Mes escales frontignanaises

Interview 110e Musc'art - Mai 2021

Quand la Suisse vient à la rencontre d’un 110è Musc’art d’exception, avec Catherine Gaillard-Sarron

Catherine Gaillard-Sarron est cette grande jolie et distinguée dame qui, bien qu’habitant le canton de Vaud en Suisse, compte sans doute parmi les plus fidèles adhérents de Musc’art. Reçue plusieurs fois par Angela Mamier, elle n’a qu’en partie déployé tout le formidable potentiel d’écrivaine qu’elle possède et montre depuis plus de dix ans à travers pas loin d’une cinquantaine de livres et publications les plus diversement orientées vers la poésie, le roman, la nouvelle, le fantastique, le policier, le conte, la légende et même l’érotisme. C’est dire toute la force de travail de cette femme qui se consacre pleinement à son art après avoir opté pour une vie littéraire, après une vie professionnelle. Après s’être posée dans des conditions de vie idéales, Catherine construit chaque jour une œuvre immense qui est soutenue par une pensée claire, cohérente et structurée concernant l’écriture, l’écrivain et le rôle des livres qu’elle écrit. Elle est plus qu’une Balzac moderne avec tous les thèmes qu’elle aborde et les formes d’écriture qu’elle utilise. Ses compatriotes Suisses ne s’y trompent pas, quand ils la lisent ou l’entendent à la radio. Musc’art est très fier de compter parmi ses invités et ami(e)s cette fabuleuse écrivaine et ce depuis des années, bien avant que quelques-uns de ses collègues romanciers ne tentent une percée à Frontignan à travers le FIRN 2021. Catherine aime d’autant plus Frontignan, qu’elle y séjourne chaque année depuis dix ans. D’où la porte ouverte de Musc’art qu’elle a saisie pour s’exprimer. Elle honore alors ce 110è Musc’art par la longueur de réponses claires, lourdes de sens, de cohérence et d’un professionnalisme pointu qui magnifie la femme et l’auteure et peuvent impressionner celles et ceux qui la lisent ou la connaissent. Oui, Catherine Gaillard-Sarron est une grande « fabricante d’humanité », dont l’œuvre ne sera jamais terminée et restera toujours vivante.

Écoutons-la :

  1. Catherine, qui êtes – vous ? Quel a été le chemin jusqu’à votre premier livre ?

Sixième d’une fratrie de dix enfants, je suis native de Franche-Comté et vaudoise par mariage. Je vis en Suisse depuis quarante ans. Après avoir élevé mes trois enfants et œuvré dans le domaine commercial, j’ai fait le choix d’arrêter mon activité professionnelle en 2009 pour me consacrer entièrement à l’écriture. Il a donc fallu que j’atteigne cinquante ans pour avoir du temps, un certain confort matériel et une chambre à moi pour enfin réaliser mon rêve.

Passionnée par les livres, j’ai toujours aimé raconter des histoires et je pratique des formes littéraires diverses : nouvelle, conte, roman, poésie, satire, humour, policier, psychologique, philosophique, fantastique, érotique ! Une trousse littéraire bien garnie qui me permet d’ajuster précisément le fond à la forme et de révéler, au-delà des faits et des clichés, les multiples facettes de l’être humain.

J’aime me décrire comme une diseuse de vie, une femme ordinaire qui parle de gens ordinaires mais qui dévoile, à travers cette banalité, l’extraordinaire qui anime toute vie. Explorer cette banalité dont est faite l’existence de chacun, c’est révéler à tous, au travers d’histoires particulières, l’universalité contenue en chacun. C’est tendre un miroir dans lequel le lecteur peut se reconnaître.

J’ai toujours écrit. D’abord de la poésie. Puis des nouvelles. Mon premier roman a paru en 2015. J’ai fait des concours pour connaître la valeur de mes textes et savoir si cela valait la peine de les publier. J’ai tenté le compte d’auteur puis j’ai été publiée pour deux recueils de nouvelles à compte d’éditeur en 2009 et 2010 aux Éditions Plaisir de Lire. Mais les délais extrêmement longs pour publier mon 3e recueil m’ont découragée. Au bout de quatre ans d’attente j’ai renoncé à chercher un éditeur pour me lancer en indépendante dans l’autoédition. À ce jour, j’ai publié une vingtaine d’ouvrages que je réalise de A à Z hormis l’impression que je confie à un imprimeur.

2. Si le récit peut féconder le réel c’est pour quoi faire naître ?

De la matière à réflexion, à penser. Écrire est une manière de transcender la réalité en donnant du sens à ce qui n’en a pas. C’est titiller les consciences et les valeurs de chacun. Pour ma part, je crois au caractère pédagogique de la création fictive qui permet au lecteur d’expérimenter sans danger la grande aventure humaine en s’identifiant à des personnages qui lui ressemblent. Une immersion dans un monde imaginaire mais réaliste qui le confronte à moult situations, lui révèle d’autres modes de pensée, de comportements et le relie à ses frères humains. Une sorte d’apprentissage de la vie et de sa propre humanité à travers celle de l’autre. L’autre, notre semblable, qui est le miroir de soi et avec lequel on peut partager sa vision du monde et ses émotions, le véritable enjeu de l’écriture.

3. Qu’est-ce qui déclenche l’écriture ? Écrire est-ce une contrainte ?

Une idée, un fait divers, l’actualité, une injustice, la bêtise, la complexité des relations humaines, le quotidien, l’amour que je porte à mes proches, la nature, le temps qui passe et j’en passe… Écrire c’est dire, c’est témoigner, c’est parler en silence. Mais à l’origine d’une histoire ou d’un poème, il y a toujours une émotion. C’est elle le moteur. Elle qui m’entraîne et me donne l’énergie d’écrire.

