Des taureaux et des femmes

« Il a de la chance, celui dont la femme meurt, mais il n’a pas de chance, celui dont la vache meurt. »

Vieux proverbe bengali

Entretien avec Christine Gonzalez et Jean-Marie Félix • Rediffusion de l’émission le dimanche 6 mars 2011. • Lectures : Christine Vouilloz. Voir l’archive

Des taureaux et des femmes

Billet Daniel Fattore

Vous avez frissonné à la lecture d’un fauteuil pour trois?

Eh bien frémissez maintenant!

Lorsque la faiblesse des uns croise la folie des autres, lorsque la vengeance donne lieu à une imagination morbide, que reste-t-il de la tendresse des hommes? Sans donner de réponse, l’auteure explore le côté sombre des individus. Dans un même temps, et c’est peut-être ce qui fait la force de ce recueil, on est ému par des personnages qui sont heureux dans l’instant ; celui du désir, de la chair, du présent à vivre ici et maintenant, sans se préoccuper de ce qui pourrait se passer après…

Décembre 2010- 246 pages/20 nouvelles
ISBN : 978-288387-066-6
Prix 25 CHF   eBook 3.99 

« Des taureaux et des femmes » : ah,  la vache!

Un recueil de nouvelles qui fait pendant à « Un fauteuil pour trois« , du même auteur: alors que ce dernier faisait frissonner, « Des taureaux et des femmes » donne à réfléchir sur les relations humaines et sur certains aspects graves (domination de l’homme ou de la femme dans le couple, par exemple). L’auteur évite l’écueil du plombant en gardant toujours un certain esprit, un certain humour.  

Difficile de faire un titre de billet malin à partir de celui du recueil de nouvelles « Des taureaux et des femmes » de Catherine Gaillard-Sarron. Pourtant, il y est bien question de bovins, au sens propre ou métaphorique. Ainsi les vaches et les taureaux font-ils figure, tout au long du recueil, de leitmotiv. Cela, sans compter les bœufs, qui ne sont autres que des taureaux castrés: l’ultime nouvelle du recueil, « L’histoire de Kim Lalesh« , un conte des plus sensuels, en présente un fort beau spécimen. Mais n’anticipons pas…

Les droits du recueil de nouvelles Des Taureaux et des femmes, édité aux Editions Plaisir de lire en 2009 dans la collection aujourd’hui, ont été repris par Catherine Gaillard-Sarron en 2017.

« Des taureaux et des femmes »: ah, la vache! 

 Billet de Daniel Fattore du 10 avril 2013

Un recueil de nouvelles qui fait pendant à « Un fauteuil pour trois« , du même auteur: alors que ce dernier faisait frissonner, « Des taureaux et des femmes » donne à réfléchir sur les relations humaines et sur certains aspects graves (domination de l’homme ou de la femme dans le couple, par exemple). L’auteur évite l’écueil du plombant en gardant toujours un certain esprit, un certain humour.  

Difficile de faire un titre de billet malin à partir de celui du recueil de nouvelles « Des taureaux et des femmes » de Catherine Gaillard-Sarron. Pourtant, il y est bien question de bovins, au sens propre ou métaphorique. Ainsi les vaches et les taureaux font-ils figure, tout au long du recueil, de leitmotiv. Cela, sans compter les bœufs, qui ne sont autres que des taureaux castrés: l’ultime nouvelle du recueil, « L’histoire de Kim Lalesh« , un conte des plus sensuels, en présente un fort beau spécimen. Mais n’anticipons pas…

… Ce recueil de nouvelles se pose en complément au recueil « Un fauteuil pour trois« : alors que ce dernier se concentre sur des textes qui font frissonner (fantastique, horreur), « Des taureaux et des femmes » met en scène des destinées humaines, sans une once de fantastique, mais avec leur lot de dominations et de soumissions – cela, après une première nouvelle, « Des taureaux et des femmes« , qui suggère une recherche de l’accord parfait. Si sa fin, fondée sur une astuce grammaticale, est un peu facile, le lecteur goûtera le caractère habile et enlevé du développement, qui file avec adresse la métaphore tauromachique et exploite le champ lexical taurin. Au final, voilà troussée une course-poursuite entre deux amoureux qui a tout d’une aimable corrida de l’amour vache. De quoi séduire le jury du prix Ernest Hemingway!

