Solstice

“L’étreinte est le haut plus langage du corps et de l’âme.”

Jacques de Bourbon Busset

Couverture Solstice recto

Solstice

Marie Loverraz

 « L’imaginaire plus que l’image! » 

Avec ce recueil, placé sous le signe d’un désir triomphant, Marie Loverraz nous offre trois nouvelles sensuelles qui fleurent bon le foin, le sable chaud et le feu de la passion.

« L’écriture érotique : une expérience sensorielle troublante qui révèle la suprématie de l’imaginaire et des mots sur l’image et le porno » 

Mai 2020 – 116 pages

ISBN : 978-2-9701281-4-4
Prix 20 CHF  Ebook 1.99

“L’amour c’est le physique, c’est l’attrait charnel,

c’est le plaisir reçu et donné, c’est la jouissance réciproque,

c’est la réunion de deux êtres faits l’un pour l’autre.”

Paul Léautaud

“L’érotisme, c’est quand on le fait, le porno,

c’est quand on le regarde.”

Yvan Audouard

Avec ce recueil, placé sous le signe d’un désir triomphant, Marie Loverraz nous offre trois nouvelles sensuelles qui fleurent bon le foin, le sable chaud et le feu de la passion.

Trois rencontres parfois inattendues, mais toujours brûlantes, qui sur fond de campagne française, de plage grecque ou de chalet suisse, célèbrent l’amour et l’ivresse des corps dans la douceur d’un été complice.

« Ce qui distingue l’homme de l’animal, c’est la sexualité ou, plus exactement l’érotisme. L’érotisme est universel, il appartient à toutes les cultures et à toutes les époques. L’érotisme transforme le regard sur l’autre qui, d’objet devient sujet. Cette surprise conduit à l’amour, découverte d’une personne unique et libre ; il est fondé sur le choix, la réciprocité, l’exclusivité. »

Octavio Paz

Marie Loverraz a l’âge de toutes les audaces. Elle ose s’aventurer dans les replis de l’âme humaine pour en éclairer les zones d’ombre. Fluide, sensible, poétique, son écriture séduit et parvient à faire vibrer aussi bien l’âme que le cœur. Sous sa plume délicate les esprits se rencontrent, les langues se délient, les corps se découvrent et la chair exulte dans une communion d’émotions et de plaisirs partagés.

“Aimer n’est pas recevoir comme autant d’hommages la présence

de l’autre, le son de sa voix, la douceur de ses gestes,

mais lui donner la meilleure part de soi. ”

 

Francis Bossus

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Les étreintes du solstice d’été

Blog Fattorius 2.6.20

“Solstice”

Marie Loverraz – C’est bientôt l’été, le soleil commence à cogner fort sur nos contrées, et après une longue période de confinement, on a envie de se laisser caresser par l’air chaud. Alors, pourquoi ne pas emporter dans sa poche “Solstice”, le nouveau recueil de nouvelles érotiques de l’écrivaine Marie Loverraz? Elles sont trois, ces nouvelles, et à chaque fois, c’est l’été, avec son cortège d’images attendues: champs de blé, plage en Grèce, et même, dans un registre un peu différent, anniversaire de mariage chaud bouillant.

Solstice”, la nouvelle qui donne son titre au recueil, qui ouvre le recueil en offrant “la totale”, s’avère typique de l’auteure. Celle-ci sait convoquer les cinq sens pour développer ses intrigues érotiques. Bien sûr qu’on se regarde, bien sûr que tout peut naître d’une rencontre inspiratrice, et la fugace serveuse qui sourit au jeune client n’est qu’un avant-goût de la suite. Une suite qui revisite le classique de l’amour sur la paille, puisque le jeune homme, arrivé d’Amiens vers le sud de Grenoble, séduit une Parisienne mutine, curieusement juchée sur une charrette de foin.

“L’auteure donne aussi à sentir, non sans lyrisme, la terre humide qui embaume au crépuscule, et la musique des râles amoureux”

Mais voilà: si l’approche est rapide entre les jeunes personnages, consentants avant même d’en être conscients, l’auteure donne aussi à sentir, non sans lyrisme, la terre humide qui embaume au crépuscule, et la musique des râles amoureux – précisément le soir de la Fête de la musique. Et pour la malice, l’approche des deux amants joue sur le double sens du mot “culbuter”. Visuelles mais pas seulement, les métaphores sont évocatrices: les seins de Cloé sont des pêches, ils ont du goût et on aime les caresser. Et la nouvelle, comme un jeu, oscille entre douceur et vigueur, avec un doux “examen”.