L’écriture n’est pas une contrainte. Elle est une interface pour communiquer mes idées au monde. Un moyen d’expression privilégié pour partager mes émotions et mon imagination avec les autres. C’est elle qui me fait me lever le matin et m’empêche de me coucher le soir. Elle est la passion de ma vie, la flamme qui me tient éveillée. Écrire c’est créer. C’est devenir un démiurge. C’est inventer des univers, des personnages qui peuvent dire, agir, dénoncer et transmettre jusqu’au plus intime. C’est repenser la réalité et la transcender en permettant l’évacuation des frustrations liées à l’impuissance de sa condition et des choses du monde. L’écriture de libératoire devient donc jubilatoire car elle transforme l’impuissance en puissance créatrice. Elle est le meilleur des antidépresseurs, un antidote à l’ennui et au désespoir.

4. Quel est le mot le plus important pour vous ?

Impossible de faire un choix. Il y en a plusieurs. Amour, cohérence, lucidité, liberté, justice, résistance, égalité, dignité, tolérance, imagination, harmonie, gratitude, persévérance, espérance. Et bien d’autres encore…

5. Bâtissez-vous livres avec une architecture préétablie ?

Je ne fais pas de plan structuré mais j’ai déjà la fin de mon histoire lorsque je la pose sur le papier. En particulier pour la nouvelle dont la chute conditionne tout le récit et souvent le titre. Généralement, lorsque j’ai une idée, je la développe et la porte d’abord dans ma tête. Cette phase est variable. L’écriture intervient quand l’intrigue me semble aboutie. C’est une sorte de gestation littéraire. Quand l’histoire me semble cohérente et bien formée, je la couche sur le papier ! Mais entre le début et la fin, je me laisse des libertés. Parfois mes personnages m’échappent – parce qu’ils vont puiser dans cette part mystérieuse à l’œuvre lorsqu’on écrit – et je me retrouve à courir derrière eux comme un metteur en scène derrière les acteurs de son film. Cela met souvent de l’inattendu et de l’émotion dans mes fictions. Quant à mes poèmes, ils naissent au fil de mon inspiration, de mes états d’âme et de mes balades.

6. Ouvrez-nous un peu votre « fabrique d’écritures » ?

De nature curieuse, je m’intéresse à beaucoup de choses et j’aime observer mes semblables. Mon imagination fait le reste. J’ai donc des dizaines de scénarios d’avance. Un article de journal peut être le déclencheur. L’idée s’impose d’elle-même. Je découpe l’article, surligne ce qui m’interpelle et décrit en quelques phrases l’intrigue que cela m’a inspirée pour ne pas l’oublier. Puis je classe ces embryons d’histoires qui, un jour, deviendront peut-être des livres. Je prends également des notes. J’ai toujours un carnet ou du papier sur moi en cas de besoin… Je suis également rigoureuse et je consigne toutes mes idées sur l’ordi. Trop souvent j’ai été incapable de me relire et j’ai peut-être, ainsi, perdu l’idée du best-seller qui aurait pu me rendre célèbre !

Quand je commence un livre ou un recueil de nouvelles, je reprends mes notes et j’écris au kilomètre directement à l’ordinateur. C’est le meilleur moment, le plus intéressant, le plus jouissif. Mes personnages m’habitent totalement. Je profite généralement de notre séjour estival en montagne pour m’atteler aux projets de longue haleine. Pour écrire il faut du temps de qualité et un conjoint soutenant, compréhensif et appréciant la solitude autant que vous, ce qui est mon cas. Viennent ensuite les diverses relectures et corrections afin de proposer un livre le plus fluide et parfait possible. C’est une phase ingrate mais incontournable et essentielle si l’on veut aller au bout du processus de création. J’imprime toujours mon travail sur papier pour les corrections. Mon mari m’apporte son aide précieuse tout au long du processus. Le travail terminé, j’envoie le PDF final du texte et celui de la couverture à l’imprimeur. Je fais les démarches pour le dépôt légal. Je mets à jour le site et le catalogue pour promouvoir l’ouvrage et j’envoie des invitations à mes contacts pour les convier au vernissage que j’organise avec soin.

7. L’écrivain peut-il rendre le monde meilleur ?

Si l’écrivain a un pouvoir c’est peut-être celui d’ouvrir les esprits, de toucher les cœurs et d’influencer les consciences et la pensée au travers de ses propres valeurs, idées, opinions ou émotions qu’il fait passer dans ses écrits. Il peut donc modifier la perception du monde de ceux qui le lisent en projetant, sciemment ou inconsciemment, sur l’écran de leur esprit le film intérieur de sa propre existence. En ce sens, je pense que l’écrivain a une responsabilité morale envers le monde dans lequel il vit, car ses propos peuvent avoir un impact, positif ou négatif, sur ses lecteurs. Mais ce pouvoir est limité, car c’est à chacun qu’il revient de s’améliorer et de rendre le monde meilleur.

En revanche, si l’écrivain ne rend pas le monde meilleur, il l’enrichit de ses créations et permet à des multitudes de lecteurs de s’évader de leur quotidien en pénétrant dans un monde parallèle plus vrai que celui de l’instant présent. L’écrivain crée des univers, ouvre de nouvelles dimensions. Il distrait, détend, apporte du rêve, de l’aventure, des sensations, des émotions, du fantasme, du fantastique. Il transcende l’ordinaire en extraordinaire, exalte notre foi en la vie et stimule l’imagination des lecteurs qui, grâce à la sienne, vivent des expériences diverses par esprits interposés.

8. Pourrait-on dire que l’enfance est l’élément fondateur de votre écriture ?

Quelle est la part de l’inné, de l’acquis et de l’environnement dans l’origine d’une passion ? Difficile à dire. Ce que je peux dire, c’est que j’ai toujours vu mon père lire et que nous avions une bibliothèque tournante au cœur même de notre salle à vivre et à manger. J’ai toujours admiré sa curiosité insatiable et son goût immodéré pour la lecture. La meilleure pédagogie étant l’exemple, son inclination a probablement développé et renforcé la mienne. J’ai toujours été une contemplative et une rêveuse et j’adorais m’évader en lisant des romans ; jamais de bandes dessinées qui me fatiguaient et m’empêchaient d’imaginer les choses à mon gré. Avec les années, cet amour pour la lecture s’est transformé en désir d’écrire à mon tour. J’ai toujours eu une imagination fertile comme disaient mes professeurs et j’ai compris très vite le pouvoir des mots.

