Trompe l’œil ou trompe la mort

Poème inédit

 

Trompe l’œil ou trompe la mort

« On ne peut figer le temps, il passe, trace et efface, et ses pas, dans nos vies fugaces, nous rappellent que rien n’est permanent. »

 

Et si jeunesse et beauté,
Par tous recherchées, par tous cultivées,
Quête dérisoire et superficielle
Quand contre nature elle devient artificielle,
Se devaient d’être éphémères,
Forçant dès lors l’individu à évoluer,
Détaché de ces atouts, dépouillé,
L’obligeant à laisser en arrière,
Pour aller vers l’avenir,
Ce qui lui était d’abord utile à devenir,
Pour ensuite s’avérer secondaire,
Inutiles défroques quand l’aspect intérieur
Prend le pas sur l’aspect extérieur !
Comme tournent les saisons,
Tournent celles de la vie ;
Naître, grandir, vieillir, mourir,
Métamorphoses qui participent du devenir
Et modifient constamment le corps et l’esprit.
On ne peut figer le temps
Il passe, trace et efface
Et ses pas dans nos vies fugaces
Nous rappellent que rien n’est permanent ;
Vieillir c’est mûrir en soi-même,
C’est accepter le changement et y participer.
C’est accepter la transformation, les pertes,
Et ne laisser offert aux regards des autres
Que la mue de ce qui était avant.
Libéré du désir de paraître,
Confiant en lui-même,
L’individu, détaché de l’approbation de l’autre
Pourra, enfin libre, se réapproprier sa vie et s’attacher à être…
Devenant alors ce qu’il est vraiment.

 

© Catherine Gaillard-Sarron 19.09.02
Poème extrait du recueil « Les Dessous de la vie » 2002