Le titre de la nouvelle l’annonce, c’est en Vénus anadyomène que la nordique Veronika va se sentir réincarnée. Et un charmant jeune homme un brin voyeur passe par là, image du satyre mythologique ou de l’adonis…

Dans la deuxième nouvelle, “Vénus aquatica”, c’est carrément à la mythologie que l’imagerie emprunte – et pour cause, nous sommes en Crète. Dans cette île surpeuplée de touristes, qui ne rêverait d’une plage qui offrirait un agréable confinement, bien solitaire? Le titre de la nouvelle l’annonce, c’est en Vénus anadyomène que la nordique Veronika va se sentir réincarnée. Et un charmant jeune homme un brin voyeur passe par là, image du satyre mythologique ou de l’adonis… Le lecteur comprend au terme de cette lecture qu’une femme, pour être vraiment honorée, doit se sentir comme une déesse.

La complicité des amoureux, un couple rodé mais où la flamme n’est pas morte, est dessinée par les petits jeux de mots glissés dans la conversation. Et il y a aussi du mérite à montrer que s’habiller, au moins autant qu’un strip-tease, peut être émoustillant.

Dessinée en rouge et noir dans l’intimité d’un logement, l’ambiance de “Noces de soie” est différente: il n’y est plus question d’une union entre deux inconnus, ni d’amours en plein air. C’est l’été cependant, c’est fête à la maison et il y a deux menus: le menu amoureux et le menu à manger, tous deux appétissants. Tous deux sont développés en parallèle, dans une volonté de faire monter la température. La complicité des amoureux, un couple rodé mais où la flamme n’est pas morte, est dessinée par les petits jeux de mots glissés dans la conversation. Et il y a aussi du mérite à montrer que s’habiller, au moins autant qu’un strip-tease, peut être émoustillant.

On retrouve certaines images d’une nouvelle à l’autre, que ce soit celle de l’amant qui “grogne” ou celle du miel, de l’humeur liquoreuse, ce qui crée un lien mais peut aussi paraître un poil répétitif sur un si court recueil (113 pages, lues en une courte après-midi). Reste que chaque nouvelle s’avère habilement troussée, à la fois explicite et baignée de poésie, pour relater des étreintes à la fois évidentes et extraordinaires – évidentes parce qu’elles relatent l’histoire de gens qui ont juste envie d’un bon moment (mais cela arrive-t-il comme ça ailleurs que dans les livres?) et extraordinaires parce que l’auteure sait en dire tout le bonheur qu’elles peuvent susciter, tout simplement.

Et au terme de la lecture de “Solstice”, une citation d’Yvan Audouard: “L’érotisme, c’est quand on le fait, le porno, c’est quand on le regarde”. Et quand on l’imagine, qu’est-ce que ce serait? Telle est la porte qu’ouvre “Solstice”.

Reste que chaque nouvelle s’avère habilement troussée, à la fois explicite et baignée de poésie, pour relater des étreintes à la fois évidentes et extraordinaires, parce que l’auteure sait en dire tout le bonheur qu’elles peuvent susciter, tout simplement.

 

Marie Loverraz, Solstice, Chamblon, CGS, 2020

Billets Daniel Fattore

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Billet de Pierre Yves Lador

“Solstice”

Marie Loverraz, Solstice, CGS, 2020  

Marie Loverraz est le pseudonyme d’une conteuse vaudoise d’origine française auteure de plus de cent nouvelles et romans qui frôlent les genres fantastique, science-fiction, sensuel, mêlant lyrisme, réalisme et humour, entés de préoccupations métaphysiques et de satire socio psychologique.

Elle nous offre trois bulles de sensualité qui sont tissées par le désir de leurs acteurs, des instants surgis, le premier d’un char de foin, le second d’une crique déserte en Crète, le troisième d’un anniversaire de mariage qui doit ranimer des désirs endormis sous la cendre de l’habitude.

