L’amour est aveugle

“L’amour est l’harmonie de deux âmes et le contact de la peau de deux corps.”

Hans-Jürgen Döpp

L'amour est aveugle

“La zone la plus érotique est l’imagination”. Vivienne Westwood

C’est l’histoire d’une voix et d’un regard… intérieur. Dans ce court roman érotique, Marie Loverraz sonde les âmes, éclaire l’invisible, explore les sens pour mieux nous faire partager l’émoi amoureux et sensuel qui traverse ses personnages et les conduit à l’amour…

« Il en va de l’érotisme comme de la danse : L’un des partenaires se charge de conduire l’autre. » Milan Kundera

 

Octobre 2019 – 110 pages
ISBN : 978-2-9701281-2-0
Prix 20 CHF  

“La sensualité c’est la mobilisation maximales des sens :

on observe l’autre intensément et on écoute ses moindres bruits.”

Milan Kundera 

Vernissage à Chamblon le samedi 30 novembre 2019

 

Plus d’infos

Dans ce court roman érotique, Marie Loverraz démontre à nouveau sa capacité à parler d’amour comme peu d’auteurs sont aptes à le faire. À travers la rencontre d’Augustine, qui enregistre bénévolement des textes pour une association de non-voyants, et d’André, qui a perdu la vue à la suite d’une maladie, elle touche du doigt ce qu’on ne voit pas, ce qu’on n’entend pas, ce qu’on ne dit pas. Elle sonde les âmes, éclaire l’invisible, explore les sens : l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher, le goût, pour mieux nous faire partager l’émoi amoureux, sensuel et charnel qui traverse ses personnages.

Et nous la suivons avec ravissement dans cette quête initiatique et poétique dans laquelle l’imaginaire prime l’image, car son écriture, pleine de sensibilité et de délicatesse, nous emporte au cœur des corps et des âmes, réenchantant une sexualité devenue par trop banale ou triviale.

Marie Loverraz ose s’aventurer dans les replis de l’âme humaine et caresser de sa plume l’infinité de ses visages. Elle a l’âge de toutes les audaces et une curiosité intacte devant les choses de la vie. Sa première nouvelle érotique, écrite par jeu, est retenue lors d’un concours et publiée par B. Sensory en 2016. D’autres suivront et l’auteure prendra plaisir à l’écriture de ces nouvelles : expérience sensorielle excitante et révélatrice du pouvoir infini des mots sur le corps et l’esprit.

“Aimer quelqu’un ne relève pas seulement de la puissance du sentiment

mais d’une décision, d’un jugement, d’une promesse.”

Erich Fromm

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« Les femmes qui pensent que leur vie est finie parce qu’elles ont quarante ans, sont des femmes qui n’ont jamais commencé à vivre. »

Michel Conte

Chapitre 1

La proposition Extrait

Augustine sortit de la salle d’enregistrement. Aujourd’hui, elle avait terminé la lecture du recueil de nouvelles de Maupassant, intitulé L’inutile Beauté. Elle admirait cet écrivain – dont elle avait lu l’œuvre complète – pour son talent à décrire avec un réalisme incomparable les sentiments qui gouvernaient les sexes et empoisonnaient les rapports humains. Augustine était comme ça, entière, passionnée. Quand elle aimait un auteur, elle dévorait toute sa bibliographie. C’était plus fort qu’elle. Elle voulait tout connaître, tout savoir de lui, ses émotions, ses idées, ses pensées, ses fantasmes, jusqu’aux rêves qui l’habitaient. Il fallait qu’il lui devînt proche, voire intime pour pouvoir en restituer l’âme à ses auditeurs. À la voir si modeste, si ordinaire, on imaginait mal qu’elle eût un tempérament aussi impétueux.

— Ah ! Augustine ! Il y a quelqu’un pour toi dans la salle d’attente, lança Josiane, la secrétaire du Centre, en la voyant se diriger vers la penderie.

— Ah bon, qui c’est ?

— André je sais pas quoi, il me l’a dit, mais je ne me rappelle plus !

— Tu lui as demandé ce qu’il voulait ?

— Non, mais je l’ai informé que tu en avais encore pour une dizaine de minutes et il a dit qu’il t’attendrait dans la salle d’attente. Qu’il n’était pas pressé.

