Frère d’Âme

Douce au fond du cœur, la présences des absents – Amour immortel.

Frère d'Âme

Préface de François Gachoud

La mort nous regarde tous, mais nous regardons ailleurs – Fuite en avant.

Où es-tu mon frère? Je te cherche et me cogne, au silence du deuil…

À toi mon frère d’âme, À l’esprit trop brillant, Étoile en fin de vie Transformée en trou noir.

Ce qui résonne au terme de cette épreuve, ce n’est pas l’impuissance. Comme une porte ouverte sur un invisible au-delà, Catherine chante l’amour plus fort que l’impuissance. François Gachoud, écrivain

Octobre 2019 – 98 pages
ISBN : 978-2-9701281-1-3

Prix 25 CHF  

Comme les nuages, les humains changent de forme et se mêlent au Fond…

Frère d’Âme

Mon frère est mort,

Emportant avec lui

Un bout de la fratrie,

Trouant par son absence

La photo familiale…

Mon frère est mort,

Et saigne désormais

Tout le corps fraternel

Face à l’amputation

De l’un de ses dix membres.

Extrait préface François Gachoud

Catherine a perdu Christian, son « frère d’âme », frappé par un cancer. Elle l’a accompagné, avec ses frères et sœurs, de toute leur affection. Elle a surtout voulu restituer ici, en poétesse affligée, la traversée de cette épreuve avec lui partagée. Chanter ce temps vécu à l’ombre du trépas, rendre un hommage posthume « à ce frère secret, doué et solitaire, ce frère à fleur de peau, sensible et intuitif », lui a paru nécessaire. Aussi découvrons-nous dans ces vers émouvants ce que la douleur inspire mais, plus fort encore, ce que l’amour d’une sœur confie.

 

La vie se tarit, s’est interrompu le flux – Retour à la Source…

Frère d’Âme

Catherine chante l’amour plus fort que l’impuissance.

Préface de François Gachoud

Elle est indicible la douleur qui nous étreint quand nous perdons un être cher, quand la mort, impitoyable, nous l’arrache à la vie. Catherine a perdu Christian, son « frère d’âme », frappé par un cancer. Elle l’a accompagné, avec ses frères et sœurs, de toute leur affection. Elle a surtout voulu restituer ici, en poétesse affligée, la traversée de cette épreuve avec lui partagée.  Chanter ce temps vécu à l’ombre du trépas, rendre un hommage posthume « à ce frère secret, doué et solitaire, ce frère à fleur de peau, sensible et intuitif », lui a paru nécessaire. Aussi découvrons-nous dans ces vers émouvants ce que la douleur inspire mais, plus fort encore, ce que l’amour d’une sœur confie.

Si les mots ont le pouvoir de libérer les maux, les souffrances endurées, c’est à la condition de refaire le chemin de cette vie soudain interrompue. Il faut donc dire combien cette mort fut cruelle, proclamer l’injustice faite à l’espérance, décrire aussi les affres de l’impuissance où se trouvent les siens quand ils entourent ce frère parti bien avant l’heure.

Mais ce qui résonne au terme de cette épreuve, ce n’est pas l’impuissance. Comme une porte ouverte sur un invisible au-delà, Catherine chante l’amour plus fort que l’impuissance : « Il voulait partir au printemps quand reviennent les hirondelles… Et le printemps l’a entendu… Il est parti l’âme tranquille ». Car finalement, « il n’y a que l’amour qui inspire et rayonne, l’amour qui nous transcende… l’Amour depuis toujours, l’Amour qui grâce à nous, triomphera de tout ».

François Gachoud, écrivain

 

Comprendre un peu tard, à l’heure du dernier sommeil, qu’on ne s’éveillera plus…

À l’ombre du trépas

Un jour sans prévenir, nous emplissant d’effroi,
La mort nous apparaît, nous frôlant de ses ailes,
Obscurcissant nos vies de son ombre mortelle,
Nous plongeant illico dans un grand désarroi ;
Maladie ou cancer, accident ou revers,
Qu’importe la raison, elle impose sa loi,
Nous confrontant soudain au possible trépas,
Faisant de l’existence un véritable enfer.
Comptable impitoyable excluant tout recours,
Impassible soustrait le solde de nos jours
En soufflant dans nos dos son haleine glacée.
Instillant dans nos cœurs le poison de la peur,
Camarde nous épie en attendant son heure
Nous laissant consternés devant le temps gâché.