Ici elle nous offre trois bulles de sensualité qui sont tissées par le désir de leurs acteurs, des instants surgis, le premier d’un char de foin, mais il n’y a plus de char de foin, le second d’une crique déserte en Crète, mais il n’y a plus de crique déserte et le troisième d’un anniversaire de mariage qui doit ranimer des désirs endormis sous la cendre de l’habitude. Trois scènes d’amour de quelques heures chacune ; Jonas en vacances à la campagne rencontre Cloé et s’ensuit marivaudage et galipettes au clair de lune ; Veronika en vacances en Crète va se faire baiser par Nikos un bel autochtone qui aime les blondes à la peau lactée, les Crétois ne sont pas tous menteurs mais parfois voyeurs, et va lui faire une fellation sous l’eau, à bout de souffle, elle remonte à la surface. L’auteure mêle des notations réalistes, symboliques voire les allusions mythologiques en omettant les ennuis que provoque l’amour sur une plage, une expérience traumatisante à cause des grains de sable qui enraie la mécanique !

Les lecteurs auront compris qu’on est dans un univers du mythe où tout glisse harmoniquement. La troisième nouvelle montre Axelle et Clément fêtant leurs noces de soie, la première douzaine d’années de mariage. Les beaux cadeaux entretiennent l’amour, caraco de soie rouge, mais se raser le soir même n’est pas réaliste car la peau sera irritée malgré les onguents les plus performants, cela redit on est dans une bulle irisée de sperme et de cyprine entre ciel et terre. Parfois un détail réaliste, elle ne possède que dix soutiens gorges, j’en connais qui en possèdent cent, ou elle s’emmêle dans le collant à résille. Ensuite tout se passe à merveilles et en détail…

C’est à trois métamorphoses auxquelles nous invite l’auteure dans un heureux mélange de simplicité et de mythe.

L’auteure cherche à éviter les synonymes usés et crée de nouvelles métaphores, ce qui après huit siècles de littérature amoureuse est difficile surtout si l’on veut, sans recourir au vocabulaire enfantin, populaire, édulcoré ou scientifique, par la poésie, tout de même préciser les gestes exacts des actes effectués, j’ai relevé badiane ou anis étoilé qui sentent un peu la botanique pâtissière. Le tout s’inscrit sous le titre Solstice qui dans ce bruit de fond d’un univers en expansion, sous la lune, peut entraîner les lecteurs vers une douce chaleur. La constante recherche de mots pour désigner les gestes et les organes, la mise en scène, relient la lune, les étoiles, le ciel. La mer et ces animaux marins comme coquillages, étoile de mer, l’étoile unissent le ciel et la mer, la soie aussi évoque le chatoyant et le glissant, le soyeux et le moiré. C’est à trois métamorphoses auxquelles nous invite l’auteure dans un heureux mélange de simplicité et de mythe.

Il y a dans ces trois bulles comme une nostalgie du paradis perdu… et retrouvé au moins le temps de quelques orgasmes, de trois rencontres.

Il y a dans ces trois bulles comme une nostalgie du paradis perdu… et retrouvé au moins le temps de quelques orgasmes, de trois rencontres, une bulle est une parenthèse, mais mille bulles feraient peut-être une mousse paradisiaque, la nature et deux êtres qui se rencontrent, oublient le reste et fusionnent dans cette bulle, une nuit, une après-midi ou pour leurs noces de soie. Les portes de cette bulle s’ouvrent sous les auspices de la nature, du hasard, et les dialogues inauguraux sont dans un ton de transition, banals, réalistes et pourraient basculer dans le refus, le rejet, mais des forces mystérieuses, le désir, les hormones, le destin, la lune ou la mer font que les héros entrent dans la bulle où tout se passe au niveau mythique, pas d’érotisme sans inscription dans le mythe. Le mythe est une interprétation de la nature. Le vocabulaire se fait image, les images deviennent cosmiques, la nature, la mer en particulier dans la nouvelle centrale participe à l’étreinte et l’héroïne se sent déesse de l’amour, Vénus naissant de la mer. Les prénoms des deux protagonistes sont déjà liés, Veronika et Nikos, Niki c’est la victoire en grec.