Augustine était intriguée. Quasiment personne ne savait qu’elle donnait bénévo­lement de son temps à cet organisme qui s’était donné pour mission de rendre ac­cessible la littérature aux aveugles et malvoyants. Elle adorait ce travail qui consistait à lire à voix haute toutes sortes d’ouvrages qui étaient enregistrés sur CD et mis gracieu­sement à disposition des non-voyants. Au­gustine avait une belle voix, douce, grave, sensuelle, qui plaisait beaucoup. Au moins, se disait-elle pour se consoler, ceux qui l’écoutaient trouvaient-ils quelque chose de beau en elle.

— Il est comment ? interrogea Augus­tine en boutonnant son manteau.

— Ben, pas mal du tout, il a de beaux cheveux bouclés, un peu argenté sur les tempes. Dans les cinquante ans. Plutôt grand et bien bâti. Mais bon, il avait aussi une canne blanche à la main et portait des lunettes noires, ajouta-t-elle d’un air dé­pité. Peut-être un fan pour toi, risqua Jo­siane en posant sur elle un regard malicieux.

— Tu lis trop de romans à l’eau de rose, ma chère, répliqua Augustine en ouvrant la porte du bureau. Allez, à la semaine prochaine.

— Eh ! Tu me raconteras ! souffla son amie en lui faisant un clin d’œil complice avant qu’elle ne disparût dans le couloir.

Augustine lui sourit, mais elle savait déjà qu’il n’y aurait pas grand-chose à raconter. Personne ne s’intéressait vraiment à elle et quand l’occasion se présentait cela ne durait jamais longtemps. De plus, si l’homme qui demandait à la voir était aveugle, l’affaire était plutôt mal partie.

 

« Aimer quelqu’un ne relève pas seulement de la puissance du sentiment mais d’une décision, d’un jugement, d’une promesse. »

Erich Fromm

Chapitre 2

La Décision Extrait

De retour dans son appartement après avoir expédié les courses de la semaine, Augustine abandonna tout en plan sur la table de la cuisine et se laissa choir sur le canapé du salon. Heureusement que c’était son jour de congé, aujourd’hui, car elle n’avait absolument pas la tête à travailler à la librairie. Elle devait mettre de l’ordre dans ses idées et réfléchir à ce qui lui arrivait. Augustine ressortit la carte de visite que lui avait laissée son mystérieux visiteur. Elle ferma les paupières et se remémora la scène qui avait eu lieu au Centre, en fin de matinée. Les traits nobles d’André Leclair resurgirent dans son esprit. Elle le revit planté devant elle, droit, imposant, ses larges épaules à hauteur de ses yeux. En dépit de son handicap, il émanait de lui un magnétisme et une assurance qui l’avaient impressionnée. Elle revoyait nettement ses boucles noires et argentées onduler sur sa nuque. Elle se souvint que, de sa main libre, elle avait eu envie d’y passer les doigts. Plus que tout, elle se rappelait les merveilleuses paroles qu’il avait prononcées et qui tintaient comme du cristal dans sa mémoire. Tant de délicatesse, tant de sensibilité. Elle s’était retenue de suivre de son index la ligne finement ourlée des lèvres qui énonçaient de si belles choses, d’effleurer la mâchoire volontaire où se dessinait l’ombre d’une barbe retorse. Elle le savait aveugle, mais elle avait eu l’étrange sentiment que derrière ses lunettes noires son regard l’avait mise à nu. Son rire frais et sain résonnait encore dans sa tête. La chaleur de ses mains imprégnait toujours la sienne. Elle les imagina soudain courir sur son corps, ses seins, son sexe. Sa bouche s’arrondit sous la volupté du fantasme.

Elle ouvrit brusquement les yeux. Que lui arrivait-il ? Elle était folle, ma parole. Elle se leva et décida de prendre une douche pour se rafraîchir les idées. Mais, une fois nue, elle n’entra pas tout de suite dans le bac et se plaça devant le miroir de la salle de bain. Quand elle se sentait attirée par un homme, elle avait besoin de se rassurer sur elle-même. L’étude de son corps relativisait généralement la situation. Cette fois, sachant que l’élu ne pouvait pas la juger, Augustine étudia son anatomie avec bienveillance. Elle n’était peut-être pas un canon mais elle aimait son corps tel qu’il était. Bien proportionné, ce dernier était ferme avec des formes et des courbes là où il fallait. Ses seins étaient généreux et son ventre, enrichi d’un léger embonpoint, souple et doux.