J’avais trouvé dans les livres nombre de réponses aux questions que je me posais, j’y avais fait mes plus beaux voyages et mes plus belles rencontres, je pouvais, moi aussi, grâce aux mots, partager mes idées et mes émotions avec d’autres en passant par l’intimité de l’écriture, cette passerelle qui nous mène de l’ombre à la lumière, qui nous sort du néant et nous donne, en incarnant notre pensée, la seule vraie liberté qui soit : celle de mettre des mots sur ce qui n’existe pas pour le faire apparaître et le faire exister.

9. Quels sont les titres de vos livres ?

À ce jour j’ai publié :

10 recueils de nouvelles

  • L’écrivain aux mains rouges, nouvelles contemporaines, 2020
  • Solstice, nouvelles érotiques, 2020
  • Bain de minuit, nouvelles fantastiques, 2019
  • Le baiser du bourdon, nouvelles érotiques, 2018
  • Chemins de traverse, contes philosophiques, 2016
  • Paquet surprise, nouvelles contemporaines, 2014
  • La fenêtre aux alouettes, nouvelles contemporaines, 2014
  • Des taureaux et des femmes, nouvelles contemporaines, 2010
  • Un fauteuil pour trois, nouvelles fantastiques, 2009
  • La Lisette, Paul, Martha et les autres, nouvelles contemporaines, 2007

5 romans

  • L’amour est aveugle, roman érotique, 2019
  • Mme Serpit-Coht décortique l’actualité, satire sur l’actualité, 2019
  • La Décision, roman psychologique sur le harcèlement, 2018
  • Délit de fuite, roman policier, 2016
  • Allons voir si la rose, satire sur le vivre-ensemble, 2015

19 recueils de poèmes

  • La ligne du temps, 2020
  • Frère d’Âme, 2019
  • Intemporalité, 2017
  • Notre Dame Nature, 2015
  • La terre de l’Aimé, 2014
  • Es-Tu là… 2012
  • Émerveillement, (avec photos) 2012
  • Émerveillement (CD), 2012
  • Chant d’adieu, (avec photos) 2012
  • Tremblement de cœur (nouvelle édition), 2012
  • La Musique des Mots, (avec photos) 2008
  • La Musique des Mots (CD), 2008
  • Mon plus beau voyage, (avec photos) 2007
  • L’envol, (avec photos) 2007
  • Le Gardien du chemin, (avec photos) 2007
  • Le Chemin (prose & photos), 2007
  • Textes primés (poèmes & nouvelles), 2007
  • Extrêmes Limites, 2007
  • Tremblement de cœur, 2007

10. Comment percevez-vous le monde qui nous entoure ?

Inquiétant et en perte de valeurs. Les nouvelles technologies, la digitalisation des données, les réseaux sociaux, l’utilisation du big data, l’intelligence artificielle, les algorithmes, les biotechnologies, la manipulation des informations et leur marchandisation, les attaques contre la liberté d’expression, la disparition de la sphère privée au profit du tout numérique, le manque de solidarité entre les générations, entre les riches et les pauvres, le Nord et le Sud, les bien portants et les malades, le dérèglement climatique, la pollution, l’émergence de nouveaux virus, la réalisation d’armes létales autonomes, de robots, la surpopulation, les migrations de masse, le manque d’eau, de nourriture, etc., tout cela contribue à créer un climat anxiogène et de méfiance sur la planète. L’avenir est sombre et le futur de moins en moins prévisible. La confiance en les élites se délite, les libertés se réduisent et la crainte que cela ne débouche sur une dictature numérique n’est plus une idée insensée.

11. Qu’est-ce qu’un écrivain selon vous ?

C’est un être qui se pose des questions sur le monde dans lequel il vit. Qui constate des faits, dénonce des inégalités, des injustices, joue avec la transgression et suscite des controverses. C’est quelqu’un qui observe les gens, leurs mœurs, leurs caractères, leurs passions afin de comprendre comment ils fonctionnent au sein d’une société donnée et qui, par ses réflexions, peut rendre les gens plus conscients du monde qui les entoure et même contribuer à changer les mentalités. L’écrivain est un sismomètre humain, un capteur ultrasensible qui perçoit, enregistre et rend compte de tous les mouvements qui agitent la société, nous alertant sur ses dysfonctionnements et ses dangers.

Un écrivain est aussi un collecteur de données pour la postérité. Il est le témoin d’une époque, d’une réalité. C’est un passeur de mots, d’idées, de vie et surtout de mémoire. Il pratique l’introspection et a le don de voir plus loin que le bout de son nez. C’est une sentinelle, un lanceur d’alerte, un donneur de sens, mais aussi un distributeur de plaisir et de rêves. Il ouvre les esprits, développe le sens critique, la connaissance de soi, l’imaginaire, fait battre les cœurs et parfois vibrer les âmes. Mais le plus important est qu’il sait transmettre des émotions vraies, créer du lien et relier les esprits. C’est un fabricant d’Humanité.

12. L’écrivain est-il un grand alchimiste de la réalité ?

De toutes les façons, l’écrivain est un alchimiste car il transforme la pensée en mots qui ont un pouvoir et une énergie insoupçonnés sur le cœur, l’esprit et même le corps. Ses fictions sont des tubes à essai dans lesquels il expérimente la vie. Il ne transforme peut-être pas le plomb en or mais, grâce à ses idées, ses métaphores et ses émotions, il peut sublimer la réalité en la modifiant, ennoblissant jusqu’à la laideur la plus vile.