C’est un des points forts de l’auteure que de réussir ce passage de l’univers quotidien à celui de l’érotisme ou du fantastique, un monde parallèle.

Celles et ceux qui auront pratiqué ces jeux dans les conditions mentionnées par l’auteure sauront que même l’érotisme torride finit par laisser apparaître le grain de sable sur la plage et gripper les rouages les mieux huilés. Mais dans la bulle, tout glisse et le foin perd son piquant dans la fureur utérine. Le passage du réalisme, vacances, dialogue, au mythe s’effectue et ensuite on flotte dans la bulle. C’est un des points forts de l’auteure que de réussir ce passage de l’univers quotidien à celui de l’érotisme ou du fantastique, un monde parallèle.

 

Pierre Yves Lador 24.8.20

« L’amour, c’est le physique, c’est l’attrait charnel, c’est le plaisir reçu et donné, c’est la jouissance réciproque, c’est la réunion de deux êtres faits l’un pour l’autre. »

Paul Léautaud

Solstice

Extrait

Jonas avait garé sa Citroën un peu en dehors du village, à l’abri d’une remise un peu délabrée. L’ombre de la bâtisse se dessinait déjà devant lui lorsqu’une silhouette claire, étrangement juchée sur un char de foin stationné au bord du champ attenant, attira son attention. Il se rapprocha, par curiosité, et découvrit avec surprise une jeune fille en jupe et tee-shirt blanc qui le regardait approcher, appuyée à la ridelle.

Il s’étonna :

— Que faites-vous là-haut à une heure pareille ?

— Et vous ? répliqua sans se démonter la jeune fille sur un ton espiègle.

— Eh bien, vous voyez, je rentre me coucher.

— Dommage qu’un aussi beau jeune homme aille déjà se coucher. Surtout la nuit du solstice d’été, dit-elle d’une voix malicieuse.

Intrigué, Jonas l’observa. La fille le considérait avec assurance, sans mièvrerie ni manières. Son regard noir était franc, sa voix moqueuse mais directe.

— Alors ! J’ai passé l’examen, dit-elle en pouffant.

Ses dents blanches étincelèrent dans son visage bronzé et Jonas, conscient de son observation insistante, lui sourit, séduit.

— Pas tout à fait, finit-il par dire. L’examen comporte encore plusieurs épreuves.

— Ah oui ! Et de quel genre ? demanda la fille, curieuse.

Jonas rit, ses lèvres bien dessinées se retroussant sur ses canines un peu pointues.

— Ça dépend, dit Jonas la tête toujours levée vers elle.

— Ça dépend de quoi ?

Jonas se frotta la nuque et poursuivit :

— Bon, avant d’aller plus loin, vous comptez rester là-haut toute la nuit ? Parce que ce n’est pas très pratique pour discuter.

— Non, mais c’est très confortable pour admirer les feux d’artifice et contempler les étoiles, rétorqua la piquante brunette.

— Je vous l’accorde, mais de deux choses l’une, ou je monte et je vous culbute dans le foin, ou vous descendez et c’est vous qui me culbutez, proposa Jonas tout à trac.

— OK, répondit la fille du tac au tac, je descends. Mais rattrapez-moi avant la culbute !

Jonas éclata de rire devant tant d’audace. Cette fille n’avait pas froid aux yeux. Décidément, elle lui plaisait de plus en plus. Il la vit passer ses jambes fines et halées par-dessus la ridelle et, sans plus d’avertissement, elle sauta. Jonas eut à peine le temps d’ouvrir les bras qu’elle atterrit contre sa poitrine, sa jupe remontant jusqu’à la taille dans le mouvement. Cela l’émoustilla. Il resserra son étreinte sur ce corps élastique tombé du ciel et la fille fit mine de le repousser. Mais son regard défiant le sien, il la maintint contre lui, sa main s’attardant sur l’arrondi de sa hanche, la courbe de sa cuisse…

Elle se dégagea d’un coup sec, les yeux étincelant de provocation et de désir.

— Holà, pas touche l’ami, lança-t-elle, en réajustant sa jupette et en s’écartant de lui.

— Eh, c’est vous qui m’avez sauté dans les bras ! se défendit-il. Et puis, il me semble que vous vous êtes engagée à me culbuter, non ?