Elle se regardait tout en promenant ses mains sur son corps. Ses mamelons s’érigeaient sous ses caresses, des frissons couraient sur sa peau.

 

« La sensualité c’est la mobilisation maximale des sens : on observe l’autre intensément et on écoute ses moindres bruits. »

Milan Kundera

 

Chapitre 3 La rencontre

Extrait

Dimanche cinq décembre. Elle arracha la page du petit calendrier journalier qu’elle avait à la cuisine. C’était son anniversaire aujourd’hui. Pour une fois, Augustine était heureuse, impatiente de découvrir le cadeau qu’elle s’était elle-même choisi. André Leclair était ravi qu’elle eût accepté sa proposition. Elle l’avait perçu dans sa voix, enthousiaste, joviale, quand elle l’avait appelé, la veille au soir. Il avait immédiatement commandé un taxi qui la prendrait à quinze heures devant son immeuble. Elle avait encore une heure devant elle. Elle en profita pour s’épiler et prendre un bain. André Leclair étant non-voyant, elle ne perdit pas de temps à choisir une tenue. Elle passa un jean et un long pull confortables sur ses dessous en coton et fila devant sa bibliothèque.

Quels livres allait-elle choisir de lui lire ? Elle hésita un moment puis opta pour La rencontre et Un jour en décembre. Ces titres lui semblèrent un choix évocateur et judicieux pour une première rencontre. Elle aviserait pour la suite. Son unique auditeur aurait peut-être des titres particuliers à lui soumettre. Elle verrait bien.

Augustine arriva sur le trottoir au moment où le taxi débouchait sur la rue. Il était quinze heures pile. La neige commençait à tomber. Heureusement qu’elle n’avait pas eu besoin de prendre sa voiture. Elle redoutait de conduire sur la neige. Vingt minutes plus tard, le taxi la déposait au numéro 6 de la rue Desanges. André Leclair habitait une jolie villa dans un quartier résidentiel. À cet instant, elle songea qu’elle ne connaissait rien de l’homme chez qui elle se rendait en cette fin d’après-midi maussade. Une légère angoisse la saisit : s’il lui arrivait quelque chose, personne ne savait où elle se trouvait. Elle se raisonna et ses craintes se dissipèrent. Avec un mélange d’appréhension et d’excitation elle emprunta l’allée immaculée qui menait à la maison et se dit que cette surface vierge était comme un présage : une page blanche sur laquelle pouvait commencer une histoire.

Leur histoire ?

« Il en va de l’érotisme comme de la danse : L’un des partenaires se charge de conduire l’autre. »

Milan Kundera

 

Chapitre 4 Les révélations

Extrait

 

Quand Augustine revint dans le salon, André Leclair avait servi le champagne dans deux flûtes en cristal et l’attendait, assis sur le fauteuil. Le feu dansait dans le poêle où de nouvelles bûches crépitaient derrière les portes vitrées. Dehors, sans discontinuer, la neige poursuivait sa danse fantomatique et formait déjà un imposant tapis blanc devant la maison. Elle craignit de ne pouvoir repartir.

— À nos anniversaires ! dit André Leclair en levant son verre dans sa direction, interrompant le flux de ses pensées.

Augustine s’assit en face de lui et trinqua. Devant elle, un livre relié et doré sur tranche, marqué d’un signet.

— J’aimerais que vous m’appeliez par mon prénom, dit-il en posant son verre sur la table. Je crois bien ne pas vous avoir encore entendue m’appeler André.

Augustine réfléchit une seconde et se dit qu’il avait raison.

— Avec plaisir, André, accepta Augustine en posant son verre à son tour.

Elle en profita pour prendre l’ouvrage placé devant elle et découvrir le titre et le nom de l’auteur : Petites histoires coquines de Marie Loverraz.

— Vous qui aimez les livres et travaillez dans une librairie, peut-être connaissez-vous cette auteure ? demanda André.

— Non, cela ne me dit rien. Mais vu la qualité du livre, je suppose qu’il est ancien.