13. Vous êtes-vous immergé très jeune dans la lecture et l’écriture ?

J’ai commencé à lire des ouvrages dès que j’ai su lire. C’était mon passe-temps favori. J’aimais cette sensation d’être ailleurs, transportée dans une autre dimension le temps d’un livre. Plus jeune, j’ai adoré lire les contes et légendes, lesquels, je pense, ont développé mon imaginaire. J’appréciais également les récitations que l’on apprenait à l’école et qui m’ont probablement donné le goût de la poésie. Je lisais de tout car tout m’intéressait. Les livres m’ont construite, structurée. Ils m’ont ouvert l’esprit et ont nourri ma curiosité. Surtout, ils m’ont aidée à vivre et à développer mon empathie et ma sensibilité.

J’ai d’abord dessiné et peint avant de passer à l’écriture. Passion qui s’est déclarée au début de mon adolescence et qui ne m’a plus quittée depuis. Durant de nombreuses années, je n’ai écrit que des poèmes ou de petits textes. C’est vers quarante ans que les choses ont changé et que j’ai commencé à explorer d’autres formes littéraires.

14. Quelles sont vos relations avec le temps ?

J’ai conscience qu’il passe vite et qu’il faut bien l’employer. C’est la raison qui m’a poussée à arrêter mon activité professionnelle il y a dix ans pour réaliser mon rêve d’écriture. J’essaie de vivre le plus possible l’instant présent, d’aimer ceux qui m’entourent et de profiter de la beauté et du calme de la nature où je vais me ressourcer quotidiennement. Je sais déjà que je n’aurais pas le temps d’aboutir tous mes projets car il me vient sans cesse de nouvelles idées, mais j’accepte cet inachevé qui est le lot de tout être vivant, l’important pour moi, maintenant, étant de vivre le plus proche de mes convictions et dans la meilleure harmonie possible.

Qui sait, le temps n’étant qu’un concept humain, la fin d’une existence n’est peut-être que le début d’une nouvelle histoire…

15. Des projets littéraires en vue ?

Oui, de nombreux projets. Entre autres, trois recueils de poèmes en cours, deux recueils de nouvelles dont un fantastique et un roman qui me tient à cœur en attente depuis dix ans. Et des dizaines d’embryons d’histoires qui n’attendent que d’être développés et que j’aimerais bien mettre au monde si la vie m’en laisse le temps…

16. Votre proverbe préféré ?

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». Ce proverbe de Guillaume d’Orange me résume assez bien.

Et cette phrase de William Ward m’a aidée à avancer et à surmonter bien des épreuves dans ma vie.

« Se faire du souci, c’est perdre l’aujourd’hui en sabotant les opportunités de demain avec les problèmes d’hier ».

 

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Coordonnées

Catherine Gaillard-Sarron

Rue Es Perreyres 28

CH-1436 Chamblon

 

Téléphone : +41 (0)24 445 69 59

Mails : cgs@catherine-gaillardsarron.ch

catherine.gaillardsarron@gmail.com

Site : www.catherine-gaillardsarron.ch

Site AVE (association vaudoise des écrivains) : https://www.a-v-e.ch/team/catherine-gaillard-sarron/

Liens médias

« L’écriture érotique est une expérience sensorielle troublante »

Interview de Marlyse Tschui pour le journal Générations le 6 avril 2020.

La littérature érotique est un petit marché de niche en Suisse romande. Rencontre avec une auteure vaudoise.

Reportage à Couleurs locales sur mon activité érotique le 10 février 2020.

Le quotidien encore ses récits depuis dix ans.

Interview de Christelle Maillard pour le journal du Nord Vaudois, La Région, le 22 avril 2019.

Un Noël pas comme les autres

Émission Dernier rêve avant la nuit (la 1ère sur la RTS) du 9.12.16 consacrée à mon recueil « Des taureaux et des femmes » Editions Plaisir de Lire.

Émission Entre les lignes sur Espace 2 le 3.3.2011.

L’écrivaine franco-suisse évoque son roman, « Des taureaux et des femmes », paru aux Éditions Plaisir de lire en 2011.

Entretien avec Christine Gonzalez et Jean-Marie Félix.

 

 

Printemps des Poètes - Mars 2021

Le printemps des poètes & de la Poésie

THAU INFO Le quotidien du Pays de Thau – Frontignan 18.3.21

Aujourd’hui Catherine Gaillard-Sarron

Lire l’article

Les poètes luttèrent contre la tyrannie

En éclairant les âmes de leurs vers lumineux,
À tous ils insufflèrent le respect de la Vie
Célébrant la beauté d’un monde merveilleux.

L’auteure séjourne chaque année avec son mari. Mais le couple vient de Suisse où Catherine est une auteure en vue puisqu’elle a publié de très nombreux et divers ouvrages. Elle est aussi connue par la radio. Elle a donc été souvent l’invitée de Musc’art à chacun de ses passages à Frontignan. Puisque nous passons les textes d’auteurs dans l’ordre de leur réception, c’est Catherine qui nous propose ce jour deux de ses poèmes.

Le triomphe de la poésie

Pleins de ressentiment pour leurs frères humains

Sont partis les poètes, abandonnant la Terre ;

Assoiffés d’absolu, sans espoir pour demain,

La planète ont quitté pour de vaines chimères.

Longtemps ils ont erré au cœur des galaxies,

En quête d’espérance, en quête d’harmonie,

Cherchant dans les Ténèbres où vibrait l’Univers

La trace originelle de l’Insigne Lumière.

Mille constellations leurs yeux ont contemplé,

Découvrant la splendeur de mondes ignorés ;

Mille difficultés ils durent affronter,

Confrontés au néant et à la vacuité.