La fille sembla l’évaluer, hésita une seconde puis, sans crier gare, se jeta sur lui. Il ne put retenir un cri de surprise et tous deux roulèrent dans l’herbe.

— Hé, vous êtes folle ou quoi ? s’insurgea Jonas.

— Voilà, je vous ai culbuté, dit-elle en se relevant. On est quitte à présent !

— Ah, la vache ! Vous êtes une petite futée vous ! lâcha Jonas un peu secoué.

Elle se mit à rire et deux délicieuses fossettes creusèrent soudain ses joues.

— Bon ! Alors, c’est quoi les épreuves ? enchaîna-t-elle, le dos appuyé au char. Parce qu’autant vous le dire tout de suite, votre cambrousse commence à me taper sur le système. Si on peut encore s’amuser un peu ce soir, ce n’est pas de refus !

Jonas, complètement défatigué et de plus en plus excité par cette petite sauvageonne sortie comme par miracle d’un char à foin répondit :

— D’abord, je te propose qu’on se tutoie et que tu me dises ton prénom. Ensuite, sache que tu as déjà réussi la première épreuve. Quant à la deuxième ! Très simple, elle consiste… à me donner un baiser. La troisième dépendra de la deuxième, conclut Jonas d’un air grivois.

— Eh, mais t’as vraiment envie de me culbuter on dirait, ironisa-t-elle. Une petite parisienne bien croustillante à se mettre sous la dent avant d’aller faire dodo ! Un vrai festin pour un grand loup comme toi qui erre affamé dans la campagne, pas vrai !

Jonas ne dit rien, mais le désir qu’il éprouvait à cet instant était tel qu’il dilatait ses pupilles au point que ses iris bleus semblaient aussi noirs que ceux de la fille.

Elle lut son appétence dans ses yeux et lui décocha un sourire ravageur. Elle aussi semblait le trouver à son goût.

« Jupiter : Je manquerais ainsi le plus beau moment de l’amour d’une femme.
Mercure : Il y en a plusieurs ? Lequel ?
Jupiter : Le consentement. »

Jean Giraudoux, Amphitryon 38

 

Venus aquatica 

Extrait

Veronika émit un soupir de soulagement. Il était quinze heures lorsqu’elle parvint enfin à la crique que lui avait recommandé un bel autochtone. Tôt ce matin, elle avait posé ses valises dans un petit hôtel crétois pour une quinzaine de jours et comptait bien en profiter au maximum. See, sex and sun comme disait une chanson célèbre, c’était là toute son ambition pour ce court séjour dont elle se réjouissait et qui lui permettrait de recharger ses batteries avant d’affronter la rudesse de l’hiver nordique.

Elle prit le temps d’admirer le paysage et son cœur se souleva d’allégresse. Le sculptural adonis n’avait pas menti. L’endroit était d’une beauté à couper le souffle, magnifique et sauvage à la fois. Une eau transparente d’un bleu turquoise clapotait sur le rivage et venait doucement lécher de ses vaguelettes mousseuses le bord sablonneux de la plage. De hautes falaises rocheuses aux tons ocrés se dressaient en demi-cercle autour de cette étroite échancrure naturelle et la dissimulaient en partie aux regards.

Ravie de découvrir un endroit aussi magique, Veronika s’empressa de descendre le sentier escarpé qui menait à la baie. Lorsqu’elle posa le pied sur la plage, elle s’émerveilla du contraste saisissant offert par le vert ardent des buissons contre la roche orangée et de l’onde émeraude scintillant sous le ciel indigo. Elle chercha des yeux l’emplacement idéal pour s’installer et se dirigea vers le bord situé le plus à gauche de la calanque. De là, elle serait quasiment invisible aux regards indiscrets, si tant est qu’il y en eut. Contrairement à elle, les vacanciers préféraient généralement la saison chaude et animée de l’été à celle de l’automne.

Veronika étendit sa serviette sur le sable et retira sa robe en coton léger. Ne sachant pas si la plage serait vraiment déserte, elle avait déjà revêtu son maillot de bain. Une fois assise, elle contempla la mer qui ondoyait devant elle et une grande sérénité l’envahit. Elle ne se lassait pas de ce ballet chatoyant et fascinant qui se perpétuait depuis les débuts du monde. Durant quelques minutes, immobile comme une statue de sel, elle eut le sentiment de se fondre dans l’immensité bleue et or qui l’environnait. Puis, les prunelles emplies de lumière, elle s’allongea sur le dos, épousant le sable chaud de ses formes généreuses, y enfouissant avec volupté la partie la plus charnue de son anatomie.