— En effet, ce livre a été publié il y a plus d’un siècle. C’est une édition rare. Et je suis très chanceux d’avoir pu en acquérir un exemplaire, il y a une quinzaine d’années. C’est un petit bijou de sensualité que je me réjouis de vous faire découvrir et de redécouvrir à travers votre voix qui, je le sens, va sublimer ces récits. Car vous vous doutez bien que ce livre n’est pas écrit en braille. Cela fait dix ans qu’il n’a pas été ouvert et je suis extrêmement heureux de pouvoir, enfin, en entendre quelques passages de votre bouche. Voilà le magnifique cadeau que vous m’offrez aujourd’hui, l’intense plaisir que vous me procurez en acceptant de vous prêter à ce fantasme qui me hante depuis que j’ai entendu votre voix.

Augustine ouvrit le livre à l’endroit du signet. Les pages étaient d’une belle couleur ivoire, ni trop fines ni trop épaisses. Elle lut le titre de la première nouvelle Augustine à la mer et sursauta en levant les yeux vers André.

— Augustine ! Qu’est-ce que cela veut dire ? s’étonna-t-elle en découvrant le titre.

— Je ne le sais pas encore, avoua-t-il. C’est un vrai mystère. Mais je crois aux synchronicités et quand j’ai su que la voix qui me troublait tant appartenait à une personne qui se prénommait également Augustine… je n’ai eu de cesse de vous entendre lire ce texte.

 

« Maintenant, déshabillez-moi, Augustine. Occupez-vous de moi, murmura-t-il d’une voix tendre en la libérant du cercle de ses bras. »

Chapitre 5 L’initiation

Extrait

Augustine ne répondit pas. Perturbée par la lecture érotique et les images troublantes qui persistaient dans son esprit, elle avait de plus en plus de peine à lutter contre les sensations délicieuses qui investissaient son corps.

André malaxait maintenant sensuellement ses seins et Augustine avait le sentiment que ces derniers fondaient littéralement sous ses paumes brûlantes, entraî-nant plus bas une inondation qu’elle ne contrôlait plus.

— Je vous attends depuis si longtemps, poursuivit André d’une voix tendue par le désir. Vous êtes la couleur qui manquait à la toile de ma vie. La voix qui m’a tiré du grand sommeil dans lequel je sombrais. Vous êtes ma voie, Augustine, mon âme sœur.

Chavirée par cette déclaration passionnée, Augustine n’opposa plus de résistance et laissa les mains d’André partir à la découverte de ses seins. Elle leva docilement le bras quand il tira sur sa manche pour lui enlever son pull et elle retira spontanément l’autre pour lui faciliter la tâche. Elle décrocha elle-même son soutien-gorge, s’offrant sans pudeur à sa bouche ardente quand il l’approcha de ses seins. Elle frissonna quand ses lèvres se posèrent sur ses mamelons en érection et les pincèrent tendrement.

Penché par-dessus son épaule, ses boucles épaisses effleurant son menton et son cou, André la tétait avec une telle dévotion que son sexe se contractait de plaisir dans sa culotte qui devait maintenant être trempée. Pour la première fois de sa vie, Augustine se sentait femme, libre d’être elle-même sous les yeux d’un homme qui ne la jugeait pas, ne l’évaluait pas, mais la découvrait avec sa bouche, ses doigts et son cœur. Elle était son âme sœur. Elle lui donnerait le meilleur d’elle-même. Ce qu’elle n’avait encore donné à personne. Elle se retourna, s’agenouilla sur le fauteuil et, attirant doucement le visage d’André vers le sien, l’embrassa avec toute la tendresse dont elle était capable. Elle ferma les yeux pour mieux sentir sa langue se mêler à la sienne, pour la sentir habiter profondément sa bouche et remuer en elle, prélude langoureux à une extase qu’elle pressentait unique. André délaissa sa bouche et descendit de nouveau vers ses seins pour les embrasser. Cette fois il lui lécha les tétons comme une chatte lèche ses petits. Puis il les reprit dans sa bouche pour les aspirer voluptueusement. Augustine le regardait faire avec un plaisir inédit. Il ne la voyait pas et cela la désinhibait complètement, lui permettant de jouir doublement. André fit le tour du fauteuil et vint la cueillir entre ses bras où elle s’abandonna.

 Chargé de son précieux fardeau, il avança prudemment jusqu’à la chambre à coucher et la posa au bord du lit.

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