Une telle harmonie tranche avec les autres nouvelles du récit. La plupart d’entre elles relatent en effet des dissonances entre êtres humains, et des vies de couple vues, souvent, dans une optique de domination crasse. Le lecteur appréciera ainsi la finesse toute relative (et c’est peu de le dire) de l’homme dans « La Lisette » – un prénom que l’auteur a déjà utilisé ailleurs dans ses œuvres, dans un recueil intitulé « La Lisette, Paul, Martha et les autres », paru en décembre 2007, et vu comme le parangon d’une destinée féminine faite de frustrations bien réelles et d’espoirs sans cesse déçus. La dédicace de « Des taureaux et des femmes » donne du reste à « Lisette » le caractère d’un nom commun désignant ce type de destinée féminine, que les nécessités de l’existence ont subordonnée à un homme dépourvu de toute finesse et de toute empathie – un agriculteur, par exemple, éleveur de bovins, figure que l’auteur exploite ici.

Certaines nouvelles du recueil sont fulgurantes, à l’instar des astucieuses nouvelles à chute « Réminiscence » et « L’Affaire de Noël » – une affaire non dépourvue de cruauté, disons-le. Dans ce registre, le lecteur goûtera aussi avec plaisir « Le Sermon du Père Fides« , récit humoristique qui rapproche la religion chrétienne et un certain produit de bienfaisance très à la mode. Le nom en forme de jeu de mots du personnage, cité dans le titre, guide le lecteur: il convient de lire cela au deuxième degré, en gardant à l’esprit que c’est pour rire – et que Dieu est (aussi) humour. Cette dernière idée, l’auteure de « Des taureaux et des femmes » l’exploite aussi ailleurs, en particulier dans « Le fantasme du curé« , nouvelle plus développée, au parfum rétro (le curé monte encore en chaire pour dire son sermon). Cette nouvelle est adroite, perverse même, puisqu’elle pousse le lecteur à avancer dans sa lecture en flattant son côté voyeur: au fond, elle suggère que le curé a des pensées aussi secrètes que coupables… qu’on aimerait bien connaître!

Le lecteur pourra avoir l’impression, au fil des nouvelles, que les femmes sont toujours victimes des hommes. Quelques nouvelles suggèrent cependant l’inverse, ou indiquent que tout n’est pas si simple. « Paul et Martha » est l’une d’entre elles: comment condamner ce brave Paul, conjoint d’une Martha qui a tout d’une Tatie Danielle? Et que penser de la vengeance du mari trompé dans « Aux mille et un pâtés« ? Certes, il paraît bien sûr de lui; certes, le lecteur voit venir l’issue d’assez loin; mais malgré ces faiblesses, le lecteur se délectera de quelques descriptions culinaires appétissantes… avant de découvrir la terrible réalité des plats. 

Au fil des nouvelles, le lecteur est promené dans des relations interpersonnelles et de couple qui dysfonctionnent et cahotent, jusqu’à la folie (« Monsieur Herbert« ), et certaines pages de « Des taureaux des femmes » ont un petit goût amer ou dérangeant. Cela dit, l’auteur indique de façon claire que tout cela n’est pas à prendre trop au sérieux – l’onomastique des personnages, en particulier, le signale, riche en jeux de mots subtils ou directs. Ainsi le lecteur fera-t-il la connaissance de Kim Lalesh (on imagine ce qui lui plaît…), de Madame Currit-Vaire (qui ne manque pas de piquant, finalement) et, bien sûr, du Père Fides, insidieux d’entre les insidieux. Ainsi, tout en soulevant des sujets graves liés aux relations interpersonnelles, l’auteure offre toujours un espace ludique au lecteur, et évite ainsi, fort justement, de plomber l’ambiance.

Catherine Gaillard-Sarron, Des taureaux et des femmes, Lausanne, Plaisir de lire, 2011.

 Billet de Daniel Fattore du 10 avril 2013

 La Lisette 

« Il a de la chance, celui dont la femme meurt, mais il n’a pas de chance, celui dont la vache meurt. » Vieux proverbe bengali

Extrait

Il l’observait depuis un moment et décidément, il trouvait qu’elle ressemblait de plus en plus à la Grisette… la Lisette.