Au cours de ce voyage, saisissant de beauté,

Un vertige les prit devant l’immensité ;

Ils se sentirent perdus face à cet Infini,

Poussière insignifiante dans ce monde sans vie,

Et leur cœur se serra en songeant à la Terre,

Ce monde regretté où sévissait la guerre,

Cette planète bleue qu’ils avaient désertée

Féconde d’une vie précieuse et méprisée.

En dépit de l’éclat des astres étincelants

Et de l’exaltation née de cette odyssée,

S’installa en leur âme un vide sidérant,

Avivant la douleur des racines coupées.

Dans l’espace glacé gémissant de silence

Vint la mélancolie infiltrer leur esprit,

Alors tous ils revinrent vers la Terre et la Vie,

Conscients que de leurs vers dépendait l’existence.

Les poètes luttèrent contre la tyrannie

En éclairant les âmes de leurs vers lumineux,

À tous ils insufflèrent le respect de la Vie

Célébrant la beauté d’un monde merveilleux.

Et vint cet idéal recherché en tous lieux,

Ce rêve inespéré de paix et d’harmonie,

Et vint ce paradis recherché dans les cieux

Où l’amour triompha grâce à la poésie…

© Catherine Gaillard-Sarron – Poème extraits du recueil « Intemporalité » 2017 ».

L’insaisissable

Fugace instant du regard qui se pose

Qui le temps d’une grâce saisit l’insaisissable,

Traversant la membrane de conscience vivante

Qui sépare les mondes et pourtant les anime.

Indicible durée où le regard se pose,

Durant laquelle on voit, durant laquelle on sent,

Où conscience soi-même s’écarte un peu le voile

Permettant à l’esprit d’en goûter l’ineffable,

D’entendre en soi la source couler dans l’Univers,

D’y approcher son âme pour la désaltérer

Et d’apaiser la soif qui sans fin la tourmente.

Indicible seconde où le regard se fond,

Où le temps d’un éclair il abolit l’espace,

Décousant le présent, franchissant le néant,

Révélant l’invisible dans cette déchirure,

Accordant à l’esprit, tourné vers ce dedans,

D’en saisir la substance et d’en chercher le sens.

Indicible durée où tel un papillon

Se pose le regard sur le bord du réel,

Où ainsi qu’une main emportée par l’élan,

Il perce l’au-delà plongeant dans l’inconnu,

Rapportant de ces lieux visions et intuitions

Que l’esprit inlassable traduira en images.

Car cela ne dure pas, éphémère est la grâce.

De ces instants fugaces, demeure le poème :

Mémoire du voyage vécu par la conscience

Qui captant, réceptive, ce langage hermétique,

A donné sens et forme à ce qui n’en a pas,

Témoignant grâce au verbe de ce monde invisible.

Fugace instant du regard qui se pose

Qui le temps d’une grâce saisit l’insaisissable

Pénétrant la mémoire de l’Essence invisible

Qui toute chose imprègne et toute chose inspire…

 

© Catherine Gaillard-Sarron – Poème extraits du recueil « Intemporalité » 2017 ».

59e Musc'art 7 sept. 2017

Un 59e Musc’art en noir et blanc et en couleurs…

Retour à la case Côté Mer, ce jeudi 7 septembre, pour le 59e Musc’art qui, comme à son habitude, recevait deux invitées. La première, écrivaine venue de Suisse, donne à Musc’art depuis ses débuts son empreinte internationale. La seconde, artiste peintre et plasticienne, est venue de Sète avec son œuvre sous le bras et sur une clé USB parce que Musc’art s’équipe peu à peu, avec un écran et un projecteur pour gagner son indépendance matérielle.

Article Pierre Mamier 11.9.17

Un 59e Musc’art en noir et blanc et en couleurs…

Retour à la case Côté Mer, ce jeudi 7 septembre, pour le 59è Musc’art qui, comme à son habitude, recevait deux invitées. La première, écrivaine venue de Suisse, donne à Musc’art depuis ses débuts son empreinte internationale. La seconde, artiste peintre et plasticienne, est venue de Sète avec son œuvre sous le bras et sur une clé USB parce que Musc’art s’équipe peu à peu, avec un écran et un projecteur pour gagner son indépendance matérielle.

Angela Mamier s’est donc d’abord attachée, pour celles et ceux qui ne la connaissaient pas encore, à la présentation de Catherine Gaillard-Sarron, de passage à Musc’art pour la cinquième fois, fidèle adhérente qu’elle est à l’association.

Résidant près d’Yverdon, elle est une auteure en vue en Suisse où elle publie et fait entendre à la radio son œuvre conséquente de romans, poèmes et nouvelles. Sa poésie est pour elle « un chemin de solitude, de silence, de connaissance de soi et de l’essentiel ». Porteuse d’une intense « gratitude pour la vie, la nature, l’amour, le sacré et la transcendance », Catherine se montre « compassionnelle et chaleureuse vis-à-vis des gens » et donc très humaine. Et cela se retrouve amplement dans son dernier ouvrage, un second roman policier (après « Allons voir si la rose »). Dans « Délit de fuite », où l’intrigue se révèle finalement secondaire, elle met en scène des personnages dont elle s’approprie le caractère et les pensées afin de sonder les noirs méandres de l’âme humaine.

La lecture des extraits de son livre en a fait ressortir des images en noir et blanc  typiques de l’univers des grands polars – d’où le qualificatif « d’écriture  visuelle », avancé par une dame du public – avec en plus cette « touche humaine et sensible » propre au talent de l’auteure.

La poétesse a ensuite répondu à la main tendue par l’animatrice, à propos de la poésie, son pourquoi, son édition, sa vente, son rapport avec le public français. Une proposition est apparue : que les poètes fassent des efforts pour aller à la rencontre des gens.

Les thèmes abordés par Catherine, comme le temps qui passe – d’où la lecture du poème-titre de son prochain volume “Intemporalité”, très applaudie, comme celle des autres poèmes – et la fugacité des choses, sauf celles de la nature, « toujours là », ont toutefois de quoi convaincre les plus hésitants devant la poésie.