 

© Catherine Gaillard-Sarron 2019

 

Dans tes yeux

Dans ton visage pâle mangé par la barbe
Je ne vois que tes yeux aux pupilles élargies
Tes yeux de magnétite qui aimantent les miens
Et me font partager ton profond désarroi
Je ne vois que tes yeux agrandis par l’angoisse
Tes yeux brûlants et doux qui cherchent mon regard
Tes yeux comme des lacs qui débordent de larmes
Et emplissent mon cœur d’une amère impuissance
Je ne vois que tes yeux qui se noient dans les miens
Et nos mains enlacées qui se couvrent de larmes
Intense communion en ces sombres instants
Qui ravive des liens qui s’étaient distendus
Doucement sur tes joues creusées par la souffrance
Ruissellent les regrets d’un temps trop vite enfui,
Tu baisses les paupières, sur cet inachevé,
Masquant les émotions qui révèlent ta peine
Et je t’étreins la main car je ne sais que dire
L’amour ne se dit pas et la mort encore moins
Seuls l’esprit et le cœur comprennent ce langage
Qui passe par les yeux que tu ouvres à nouveau
Dans ton visage pâle mangé par la barbe
Je ne vois que tes yeux aux iris brillants
Tes yeux qui me sourient malgré les circonstances
Et me disent en silence, ta profonde affection.

 

© Catherine Gaillard-Sarron 2019

 

Traversée en solitaire

Il a lâché la barre,
Malgré tous ses efforts,
Malgré tous ses espoirs,
Il a lâché la barre,
Interrompant la traversée
Entamée il y a deux années ;
Une aventure en solitaire
Sur un océan de douleur
Durant laquelle il a bravé
L’hydre perfide du cancer.
 
Il a lâché la barre,
Épuisé par la lutte,
Terrassé par le crabe,
Se résignant à l’abandon
Devant ses assauts répétés.
Il a lâché la barre,
Submergé en dernier ressort
Par une vague scélérate.
 
Il a lâché la barre,
Vaincu par l’hydre à mille têtes
Qui le dévorait lentement,
Et largué les amarres,
Rejoignant au-delà des mers
Le monde étrange des quanta,
Abandonnant à l’océan,
Théâtre de l’affrontement,
La coque vide de son âme
Partie sur les traces de Planck.

 

 © Catherine Gaillard-Sarron 2019

Frère d’Âme

Toi qui ne croyais pas
Ni à Dieu ni à Diable
Tu détiens à présent
La clé du Grand Mystère
Car nul ne peut savoir
Quelles que soient ses croyances
Ce qu’il advient de l’âme
À l’issue du voyage.
Tu cherchais la lumière
Dans le monde quantique
Et moi je la cherchais
Dans la métaphysique,
Deux chemins qui, peut-être,
Se rejoignent et se fondent
En une voie unique
Encore impénétrable.
Tu aimais la physique
Et les mathématiques,
J’aimais la poésie
Et la philosophie,
La science et la conscience
Au centre de nos quêtes
Dont la finalité
Était l’élévation.
À toi mon frère d’âme
Parti vers les étoiles
Dont la fine poussière
Se mélange au Cosmos,
Toi qui ne croyais pas
Ni à Dieu ni à Diable
Mais rayonnes en mon cœur
Jusqu’à nos retrouvailles.
À toi mon frère d’âme
À l’esprit trop brillant,
Étoile en fin de vie
Transformée en trou noir,
À toi dont la pensée,
Libre de toute entrave,
Fulgure désormais
Au sein de l’Univers.
© Catherine Gaillard-Sarron 2019

La dame brune

Après des mois de résistance
Emplis d’espoir et de souffrance
Il a suivi la dame brune
Qui patientait depuis des lunes
À son côté il est parti
Épuisé par la maladie
Parti en remerciant les siens
De leur amour et leur soutien
Malgré la peur et le chagrin
De tous il a tenu la main
Offrant à chacun son amour
Avant ce départ sans retour
Il a suivi la dame brune
Le cœur serré mais sans rancune
Abandonnant au creux du lit
Ses tourments et son corps meurtri
Avec elle il a traversé
Le pont qui enjambe la vie,
Découvrant la face cachée
De l’Amour qu’il avait en lui.

 

© Catherine Gaillard-Sarron 2019

Au printemps

Il voulait partir au printemps,
Quand la nature reverdit
Et l’air embaume le lilas.
Il voulait partir au printemps,
Quand naissent les premières feuilles
Et se détachent les anciennes.
Il voulait une fois encore
Sentir la caresse du vent
Sur sa peau privée de soleil,
Serrer ses fils dans ses bras,
Dire adieu à ceux qu’il aimait,
Leur montrer sa face cachée ;
Il voulait partir au printemps,
Quand reviennent les hirondelles
Et le tendre coucou des bois.
Il voulait partir au printemps
Et le printemps l’a entendu
Avançant sa venue d’un mois.
Il est parti l’âme tranquille,
Avec les premières jonquilles,
Le cœur empli de notre amour.

 

© Catherine Gaillard-Sarron 2019

Chanter ce temps vécu à l’ombre du trépas, rendre un hommage posthume « à ce frère secret, doué et solitaire, ce frère à fleur de peau, sensible et intuitif », lui a paru nécessaire. Aussi découvrons-nous dans ces vers émouvants ce que la douleur inspire mais, plus fort encore, ce que l’amour d’une sœur confie.”

François Gachoud

Écrivain

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