Assis sur la vieille chaise à bascule, la pipe serrée entre ses dents jaunies, il se balançait au rythme de ses pensées. Les seules indications de sa présence étant le couinement caractéristique que faisait la chaise, et la fumée âcre qui s’élevait au-dessus de lui. Du coin d’ombre où il s’était retiré – la canicule sévissait dehors et l’avait temporairement chassé de ses champs – il la regardait évoluer dans la cuisine. Elle se déplaçait lentement, pesamment, sans grâce ni légèreté ; son pas traînant raclant de ses sabots de bois les pierres rugueuses qui faisaient office de carrelage à la ferme. Elle allait tranquillement de l’évier à l’armoire, occupée à des tâches dont il ne voyait pas l’utilité. Il pensa in petto, qu’elle ne faisait pas grand-chose la Lisette dans cette ferme qu’il avait, lui, le Vieux comme elle disait, presque bâtie de ses mains. Une fois de plus, elle remonta le bas de son tablier pour s’y essuyer les mains dégoulinantes de l’eau de vaisselle. Elle se cambra légèrement et porta les deux mains sur ses reins qu’elle massa doucement. Sur son visage large et lunaire, une grimace apparut. Il savait qu’elle avait mal au dos, mais jamais au monde il ne l’aurait plainte ; s’il l’avait fait pensait-il, elle aurait certainement encore moins travaillé. Une femme qui se plaint, c’est une chose, mais une femme que l’on plaint c’est ingérable. Il savait toutes ces choses, le Vieux. Il les avait apprises au fil du temps, en observant les bêtes, les siennes et les autres. La Lisette, pour lui, c’était comme les bêtes, elle était faite pour la corvée qu’il disait et elle connaissait sa place tout comme elles… il y avait veillé « faut dire ». La Lisette, en fait, c’est lui qui l’avait formée et il en était fier… elle, pourtant, ne l’avait jamais remercié. C’était une ingrate la Lisette, pensait‑il, elle n’acceptait pas son destin. Elle se voyait autrement, elle disait qu’elle aurait pu être autre chose avec un autre, ou ailleurs. Balivernes ! La Lisette, comme la Grisette et les autres, étaient toutes faites pour le labeur et… l’abattoir. La pensée était venue toute seule, naturellement, sans qu’il puisse la retenir. Elle le gêna tout de même un peu mais il pensa aussitôt, pour soulager sa conscience et minimiser cette monstrueuse idée, « On y passait tous de toute façon non ! ». 

Et pourtant ses bêtes c’était quelque chose ! Ah ! Ses vaches comme il les aimait ! Particulièrement la Grisette qui venait toujours frotter sa grosse tête sur son épaule. Et instantanément il vit briller dans son esprit le regard marron et profond de la Grisette, si placide… et il ne put s’empêcher, à nouveau, de regarder vers la Lisette. Elle aussi, elle avait ce regard doux et bovin si nature. Cette même façon de donner des petits coups de tête quand il s’approchait trop près et qu’il la cherchait, quand la nuit sous les draps tièdes il se frottait contre son corps à la chaleur animale, forçant sa volonté… Perdu dans ses pensées grivoises, il n’entendit pas tout de suite qu’elle l’appelait : – Eh ! le Vieux, qu’est-ce que tu veux pour la soupe ce soir ?  A suivre…

Nouvelle lue à la radio le 27 mai 2011: lien RTS

1er prix nouvelle – Poètes de la Cité le 20.3.05

L’histoire de Kim Lalesch

Extrait

Une fois de plus, tous les hommes jeunes, valides et virils étaient partis combattre. Ne restaient dans le camp déserté que quelques vieillards infirmes et prostatiques. Pas de quoi réjouir le cœur de Kim et encore moins la faire jouir. Bien qu’ils n’eussent jamais accepté une telle idée, les hommes du clan Lalesh, elle en était convaincue, préféraient guerroyer à grands coups de sabre en tranchant à vif dans les chairs de leurs congénères, plutôt que de tremper leur glaive de chair dans l’intimité humide et vivante de leurs femmes, trop souvent inassouvies.