La personnalité de Michèle-Françoise Tartier a ensuite tranché par rapport à la réserve distinguée de Catherine Gaillard-Sarron. C’est que l’artiste sétoise est passée par divers parcours de vie parfois tumultueux, lesquels ont d’ailleurs peut-être influencé ses choix artistiques. Éprise de liberté et de mouvement, M.F. Tartier s’est aussi trouvé une passion avec tout ce qui est textile. Au point que cette prédilection pour tout ce qui est fil est venue s’insérer dans ses toiles. Elle a alors cousu, collé, réparé et créé ces tranches de vie en forme de métaphores sur des toiles différemment structurées et toujours très colorées, pour être la créatrice de cet « art sauvage et pas superficiel », peut-être en réaction à des moments de vie restés dans l’ombre. S’inspirant de tout, allant jusqu’à mettre des volumes sur ses toiles, elle a développé son originale personnalité en s’octroyant tous les droits que lui permettent les tissus.

Il fut un temps où la géométrie lui a donné ces lignes orthogonales qui traversent certains tableaux mais cela ne l’empêche pas actuellement de travailler sur un thème tout à fait important et peu usité, la Bible !! En commentant sur l’écran une sorte de rétrospective de toute son œuvre, M.F.Tartier a su retenir l’attention du public de ce soir-là, un peu réduit, du fait de vacances pas terminées pour tous.

Après la rencontre de ces deux personnalités attachantes, Stéphanie a servi un repas méticuleusement concocté par ses soins qui est venu clôturer la soirée Musc’art de la meilleure des façons.

Pierre Mamier Journaliste Thau Info 11.9.17

44e Musc'art 5 mai 2016

Musc’art n°44 : Voyages, voyages….

On ne sait pas trop où est monté le fidèle public de Musc’art en ce jeudi de l’Ascension mais, bien qu’ils se fussent excusés, nos muscartiers absents ont raté une rencontre tout aussi riche que les autres et c’est la vingtaine de personnes présentes qui ont profité des deux nouveaux invités qu’Angela Mamier a eu grand plaisir à faire (re)découvrir.

Article Pierre Mamier 9.5.16

Musc’art n°44 : Voyages, voyages…

 

On ne sait pas trop où est monté le fidèle public de Musc’art en ce jeudi de l’Ascension mais, bien qu’ils se fussent excusés, nos muscartiers absents ont raté une rencontre tout aussi riche que les autres et c’est la vingtaine de personnes présentes qui ont profité des deux nouveaux invités qu’Angela Mamier a eu grand plaisir à faire (re)découvrir.

Catherine Gaillard-Sarron : un désir d’harmonie

Catherine Gaillard-Sarron est maintenant une fidèle habituée des séances Musc’art. En effet, en venant de Suisse pour quelques vacances, elle marque par là, avec son mari, son attachement pour Frontignan, sa plage et ses espaces naturels, domaines d’élection pour son inspiration d’écrivaine. Et quand il s’agit de se ménager un moment pour souffler dans son parcours de « marathonienne de l’écriture », elle ne manque pas d’accepter l’invitation d’Angela Mamier, pour au moins présenter son dernier ouvrage.

Toute auréolée d’un lourd C.V., avec quinze recueils de poèmes, six de nouvelles, un roman, deux C.D., des interventions pour des lectures à la radio suisse romande, Catherine a reçu une quarantaine de prix littéraires et des commentaires très élogieux d’admirateurs des plus justifiés.

Grande spécialiste de la nouvelle, qu’elle maîtrise à la perfection, d’une sensibilité extrême quand il s’agit d’évoquer la nature ou l’amour, elle a parlé jeudi de son dernier ouvrage, un roman, « Allons voir si la rose », une sorte de polar sociétal moderne, truffé de traits d’humour acides ou acérés, pour lequel une admiratrice a qualifié Catherine de « championne olympique des dévoisineurs », puisque l’auteur y traite d’une manière originale des problèmes de voisinage.

Ce qui fait dire à Catherine que dans ses histoires, elle aime « témoigner de l’époque dans laquelle nous vivons ». Et quand il y a problème, c’est là qu’elle avoue désirer « créer l’harmonie sur Terre ». Infatigable marathonienne de l’écriture, elle reconnaît que sur une île déserte (où elle pourrait fuir la méchanceté et la médiocrité, qu’elle n’aime pas), elle emmènerait du papier, un crayon et des livres, ce qui, comme dans la vie courante, l’aiderait à combattre l’ennui, qu’elle redoute au plus haut point. D’où ce travail acharné auquel elle s’adonne régulièrement pour produire une œuvre qui prend de plus en plus d’épaisseur, au fil des expériences de vie qui l’inspirent et la font de plus en plus réagir en philosophe qu’elle devient, croyons-nous, surtout quand elle parcourt les chemins de la nature bucolique et poétique, ce qui renforce sa conscience de la vie et lui apporte cette quiétude et cet équilibre qui s’exhalent de sa personne.

Une conscience qui imprègne profondément son dernier recueil “Chemins de traverse” et entraîne le lecteur bien au-delà des sentiers battus. Catherine, que l’on retrouvera bientôt avec des nouveautés, comme du slam, autre moyen de s’intégrer dans la vie artistique moderne.

Jean-Marie Leclercq : une deuxième vie pour la poésie.

Avec Jean-Marie Leclercq, c’est le monde de la poésie – que Catherine Gaillard-Sarron connaît bien aussi – qui ce jeudi soir, a repris le pouvoir, avec force et conviction.

