Les hommes aboient, les femmes passent

 

Poème

Les hommes aboient, les femmes passent, redressant fièrement la tête, leur courage pour toute cuirasse, leur parole comme baïonnette…

Les hommes aboient, les femmes passent

 

Les hommes aboient, les femmes passent,

Baissant la tête, bravant la peur,

Se faufilant dans les rues basses,

Le cœur tapant à cent à l’heure.

 

Elles filent dans les cités,

Invisibles, rasant les murs,

Le corps et l’âme torturés

Par leur destinée qui perdure.

 

Les hommes aboient, les femmes passent,

Muettes mais déterminées,

En dépit des coups, des menaces,

À lutter pour plus d’équité.

 

Elles s’unissent et se soutiennent,

Tissant entre elles des réseaux,

Se transformant parfois en chiennes

Pour mieux tenir tête aux cabots !

 

Les hommes aboient, les femmes passent,

Redressant fièrement la tête,

Leur courage pour toute cuirasse,

Leur parole comme baïonnette,

 

Résolues à briser la glace

Qui les sépare de la vie,

Résolues à prendre la place

Qu’injustement on leur dénie.

 

 

© Catherine Gaillard-Sarron 24.1.26
Poème à paraître dans La Face cachée du monde, mai 2026