Kim soupira. Liée à dix sept ans à Dargon par le rite ancestral de l’union, elle pouvait compter sur les doigts de ses deux mains les quelques fois où ils avaient été ensemble et fait l’amour. Entre les guerres, les batailles et les emprisonnements, le temps passait vite. Elle avait maintenant vingt ans et son corps jeune et vigoureux se consumait dans une attente inhumaine. Par ses étreintes, Dargon avait éveillé en elle un désir puissant et ardent qui ne cessait de croître, mais hélas, qu’il ne pouvait satisfaire puisqu’il n’était jamais là. La solitude et l’ennui ne faisaient qu’exacerber son impérieux besoin. Kim n’en pouvait plus. Elle en avait assez de soupirer après le retour éventuel et occasionnel de son amant. Cette attente la rendait folle. Elle devait absolument trouver le moyen de combler le vide qu’elle ressentait en elle et d’apaiser le feu qui enflammait son ventre.

Kim prit sa décision et se dirigea d’un pas allègre vers la case de Ghilam, l’eunuque, sise à l’entrée du village. Après tout, elle le savait, elle n’était pas la première et sûrement pas la dernière à venir le trouver pour lui demander ce service. En chemin, elle croisa Elhaime qui lui sourit d’un air entendu. Les femmes du clan étaient suffisamment avisées et solidaires pour ne pas trahir un secret qui les ravissait toutes. Elles savaient tenir leurs langues lorsqu’il le fallait. A ce propos, Kim se demandait souvent comment les hommes étaient faits. Leurs yeux et leurs oreilles ne leur servaient-ils, en définitive, qu’à voir et à entendre l’ennemi approcher ?

Ils ne percevaient donc rien des subtilités propres aux femmes ?

Véritablement, ils n’avaient que cinq sens quand les femmes en avaient six !

Tout en marchant, elle songea au destin étrange de Ghilam. Surpris par son maître alors qu’il était en pleins ébats avec une servante, ce dernier l’avait cruellement castré d’un coup de sabre.

Le maître n’avait pas tué Ghilam, il l’avait humilié, déshonoré. En lui tranchant les organes, il l’avait coupé de sa condition d’homme, l’avait réduit à l’état de… femme et cela, tous le savaient, était pire que la mort.

Par cet acte, il avait voulu montrer à chacun que la servante était sa propriété au même titre que les bêtes et les objets qui se trouvaient dans sa demeure et qu’aucun homme, à fortiori un esclave, ne pouvait impunément lui voler sa possession. Il avait agi en prédateur. En émasculant Ghilam dans la force de l’âge, le maître avait voulu marquer son territoire, manifester sa suprématie et se rassurer sur sa propre virilité. Car Ghilam, en couchant avec la servante, avait remis en cause sa place de mâle et de maître tout puissant. Il fut donc puni et jeté au cachot pour cet affront.  

Puis, ce fut sa chance, une guerre tribale avait éclaté dans le village où il pourrissait et Ghilam avait été libéré par les guerriers du clan Lalesh, victorieux. Emmené comme esclave, Ghilam avait vite su se faire apprécier. Intelligent et débrouillard, le chef du village, ravi lui aussi de ses services, l’avait finalement affranchi au bout de quelques lunes. Confiance suprême, il lui avait même confié la tâche de veiller sur le camp et sur les femmes en son absence.

Un homme, même castré, faisait toujours plus sérieux qu’une femme normalement constituée à l’entrée d’un village. Et pour jouer l’épouvantail de service, ces attributs n’étaient pas vraiment utiles : sa haute stature et les armes suffisaient. Pour sûr, le chef n’avait aucune crainte de le voir tourner autour de ses femmes et il ne doutait pas un instant que celles-ci puissent être attirées par un eunuque. Dans ce pays déserté de mâles les trois quarts du temps, il fallait bien reconnaître que ces dernières n’étaient pas du genre farouches et faisaient feu de tout bois. Avec Ghilam le chef était rassuré : à part les dieux domestiques, ce dernier ne pouvait plus honorer grand-chose.

Ainsi, les femmes étaient bien gardées et tout le monde était content. 

Sauf que, bien que Ghilam n’en eût plus, il était fort courageux et n’avait pas la langue dans sa poche. Selon les femmes, il la maniait d’ailleurs avec une si grande habileté que Kim se mit à sourire. 

Elle arriva enfin devant la hutte de l’eunuque. Son cœur battait légèrement la chamade. Avec une légère appréhension, elle se demandait comment aborder le sujet lorsqu’il surgit devant elle, une serpe à la main. Elle sursauta. Grand et bien bâti, ses muscles saillaient sous la peau cuivrée et luisaient de la transpiration due à l’effort.