Si Jean-Marie Leclercq possède aussi à son palmarès, bon nombre de livres et essais qui ont été couronnés par des prix et des échos élogieux dans la presse, il n’en a pas moins eu un parcours d’écrivain-poète atypique. Il a en effet consacré sa vie professionnelle aux plus hautes responsabilités qu’il a tenues dans de grandes entreprises et ceci, dans le monde entier, de la Suède à l’Afrique du Sud, de l’Angleterre à Sao Tomé, en passant par la Roumanie (tiens, tiens !). Mais désormais, sa « grande entreprise », c’est la poésie, qu’il avoue être pour lui, « une deuxième vie », surtout depuis qu’il est descendu dans le sud, à Montpellier, pour laquelle il a eu un véritable coup de cœur. C’est en effet là qu’il s’est intégré à la Maison de la Poésie et qu’il s’est lié d’amitié avec le grand Jean Joubert, qui l’amis sur les rails du succès. C’est d’ailleurs son dernier livre, « Le labyrinthe du silence », qu’il va présenter bientôt à un concours à Lyon, qui a été l’objet des échanges ce jeudi, avec Angela Mamier et le public. Pour dire que la poésie est pour lui, « l’artisan des mots…qui aime la difficulté », un art exigeant, qui lui permet de « rendre à la vie ce qu’elle lui a pris ou refusé ». Se considérant aussi comme « un parasite sacré » ou « le dernier aventurier du XXIè siècle », il demande à ce que le poète « reste soi-même » et « laisse une trace de son temps », tout en « habitant sa vie ». Pour qui a écrit sur le silence, ce sont des paroles qui pèsent bien lourd dans la bouche de ce véritable passionné de la région où il habite et qui l’inspire.

Un homme et une femme attachants, sincères, aux paroles qui marquent les esprits et aux écrits qui emportent l’adhésion de leurs fidèles lecteurs, voilà ce que le 44è Musc’art a de nouveau permis de souligner et d’éclaircir en matière de parcours et de sacrifices pour l’écriture et de mystères chez les écrivains-penseurs.

Le repas à la sétoise servi par Stéphanie, de Côté Mer, a prolongé les échanges intéressants de la soirée.

 

Pierre Mamier Journaliste Thau Info 

30e Musc'art 7 mai 2015

Le Musc’art de Frontignan continue à se boire régulièrement…

Le Musc’art de Frontignan continue à se boire régulièrement et agréablement par son fidèle public, qui est venu, pour certaines personnes des 23 présentes, pour la trentième fois, jeudi dernier 7 mai, au restaurant « Côté Mer » de Frontignan plage, écouter les deux invités du jour d’Angela Mamier, l’écrivaine venue de Suisse, Catherine Gaillard-Sarron et le chantre de la culture sudiste, venu de Caux (et non du pays de Caux, en Normandie !), le professeur Jean-Claude Seguela.

Article Pierre Mamier 11.05.15

30e Musc’art

Le Musc’art de Frontignan continue à se boire régulièrement et agréablement par son fidèle public, qui est venu, pour certaines personnes des 23 présentes, pour la trentième fois, jeudi dernier 7 mai, au restaurant « Côté Mer » de Frontignan plage, écouter les deux invités du jour d’Angela Mamier, l’écrivaine venue de Suisse, Catherine Gaillard-Sarron et le chantre de la culture sudiste, venu de Caux (et non du pays de Caux, en Normandie !), le professeur Jean-Claude Seguela.

Catherine Gaillard-Sarron n’était pas tout à fait une inconnue pour certains, ce soir-là, puisqu’elle avait déjà été invitée deux fois à Musc’art, mais l’écrivaine est très prolifique et elle vient d’ajouter deux livres aux seize déjà parus auparavant, un livre de nouvelles, dans lesquelles elle excelle, « Paquet Surprise » et un recueil de poèmes où elle n’est pas en reste d’inspiration ni de talent, « Notre Dame Nature ».
Après l’évocation, par Angela Mamier, du parcours littéraire riche et varié de Catherine, cette dernière a parlé de son œuvre, avec ses mots et dans un style naturellement fluide, si proche de son écriture.

Elle a alors présenté son travail comme « un travail artisanal, exigeant quand même, comme celui des confitures-maison », où elle fait côtoyer l’ombre et la lumière, la légèreté et la gravité, l’humour et le réalisme, dans 46 nouvelles, parfois fantastiques,  écrites « pour donner forme à sa pensée et qui respectent la grande loi d’un nombre réduit de personnages et surtout de la « chute » finale, toujours surprenante…

Catherine Gaillard-Sarron aime raconter des histoires. Son écriture se veut « libératoire et jubilatoire ». Elle s’inspire de la vie de tous les jours et les héros de ses histoires peuvent parfois changer le monde. Il s’installe alors une  étrange alchimie entre ces personnages et l’auteure dans des fictions où Catherine est partout présente, d’où son affirmation « j’écris avec mon cœur et mon âme et j’encourage tout un chacun à en faire autant…. ».

Elle a ensuite donné quelques échantillons de ses écrits où le fantastique se marie à la poésie, dans une originalité d’inspiration qui plaît tellement à la Radio Suisse, que 15 nouvelles de Catherine y ont été lues !

Côté poésie, avec « Notre dame Nature », Catherine s’engage dans « une quête invisible de perfection, qui échappe toujours », avec la vie, qu’elle raconte et dont elle veut en extraire le miel, mais, prévient-elle, « les abeilles disparaissent » !

Les 70 poèmes de son livre évoquent les  quatre saisons qui passent, à la campagne, où elle vit et qu’elle connaît bien et elle avoue que « c’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors… ». La nature, son silence, son chêne, ses morilles (dont elle est une grande spécialiste!), le chant du coucou…jalonnent son parcours d’inspiration et d’écriture presque rousseauistes où Mère Nature est omniprésente.

D’où le cri du cœur d’un admirateur présent ce soir-là et qui se demandait pourquoi « une telle pédagogue de l’écriture ne serait-elle pas indispensable aux enfants des écoles… », une question qui pourrait bien avoir une réponse positive un jour prochain !

