits en boîte et d’un pschit de chantilly en bombe ». Rien à voir avec le « restaurant chinois » de Christophe Grau…

Le lecteur coutumier de Catherine Gaillard-Sarron sait que les personnages masculins de Catherine Gaillard-Sarron ne sont pas toujours des plus sympathiques: les travers tels que la muflerie et le machisme mal placés, parfois exacerbés par la dépendance à l’alcool, reviennent régulièrement dans ses textes. L’auteure réserve quelques personnages de ce tonneau dans « Paquet surprise », peints à grands traits vigoureux, jusqu’à la caricature. L’issue de ces nouvelles est le plus souvent attendue: l’homme finit puni par là où il a péché. On aurait apprécié, parfois, un virage inattendu! Reste la manière d’y arriver, qui s’avère astucieuse, par exemple, dans La Liste: acrostiches, anagrammes, mots croisés et jeux de mots, le parcours est savoureux comme un bonbon de Noël.

Et l’on glisse, en fin de récit, vers des textes sensuels, voire érotiques – La demande rappelle que pour de grands moments, peu importe le décor… et Aventure intra-sensorielle permet à l’auteure de boucler son recueil sur un ultime orgasme. Quoi de mieux?

Une brassée de lettres offre à l’auteur une nouvelle occasion de jouer avec les mots et de se glisser dans la peau de personnages incongrus: des wagons, la chèvre de Monsieur Seguin, etc. La signature fait ici figure de chute, donnant à ces lettres un vrai statut de nouvelle. Et l’on glisse, en fin de récit, vers des textes sensuels, voire érotiques – La demande rappelle que pour de grands moments, peu importe le décor… et Aventure intra-sensorielle permet à l’auteure de boucler son recueil sur un ultime orgasme. Quoi de mieux?

Préfacé par le philosophe François Gachoud, le recueil de nouvelles Paquet surprise porte bien son nom: il s’agit d’un florilège de textes divers, regroupés en fonction de thématiques qui rapprochent certains d’entre eux. Parfois prévisibles certes, ces nouvelles surprennent le plus souvent, font volontiers sourire, et savent émerveiller grâce à un optimisme certain.

Catherine Gaillard-Sarron, Paquet surprise, Chamblon, Catherine Gaillard-Sarron, 2014. Préface de François Gachoud.

Daniel Fattore le 26 décembre 2014

Billet "Des taureaux et des femmes" 10 avril 2013

DES TAUREAUX ET DES FEMMES  : « Ah, la vache!

Éditions Plaisir de Lire – Collection Aujourd’hui 2010

Billet de Daniel Fattore le 10 avril 2013 

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Un recueil de nouvelles qui fait pendant à « Un fauteuil pour trois« , du même auteur: alors que ce dernier faisait frissonner, « Des taureaux et des femmes » donne à réfléchir sur les relations humaines et sur certains aspects graves (domination de l’homme ou de la femme dans le couple, par exemple). L’auteur évite l’écueil du plombant en gardant toujours un certain esprit, un certain humour.  

Difficile de faire un titre de billet malin à partir de celui du recueil de nouvelles Des taureaux et des femmes de Catherine Gaillard-Sarron. Pourtant, il y est bien question de bovins, au sens propre ou métaphorique. Ainsi les vaches et les taureaux font-ils figure, tout au long du recueil, de leitmotiv. Cela, sans compter les bœufs, qui ne sont autres que des taureaux castrés: l’ultime nouvelle du recueil, L’histoire de Kim Lalesh, un conte des plus sensuels, en présente un fort beau spécimen. Mais n’anticipons pas…

… Ce recueil de nouvelles se pose en complément au recueil « Un fauteuil pour trois« : alors que ce dernier se concentre sur des textes qui font frissonner (fantastique, horreur), Des taureaux et des femmes met en scène des destinées humaines, sans une once de fantastique, mais avec leur lot de dominations et de soumissions – cela, après une première nouvelle, Des taureaux et des femmes, qui suggère une recherche de l’accord parfait. Si sa fin, fondée sur une astuce grammaticale, est un peu facile, le lecteur goûtera le caractère habile et enlevé du développement, qui file avec adresse la métaphore tauromachique et exploite le champ lexical taurin. Au final, voilà troussée une course-poursuite entre deux amoureux qui a tout d’une aimable corrida de l’amour vache. De quoi séduire le jury du prix Ernest Hemingway!

