Pour le sourire d’un enfant

Pour le sourire d’en enfant

Et si l’enfer était dans cet aveuglement à ne pas voir le paradis contenu dans le sourire et les yeux des enfants ?

Tout autour de nous, pareils à des rayons de soleil, les enfants sont là, en attente, en devenir, confiants dans les adultes que nous sommes. Là, avec leurs éblouissants sourires, leur joie innocente, leurs espérances légitimes. Savons-nous vraiment honorer cette confiance, sommes-nous vraiment dignes de jouer ce rôle de parents des enfants du monde ?

Car, au milieu des gravats de la guerre, des bombes, des mines et de la misère, ils nous sourient ! Empoisonnés par l’économie, Bhopal, Sévéso et Tchernobyl, ils nous sourient encore ! Séquestrés, affamés, utilisés, vendus, par tous abandonnés, ils nous sourient toujours, éclairant de leurs yeux innocents, fenêtres ouvertes sur l’amour, ce monde qui les attend et les détruira sans remords.

Petits anges égarés sur la terre, les enfants, émissaires de l’amour, nous montrent que le paradis est en eux et que l’enfer est en nous ; par l’amour qu’ils nous donnent ce sont eux qui nous font grandir et nous apprennent à aimer.

Nous avons besoin des enfants, ils sont notre rédemption, notre lumière. Mettre un enfant au monde c’est y mettre un peu d’amour, c’est y mettre l’innocence, la pureté, c’est rédimer un peu le monde. C’est tenter de réparer par cet acte la laideur du monde.

Les enfants ne sourient plus quand ils comprennent qu’ils ne sont pas aimés, trahis par ceux-là mêmes qui les ont voulus au monde ! Alors leur amour devient haine et l’innocence devient vengeance. La lumière devient ténèbres et ils deviennent adultes !

Et si l’enfer était dans cet aveuglement à ne pas voir le paradis contenu dans le sourire et les yeux des enfants ?

Le sourire des enfants est la vie et cette vie est l’avenir, le leur plus que le nôtre !

© Catherine Gaillard-Sarron 23.07.03