Bienveillance patriarcale

 

Poème

Les femmes battues par les hommes, pour ne pas périr sous leurs coups, n’ont d’autres options, hormis la fuite, que le suicide ou l’homicide.

Bienveillance patriarcale

 

Face aux violences conjugales,

À leur déni systématique ;

Face aux viols, aux féminicides,

Peu condamnés par la justice ;

Face à l’inertie des instances,

À l’omerta, aux représailles ;

Face au soutien des agresseurs,

Au détriment de la victime ;

Face aux stéréotypes de genre,

Aux mépris des signalements ;

Face aux menaces encourues

Quand plainte est enfin déposée ;

Face à l’ignoble impunité

Dont jouissent les criminels,

 

Les femmes battues par les hommes,

Pour ne pas périr sous leurs coups,

N’ont d’autres options, hormis la fuite,

Que le suicide ou l’homicide.

 

Face au calvaire de ces femmes

Cognées en toute indifférence ;

Face à la peur et la souffrance

Endurées parfois des années ;

Face à la stigmatisation

Qui les isole et les inhibe ;

Face à la honte ressentie

Qui les retient de porter plainte ;

Face à la culpabilité

Qui leur fait garder le silence ;

 

Face à l’emprise et aux enfants

Qui les attachent à leurs bourreaux ;

Comment ne pas se révolter

Devant l’inaction des instances ?

Comment ne pas être choqué

Par cette indulgence assassine,

Cette tolérance indécente

Qui double la peine des femmes !

 

Face à ces femmes abandonnées

Par la police et la justice ;

Ces femmes livrées sans procès

À la brutalité machiste ;

Dont la parole est mise en doute

Au profit de leurs agresseurs ;

Dont l’existence menacée

N’est prise en compte par personne ;

 

Face à ces femmes maltraitées,

Ces femmes brisées par les hommes,

Il faut condamner fermement

Cette violence systémique,

Cette hostilité misogyne

Héritée du patriarcat ;

Condamner cette bienveillance

Qui protège les agresseurs,

Mais tue en toute impunité

Des femmes, des mères et leurs enfants ;

Condamner cette ignominie

Et ses dérives meurtrières,

Indignes d’une société

Qui se prétend républicaine.

 

 

© Catherine Gaillard-Sarron 5.3.26
Poème à paraître dans La Face cachée du monde, mai 2026