Une telle harmonie tranche avec les autres nouvelles du récit. La plupart d’entre elles relatent en effet des dissonances entre êtres humains, et des vies de couple vues, souvent, dans une optique de domination crasse. Le lecteur appréciera ainsi la finesse toute relative (et c’est peu de le dire) de l’homme dans La Lisette – un prénom que l’auteur a déjà utilisé ailleurs dans ses œuvres, dans un recueil intitulé « La Lisette, Paul, Martha et les autres », paru en décembre 2007, et vu comme le parangon d’une destinée féminine faite de frustrations bien réelles et d’espoirs sans cesse déçus. La dédicace de « Des taureaux et des femmes » donne du reste à « Lisette » le caractère d’un nom commun désignant ce type de destinée féminine, que les nécessités de l’existence ont subordonnée à un homme dépourvu de toute finesse et de toute empathie – un agriculteur, par exemple, éleveur de bovins, figure que l’auteur exploite ici.

Au final, voilà troussée une course-poursuite entre deux amoureux qui a tout d’une aimable corrida de l’amour vache. De quoi séduire le jury du prix Ernest Hemingway!

Certaines nouvelles du recueil sont fulgurantes, à l’instar des astucieuses nouvelles à chute Réminiscence et L’Affaire de Noël – une affaire non dépourvue de cruauté, disons-le. Dans ce registre, le lecteur goûtera aussi avec plaisir Le Sermon du Père Fides, récit humoristique qui rapproche la religion chrétienne et un certain produit de bienfaisance très à la mode. Le nom en forme de jeu de mots du personnage, cité dans le titre, guide le lecteur: il convient de lire cela au deuxième degré, en gardant à l’esprit que c’est pour rire – et que Dieu est (aussi) humour. Cette dernière idée, l’auteure de « Des taureaux et des femmes » l’exploite aussi ailleurs, en particulier dans Le fantasme du curé, nouvelle plus développée, au parfum rétro (le curé monte encore en chaire pour dire son sermon). Cette nouvelle est adroite, perverse même, puisqu’elle pousse le lecteur à avancer dans sa lecture en flattant son côté voyeur: au fond, elle suggère que le curé a des pensées aussi secrètes que coupables… qu’on aimerait bien connaître!

Le lecteur pourra avoir l’impression, au fil des nouvelles, que les femmes sont toujours victimes des hommes. Quelques nouvelles suggèrent cependant l’inverse, ou indiquent que tout n’est pas si simple. Paul et Martha est l’une d’entre elles: comment condamner ce brave Paul, conjoint d’une Martha qui a tout d’une Tatie Danielle? Et que penser de la vengeance du mari trompé dans Aux mille et un pâtés? Certes, il paraît bien sûr de lui; certes, le lecteur voit venir l’issue d’assez loin; mais malgré ces faiblesses, le lecteur se délectera de quelques descriptions culinaires appétissantes… avant de découvrir la terrible réalité des plats.

« L’onomastique des personnages, en particulier, le signale, riche en jeux de mots subtils ou directs. Ainsi le lecteur fera-t-il la connaissance de Kim Lalesh (on imagine ce qui lui plaît…), de Madame Currit-Vaire (qui ne manque pas de piquant, finalement) et, bien sûr, du Père Fides, insidieux d’entre les insidieux. »

Au fil des nouvelles, le lecteur est promené dans des relations interpersonnelles et de couple qui dysfonctionnent et cahotent, jusqu’à la folie (Monsieur Herbert), et certaines pages de Des taureaux des femmes ont un petit goût amer ou dérangeant. Cela dit, l’auteur indique de façon claire que tout cela n’est pas à prendre trop au sérieux – l’onomastique des personnages, en particulier, le signale, riche en jeux de mots subtils ou directs. Ainsi le lecteur fera-t-il la connaissance de Kim Lalesh (on imagine ce qui lui plaît…), de Madame Currit-Vaire (qui ne manque pas de piquant, finalement) et, bien sûr, du Père Fides, insidieux d’entre les insidieux. Ainsi, tout en soulevant des sujets graves liés aux relations interpersonnelles, l’auteure offre toujours un espace ludique au lecteur, et évite ainsi, fort justement, de plomber l’ambiance.

Catherine Gaillard-Sarron, Des taureaux et des femmes, Lausanne, Plaisir de lire, 2011.