Veronika s’étira comme une chatte et exhala un gros soupir de satisfaction. Sa peau se réveillait lentement et chaque parcelle de son corps frémissait sous la douceur du soleil automnal. Un soleil dont elle avait été privée depuis des mois et avec lequel elle renouait aujourd’hui avec délectation. Elle écarta les bras et les jambes pour jouir davantage de sa délicieuse caresse sur sa peau claire et lui offrit avec béatitude son visage, ses seins, son ventre, ses cuisses, jusqu’à à son sexe qu’elle tendit vers lui dans un mouvement naturel et irrésistible.

La chaleur bienfaisante du soleil ranimait en elle une sensualité endormie par les brumes froides et grises de son pays. Elle songea qu’elle n’avait pas fait l’amour depuis six mois. Date de ses dernières vacances. Elle posa une main sur son bas-ventre qui pulsait doucement. Un vent léger jouait dans ses longs cheveux blonds qui se mêlaient au sable fin.

Épuisée par le vol interminable qui l’avait déposée à Héraklion, le matin même, Veronika ferma les paupières. Bercée par le clapotis des vagues qui venaient mourir à ses pieds, elle s’endormit, un doigt glissé dans le mini-slip de son maillot.

 

 

« Aimer n’est pas recevoir comme autant d’hommages la présence de l’autre, le son de sa voix, la douceur de ses gestes, mais lui donner la meilleure part de soi. »

Francis Bossus

 

Noces de soie

Extrait

Assise dans un des fauteuils du salon de leur chalet cosy, Axelle leva soudain la tête de son magazine et demanda à son mari :

— Chéri, tu n’as pas oublié notre anniversaire de mariage, vendredi ?

Clément posa son livre sur ses genoux et la considéra d’un air narquois.

— Déjà ! Mon Dieu que le temps passe vite !

Axelle ignora son ironie et poursuivit :

— On pourrait faire quelque chose de différent, pour une fois. J’en ai un peu marre d’écumer les restos gastros. Qu’en penses-tu ?

— Pourquoi pas. Tu as déjà une idée ?

— Pas encore, mais j’aimerais bien qu’on marque le coup. Douze ans, ça se fête, non ?

— Un petit week-end aux bains de Saillon, ça te dirait ? Ça nous changerait des montagnes !

— BOF ! Non, quelque chose de plus original, de spécial !

Clément contempla son épouse. En ce dimanche matin de juin un peu frisquet, elle avait passé un peignoir en éponge sur sa nuisette en coton et attaché négligemment ses cheveux sur la tête. Même dans cette tenue relâchée, elle était attirante. Il l’imagina soudain vêtue de satin ou de dentelle et cette vision lui provoqua de petits fourmillements dans le bas-ventre. À trente-huit ans, Axelle était toujours désirable, mais douze ans de mariage ça use.

— En fait, je crois que j’ai une idée, dit-il en fermant son livre. C’est banal, mais j’aimerais bien que tu t’habilles sexy. Tu l’as fait une fois et j’avais trouvé ça super-excitant.

— Oui, je me souviens, dit Axelle avec un sourire coquin. Mais ça date. Je crois que c’était pour nos noces de cuir. Je t’avais sorti le grand jeu ce jour-là : cuissardes, bas résille, short, Perfecto et casquette en cuir noir ! Le parfait attirail de la vamp fatale et séductrice. Ne manquait que la Harley !

À ce souvenir, les yeux verts de Clément s’étrécirent et un sourire gourmand découvrit ses dents bien rangées.

— Oui, tu étais vraiment bandante. J’aimerais bien retenter l’expérience.

Axelle darda sur lui un regard amusé.

— Douze ans, ce sont les noces de soie, dit-elle d’une voix sensuelle. Tu me veux en dentelle ou tu préfères que je te la rejoue en dominatrice bardée de cuir ?

