Viol de nuit

 

Poème

Pourtant, quand vient la nuit, il trompe sa confiance et, sans son consentement, la sédate et la viole.

Viol de nuit

 

Elle aime son mari.

Elle a confiance en lui.

Un père et un grand-père,

un bon père de famille.

 

Pourtant, quand vient la nuit,

il trompe sa confiance

et, sans son consentement,

la sédate et la viole.

 

Elle a confiance en lui,

mais il la vend sur Internet,

la livre à d’autres mâles,

obscènes, comme lui.

 

Maquignon, proxénète,

d’un corps qu’il s’approprie

et qu’il jette en pâture

à la meute perverse.

 

Un corps qu’il salit et qu’il souille,

celui de sa compagne,

la mère de ses enfants,

offerte à d’autres mâles

dans le lit conjugal.

 

Un mari exemplaire,

un bon père de famille,

qui filme les ébats,

les visionne en cachette.

 

Qui, au petit matin,

comme si de rien n’était,

demande à son épouse

si elle a bien dormi.

 

 

© Catherine Gaillard-Sarron 2.3.26
Poème à paraître dans La Face cachée du monde, mai 2026