Daniel Fattore le 10 avril 2013 

Billet "Un fauteuil pour trois " 23 janvier 2011

UN FAUTEUIL POUR TROIS : Le fantastique revisité

Éditions Plaisir de Lire – Collection Frisson 2009 

Billet de Daniel Fattore du 23 janvier 2011

Postface de Pierre Yves Lador

Catherine Gaillard-Sarron a publié l’an dernier un recueil de dix nouvelles d’essence fantastique à la saveur particulièrement agréable – une belle découverte, pour tout dire! Il y a certes de belles frayeurs, de belles inquiétudes et des nuits blanches à revendre, mais il y a aussi de la tendresse dans ces récits, et un certain humour – parfois franchement potache, parfois joliment noir. 

La forêt est aussi le décor de L’Odeur, qui, du fait de son rythme haletant, a quelque chose qui rappelle Stephen King.

A l’heure où l’écrivain suisse Catherine Gaillard-Sarron publie son deuxième recueil de nouvelles, « Des taureaux et des femmes », il était grand temps que je me plonge dans son premier recueil, Un fauteuil pour trois, qui hantait ma pile à lire depuis pas mal de temps. Et je ne regrette pas mes heures de lecture: au gré de quelque 174 pages, c’est tout le genre fantastique qu’elle revisite, s’appropriant avec adresse les ressorts du genre et les nimbant d’une once de tendresse et d’esprit qui leur donne toute leur saveur.

Au gré de quelque 174 pages, c’est tout le genre fantastique qu’elle revisite, s’appropriant avec adresse les ressorts du genre et les nimbant d’une once de tendresse et d’esprit qui leur donne toute leur saveur.

C’est le plus souvent en se concentrant sur le point de vue d’un seul personnage que ses nouvelles se déroulent. Ce personnage peut être présenté seul et isolé, comme c’est le cas dans La dernière garde, où est peinte la fin étrange d’une vieille dame, à la veille de ses 80 ans – nouvelle où le surréel vient se substituer tout en douceur au réel afin de suggérer le grand départ, une nuit inquiétante en forêt. Incertitude, lieux étranges, peur diffuse: tout est là pour constituer une atmosphère fantastique.

La forêt est aussi le décor de L’Odeur, qui, du fait de son rythme haletant, a quelque chose qui rappelle Stephen King. L’auteur a bien su percevoir que souvent, les éléments négatifs sont, pour tout un chacun, associés à une odeur. Ici, elle est présentée comme indéfinissable et obsédante – la mort, peut-être? Cette base bien trouvée sert de substrat à un flash-back familial, puis à la hantise de tout un chacun: avoir un accident, seul, en forêt…

De la sensualité, il y en a aussi – et à ce titre, la nouvelle Un fauteuil pour trois est emblématique. Doit-on sourire à cette aventure? Elle est en tout cas énorme, entre ce fauteuil qui prend un malicieux plaisir à masser ceux qui s’y asseoient avant de leur faire un sort. L’humour noir est ici au rendez-vous, entre outrances et horreur, entre Eros et Thanatos.

Humour également dans un petit récit intitulé Télé à chat! qui, sous des dehors cocasses, donne à réfléchir à nos postures lorsque nous regardons la télévision et, plus largement, à l’importance parfois surfaite que nous donnons à ce que propose cette folle du logis. Sourires qui naissent également des jeux de mots parfois potaches émanant de la désignation de l’animal. Ce qui rappelle la funeste destinée du lapin « hamlétien » de Courir ou ne pas courir? (qui, à titre personnel, me rappelle quelques bestioles à longues oreilles vues chez Ivan Sigg…).

Ou, dans un registre plus grave, la dramatique destinée, relatée à traits trépidants, d’une espèce en voie de disparition relative dans la nouvelle à chute Sans sommation.

Il faudrait aussi relever la belle histoire d’amour de Songe d’une journée d’été, nimbée de merveilleux, ou les dialogues avec Dieu (vraiment?) de Le passe-pensées et d’autres petits bijoux encore. Les dix récits du recueil sont portés par un style classique, soigné, empreint de tendresse et riche en clins d’œil aux personnages, à la Suisse romande et à d’autres régions du globe.

Enrichi d’une postface de Pierre-Yves Lador, ce petit livre vaut bien une lecture!

Catherine Gaillard-Sarron, Un fauteuil pour trois, Lausanne, Plaisir de lire, 2009.

Daniel Fattore du 23 janvier 2011