Il la regarda attentivement. Kim soutint son regard.

Tout fut dit.

A suivre…

Lien émission

 

Le sermon du père Fides

Extrait

Mes frères, mes très chers frères, en vérité je vous le demande, qu’est-ce que la nudité ? N’est-elle véritablement que ce dépouillement du corps dont on anathématise la chair ? N’est-elle que l’exposition de cette intimité que l’on sacralise ou stigmatise selon qu’on se trouve dans un musée ou un confessionnal ? Ou que l’on marchande ou négocie selon que l’on fait commerce du matériel ou du spirituel ?

—  Doit-on, sous prétexte que nous sommes le plus souvent incapables de maîtriser nos pulsions, projeter et cristalliser sur le corps nu, nos névroses, frustrations, inhibitions, troubles et perversions de toutes sortes ? Qui peut prétendre répondre simplement à cette question ?

Trop d’émotions violentes, de sentiments, de complexes, de culpabilité, de honte et de tabous sont encore liés à cet état.

Et pourtant, en vérité je vous le dis, la nudité du petit enfant est innocence. Elle est le rappel de la vulnérabilité de chacun, l’état naturel d’un corps sans artifice et sans ornement qui appelle amour et protection.   

Hélas, il faut bien le reconnaître, la libéralisation des mœurs, la prostitution tous azimuts et la montée écœurante de la pornographie sont venues pervertir et dénaturer l’état de nudité, chosifiant le corps et le ravalant à l’état de marchandise.

—  Oui, mes frères, le corps humain nu se vend bien, très bien même, et tous en veulent une part ! Le monde d’aujourd’hui est un monde de putains, mes frères ! Un monde cannibale où les riches dévorent les pauvres et les pauvres sucent les riches. Et si quelques-uns se veulent les rédempteurs et les gardiens de ce temple corporel, la plupart ne pensent qu’à l’acheter ou le vendre. La protection n’est désormais plus l’apanage des seuls proxénètes, elle s’exerce partout : au cinéma, dans les médias, dans la publicité, à la télévision, et surtout sur Internet. Tous ensemble, dans un bel élan consumériste, se damnent de concert pour soutenir la grande prostituée, la nouvelle Babylone !

Et s’il est vrai que l’Église, la morale, la conscience ou les lois ont un temps contenus la pornographie, telle une araignée obscène, elle s’est maintenant réveillée, stimulée par le Net. Sous l’afflux des hommages qui affluent, elle ne cesse de grandir et d’engraisser. Et elle s’épanouit, étendant sa toile sur le monde, piégeant toujours plus de proies, se nourrissant de leurs vices et de chaque regard de curiosité malsaine.

—  Oui, mes frères, devenue la véritable déesse du troisième millénaire, le monde lui offre dorénavant une place prépondérante. Un droit de cité. Il lui voue un culte vénal et protégé et lui érige des temples corrompus où l’on accède par réseaux. Et il est vrai encore qu’en son indigne nom, on débauche, on salit et on pervertit la nudité.

—  Mais au nom du ciel, mes frères ! je vous le répète CELA N’EST PAS LA NUDITE !

La nudité est grâce et candeur. Elle est don et offrande. Elle est le visage de l’Amour Véritable. L’essence de l’Être !

—  Oh non ! mes chers frères, cela n’est que perversion et utilisation du corps. C’est dénier sa sacralité et sa divinité pour mieux en abuser et en faire commerce. Il n’y a là que désir de rentabilisation et de profit. Le dessein est de chosifier, de rabaisser, d’anéantir le corps ! Tout cela pour occulter sa vraie nature qui est innocence mes frères ! Innocence…

Car suffit-il de se déshabiller pour se mettre à nu ? Et la nudité révèle-t-elle vraiment notre intimité ? Et qu’est-ce l’intimité ? Que faut-il cacher et que peut-on montrer ?

Et pourquoi montrer… quand l’essentiel est invisible pour les yeux…

En vérité, je vous le dis, la nudité est innocence mes frères. Adam et Eve étaient nus dans le jardin d’Eden et ils n’en éprouvèrent point de honte tant qu’ils agirent comme des enfants.

Et les anges du ciel ne sont-ils pas nus au cœur de l’empyrée ?

La nudité compromet-elle leur innocence ? La pervertit-elle ?