— Cette fois, je te verrais bien avec un caraco et un string en soie rouge ! Tout le toutim quoi ! Bas résille, soutien-gorge pigeonnant et porte-jarretelles noirs.

— Plutôt classique, non ? dit Axelle un peu déçue.

— Classique, mais toujours efficace, rétorqua Clément. Les hommes ne sont pas très compliqués, tu sais. Ils ont juste besoin d’un peu de mise en scène pour s’échauffer. Et quoi de plus suggestif et érotique que ces guipures affriolantes qui font fantasmer et bander les mecs !

Axelle le sonda de ses yeux noisette. Tiens, tiens, son mari voulait de la fantaisie. Voilà qui pouvait être excitant. Effectivement, même si Clément était toujours bel homme et affichait une quarantaine sportive, leur vie de couple manquait parfois d’un peu de piment et la routine menaçait.

— OK ! dit-elle en lui souriant d’un air grivois. En échange, je veux que tu me concoctes un petit souper de ton cru avec chandelles et feu de bois dans la cheminée. On va se la jouer érotico-romantique et intra-muros cette fois.

— Ça marche, acquiesça Clément en lui baisant la main. Je m’occupe du ravitaillement et toi de l’animation ! Quant au feu de bois, ça dépendra de la météo. La soirée risque d’être déjà assez hot comme ça !

Axelle éclata de rire.

— La formulation n’est pas très romantique mais c’est parfait pour moi.

 

 

Magazine Générations – avril 2020

Voir l’article sur le site Générations

« L’écriture érotique est une expérience sensorielle troublante »

Une retraite anticipée a permis à Catherine Gaillard-Sarron d’entamer une nouvelle carrière, littéraire cette fois. Auteure de nouvelles et de recueils de poésies, cette grand-maman « sexygénaire » s’est lancée dans le récit érotique.

Entretien réalisé par Marlyse Tschui

Cliquer sur l’image pour télécharger le PDF

Catherine Gaillard-Sarron Magazine Générations avril 2020

Catherine Gaillard-Sarron Mag Générations avril 2020

 

 

Solstice

“Chaque nouvelle s’avère habilement troussée, à la fois explicite et baignée de poésie, pour relater des étreintes à la fois évidentes et extraordinaires – évidentes parce qu’elles relatent l’histoire de gens qui ont juste envie d’un bon moment (mais cela arrive-t-il comme ça ailleurs que dans les livres?) et extraordinaires parce que l’auteure sait en dire tout le bonheur qu’elles peuvent susciter, tout simplement.”

Daniel Fattore 2.6.20

« Il y a dans ces trois bulles comme une nostalgie du paradis perdu… et retrouvé au moins le temps de quelques orgasmes, de trois rencontres. »

« C’est à trois métamorphoses auxquelles nous invite l’auteure dans un heureux mélange de simplicité et de mythe. »

« C’est un des points forts de l’auteure que de réussir ce passage de l’univers quotidien à celui de l’érotisme ou du fantastique, un monde parallèle. »

Pierre Yves Lador 24.8.20

Octavio Paz

Commentaires Solstice

Sandrine – le 21 septembre 2020

Première lecture érotique pour moi. Je n’ai lu aucun mot malsain mais du plaisir pur!

Un brio poétique. Très joliment écrit.

Merci pour cette découverte.

Sandrine

Daniel Fattore – le 2 juin 2020

Extrait Billet “Solstice”

Marie Loverraz  C’est bientôt l’été, le soleil commence à cogner fort sur nos contrées, et après une longue période de confinement, on a envie de se laisser caresser par l’air chaud. Alors, pourquoi ne pas emporter dans sa poche “Solstice”, le nouveau recueil de nouvelles érotiques de l’écrivaine Marie Loverraz? Elles sont trois, ces nouvelles, et à chaque fois, c’est l’été, avec son cortège d’images attendues: champs de blé, plage en Grèce, et même, dans un registre un peu différent, anniversaire de mariage chaud bouillant.

“Reste que chaque nouvelle s’avère habilement troussée, à la fois explicite et baignée de poésie, pour relater des étreintes à la fois évidentes et extraordinaires, parce que l’auteure sait en dire tout le bonheur qu’elles peuvent susciter, tout simplement.”

Billets Daniel Fattore

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