A suivre

 Lien émission

Jacqueline Fromin pour les Poètes de la Cité.

Chère Madame,
Au nom des « poètes de la Cité » à Genève, je vous renouvelle toutes mes félicitations pour votre participation au concours 2005.

Votre nouvelle « La Lisette » avait rallié tous les suffrages du jury pour la qualité de son écriture et l’art consommé avec lequel vous avez su la conduire à sa chute.  J’ai parlé le 20 mars d’une nouvelle modèle. Pour moi qui en écris aussi (en plus de la poésie) il s’agissait d’un véritable témoignage de reconnaisssance.

Votre poème « La carte de ton visage » en néo-classique a suscité l’émotion bien que le thème en fût plus commun.
Je vous ai encouragé à essayer de publier « La Lisette » en l’envoyant à une revue de poésie et de nouvelles. Vous pouvez parfaitment vous prévaloir deu 1er prix que vous avez obenu à notre concours.
Amicales pensées en poésie.
Jacqueline Fromin 28.03.05

 

Rendre hommage à toutes les Lisette du monde…

J’ai vraiment aimé les nouvelles. Je me réserve un temps pour lire la poésie. Parmi les nouvelles, j’ai particulièrement aimé La Lisette. Elle est horrible dans son humour. Mais elle reflète tellement bien ce qu’il est possible de faire d’un être humain quand on le prive d’amour depuis l’enfance. Ce manque d’amour conduit la Lisette à un état de soumission et même de culpabilité de ne pas aimer son bourreau.

L’auteur a été assez courageux pour ne pas céder à la tentation facile de faire une fin plaisante ou la Lisette se révolte et se met en colère. Ici on laisse la résilience aux philosophes qui n’ont jamais vécu l’humiliation dans l’enfance et qui ne savent pas de quoi ils parlent. Ici la Lisette s’enfuit pour cacher sa rage et son chagrin. J’imagine qu’elle va revenir et reprendre ses travaux comme avant. Juste un peu plus triste, juste un peu plus fatiguée.

Et c’est ça qui la rend vraie pour moi. Qui la fait exister. Et j’ai envie de lui rendre hommage pour rendre hommage à toutes les Lisette du monde…

Merci Catherine. Joël Monnier 25.09.06

Conteur

Commentaires Des Taureaux et des femmes

Claude 19.06.17

L’auteure sait créer des ambiances, raconter des histoires et nous emmener dans son monde. Un univers fascinant et terriblement humain. Et on la suit, épaté, car elle sait distiller avec talent et subtilité le suspense, l’émotion, l’amour, l’humour, tous ces ingrédients qui font qu’on ne lâche pas un livre avant d’être arrivé au bout de l’histoire.

J’ai vraiment adoré un grand nombre des nouvelles de ce recueil. En particulier « Le fantasme du curé » pour sa chute inattendue, « Monsieur Herbert », un homme psychorigide qui pète les plombs, « Le père Fides » manipulateur et perfide entre tous. Ou encore « Un mal sain! », « L’affaire de Noël », « Le banquet », « Remlin » et « Affibulation », nouvelles décalées et pleines d’humour. Beaucoup aimé également des nouvelles plus sérieuses et graves telles que « La Lisette », « La traversée », « La Mimi », « Réminiscence » et « Déclic », ou dramatiques, comme « Paul et Martha », « Perce-Neige Avril » ou « Aux mille et un pâtés ».

Autant de textes qui mettent en avant la complexité des relations humaines, la diversité des sentiments et la révolte des humbles. Manipulation, vengeance, violence, trahison, perversité, cruauté, remords, une panoplie d’émotions dont n’est pas exclu l’érotisme dans la dernière nouvelle du recueil, « L’histoire de Kim Lalesh », dont je conseille la lecture à tous les hommes…

Jeannine 9.3.13

J’ai beaucoup aimé votre livre de nouvelles « Des taureaux et des femmes » que j’ai lu particulièrement à une personne âgée qui est dans un EMS. Nouvelles originales et souvent au dénouement inattendu. Petite remarque…. le titre !!!

Isabelle 23.6.11

Oui, « Le Banquet » vaut le détour ! Ces nouvelles sont surprenantes, parfois terribles, souvent touchantes. On en redemande, elles nous sont si proches et si particulières à la fois.

Marie 23.5.11

J’ai eu la chance de lire ce recueil en primeur et j’en ai aimé un grand nombre de nouvelles. Certaines, comme « Le fantasme du curé » (qui vaut la lecture, ne serait-ce que pour sa chute…) ou « Monsieur Herbert » (ou quand un homme psychorigide pète les plombs!), ne sont pas dénuées d’humour. D’autres, d’un ton beaucoup plus sérieux, comme « Paul et Martha », « La Mimi » ou « Perce-Neige Avril », racontent la revanche des faibles. Mes deux préférés sont « Un mal sain! », l’histoire d’une femme qui fait une marche pour se faire du bien et en tire une leçon personnelle et « Le Banquet » qui parle d’un visiteur de bibliothèque un peu particulier…

Christine 29.4.11

Je te transfère un extrait du message de ma cousine, une lectrice assidue, comme j’ai eu l’occasion de te le dire déjà, n’est-ce pas? (…) Pendant ton appel je faisais quelques emplettes en ville et j’ai enfin pu acquérir le bouquin de ton amie Catherine Gaillard-Sarron. Je le lis la nuit par petit bouts. J’aime beaucoup ses ambiances particulières, cocasses et sombres à la fois et l’usage de son vocabulaire riche lequel me force parfois d’utiliser un dico. Ce que j’aime moins, c’est qu’elle attaque d’entrée un sujet comme la concordance des temps, dont des connaissances linguistiques, ce qui me renvoie à ma douloureuse faiblesse dans ce domaine !! Aï aï. . . mais tant pis ! (…)

Commentaires Des Taureaux et des femmes

Christine 4.3.11

 » As-tu écouté l’émission « Entre les lignes » avec ton amie Catherine Gaillard-Sarron? Moi j’ai été conquise autant par l’émission en soi (ce n’est pas mon heure radiophonique, je ne la connaissais donc pas) que par la prestation de Madame Gaillard. A la lecture de l’extrait de la nouvelle « Monsieur Herbert », cocasse et révélateur d’un quotidien plat et stéréotypé, nous ne savions plus s’il fallait rire ou pleurer. Nous avons choisi le rire, se rendant compte cependant que le plus douloureux c’est de se reconnaitre dans certaines situations !!! Demain c’est jour de marché, sacré pour remplir le frigo, et cela me donnera l’occasion de passer chez Payot pour acheter « Des taureaux et des femmes », promesse d’une bonne lecture. »

Souram 22.2.11

Des nouvelles, cocasses par moments, comme celle où Monsieur Herbert à la vie ordonnée comme une horloge se voit soudain déstabilisé par le prix de quelques légumes et craque… Il y a de la cruauté çà et là. Catherine Gaillard-Sarron sait jouer sur l’effet de surprise. C’est par moments très sombre. Pas dans chacune des nouvelles, heureusement. Voilà un livre que j’ai plaisir à lire. On ne devine jamais ce qui va arriver.

Joël Monnier 25.9.06

J’ai vraiment aimé les nouvelles. Je me réserve un temps pour lire la poésie. Parmi les nouvelles, j’ai particulièrement aimé La Lisette. Elle est horrible dans son humour. Mais elle reflète tellement bien ce qu’il est possible de faire d’un être humain quand on le prive d’amour depuis l’enfance. Ce manque d’amour conduit la Lisette à un état de soumission et même de culpabilité de ne pas aimer son bourreau. L’auteur a été assez courageux pour ne pas céder à la tentation facile de faire une fin plaisante ou la Lisette se révolte et se met en colère. Ici on laisse la résilience aux philosophes qui n’ont jamais vécu l’humiliation dans l’enfance et qui ne savent pas de quoi ils parlent. Ici la Lisette s’enfuit pour cacher sa rage et son chagrin. J’imagine qu’elle va revenir et reprendre ses travaux comme avant. Juste un peu plus triste, juste un peu plus fatiguée. Et c’est ça qui la rend vraie pour moi. Qui la fait exister. Et j’ai envie de lui rendre hommage pour rendre hommage à toutes les Lisettes du monde…

Merci Catherine

Kris Kufrin 7.09.16

J’ai encore dans l’oeil et dans l’oreille, le magnifique poème, scribe d’or et il ne date pas d’hier ! La nouvelle du père Fides a bien mérité son prix.

Quant à la Lisette, je la relis régulièrement, la nouvelle parfaite !

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