Avec Jean-Claude Seguela, point de nouvelles ni de chute mais nous sommes quand même renversés, par toute sa culture et la conviction qu’il  met dans la présentation de l’histoire de l’Empire Romain et de la latinité, qui se sont étendus de l’Ecosse à la Mer Noire.  Et qui dit Mer Noire, dit…Roumanie, ce qui n’était pas pour déplaire à Angela Mamier, dont la langue de son pays a été européenne avant la lettre et dont sa connaissance approfondie lui a permis d’apporter quelques compléments de culture intéressants à l’excellent orateur qu’est Jean-Claude Séguela.  Lequel nous a fait voyager, en historien et lettré qu’il est, dans le temps de la Voie Domitia, de la Narbonnaise et de la Septimanie (venant de la 7è légion de César !) où l’occitan a été la première langue latine romaine, pendant que l’empereur Trajan (un Ibère) allait à la conquête de la Dacie, la future Roumanie.
Et avec force cartes, Jean-Claude Seguela de montrer que l’Occitanie s’étendait jusqu’à Limoges et que le latin s’est consolidé par le biais des savants et des religieux, pendant que le latin-romain, ou « roman continental », se révélait le dénominateur commun des langues portugaise, espagnole, française et italienne. Une parenthèse au Moyen-Age, où les Wisigoths sont revenus pour donner un coup d’arrêt brutal à la civilisation courtoise mais aussi sa forme à l’actuelle croix du Languedoc !

Après une petite rencontre-signatures autour des livres de Catherine Gaillard-Sarron et du professeur Jean-Claude Seguela, Stéphanie, la patronne de Côté Mer, a servi à une grande table le repas du soir dont elle a toujours le secret.

Pierre Mamier Journaliste Thau Info 

23e Musc'art 2 oct. 2014

Ce 23e Musc’art s’est encore déroulé d’une manière différente des précédents.

Une abondance de livres – romans et poésie, photos d’art -, un rétroprojecteur d’images, un drap blanc pour l’écran et un piano sont venus s’intégrer dans le cadre de la salle de restaurant de l’établissement où les rangées de fauteuils se sont elles aussi allongées à partir de 18h, pour qu’un public de presque 40 personnes assiste à la présentation des invités du jour d’Angela Mamier: Catherine Gaillard-Sarron écrivaine franco-suisse venue de Chamblon, près de Lausanne, dans le canton de Vaud, en Suiss

Article Pierre Mamier 6.10.14

23e Musc’art

Ce 23ème Musc’art « Côté Mer » du 2 octobre s’est encore déroulé d’une manière différente des précédents. Une abondance de livres – romans et poésie, photos d’art -, un rétroprojecteur d’images, un drap blanc pour l’écran et un piano sont venus s’intégrer dans le cadre de la salle de restaurant de l’établissement où les rangées de fauteuils se sont elles aussi allongées à partir de 18h, pour qu’un public de presque 40 personnes assiste à la présentation des invités du jour d’Angela Mamier : Catherine Gaillard-Sarron écrivaine franco-suisse venue de Chamblon, près de Lausanne, dans le canton de Vaud, en Suisse, puis Gilles Garnier, reporter-artiste photographe et écrivain venu de Provence présenter un montage de photos accompagné de ses textes dits par lui-même et au piano par Nadine Lavagna, concertiste frontignanaise, qui pour expatrier désormais son talent était ce soir-là chez elle

Toute auréolée d’un impressionnant palmarès de titres, récompenses et publications, que ce soit dans le domaine de la poésie ou de la prose, pour des nouvelles, Catherine Gaillard-Sarron est une sommité dans le milieu littéraire et artistique vaudois et suisse où elle continue de publier livres et textes, lus à la Radio Télévision Suisse.

Mais ce dernier jeudi c’est à travers son dernier recueil de poésies, « La terre de l’Aimé » qu’elle a pu exprimer bon nombre d’idées personnelles sur cet ouvrage et celui auquel il est dédié, son mari,  ainsi que sur la poésie en général.

Cette « diseuse de vie » puise dans son quotidien et la contemplation de la nature, l’essence, l’essentiel même de ses émotions pour écrire « cette poésie-contrepoids à la laideur du monde qui l’aide à vivre ». Puisque « les poètes sont en voie de disparition » selon Catherine, ne comptons pas sur elle pour s’en affranchir. D’autant plus qu’elle fait aussi de la politique, savez-vous ?

Et d’affirmer que  «  la meilleure politique de la vie , c’est…s’aimer ». Tout simplement. Et quand elle le dit, le lit et l’explique, quand elle veut faire réfléchir les gens sur son propre couple, les lois de l’amour et ses secrets, son quotidien donc, elle avoue que « son mari est sa muse ». Oh le chanceux ! Et de trouver que, « si la passion peut être parfois dangereuse et faire aller voir ailleurs », « elle trouve tout dans son mari », dont elle loue tous les bienfaits qu’elle trouve en sa compagnie et dans les voyages de découvertes de l’Aimé qu’elle fait avec lui.

Dans ses nouvelles de fiction, deux volumes à paraître en novembre 2014, « La fenêtre aux alouettes » et « Paquet surprise », les histoires de ses personnages ne sont que l’écho d’une réalité que nous portons tous en nous. Diseuse de vie et d’amour donc, et prophète d’un monde merveilleux et désirable, meilleur que l’actuel, Catherine Gaillard-Sarron mérite assurément tout l’attachement dont elle est l’objet de la part de ses admirateurs, qu’ils soient hommes ou femmes, qui trouveront dans la sève de ses textes, la substantifique moelle de la vie à vivre.

Avec Gilles Garnier, arrivé en droite ligne de Fontvieille, le pays de Daudet et village d’élection d’Yvan Audouard, célèbre chroniqueur du Canard Enchaîné, c’est d’autres voyages dont il a été question à travers la projection de ses photos noir et blanc sur lesquelles il a collé oralement ses textes poétiques et les morceaux pour piano joués par Nadine Lavagna, la pianiste et concertiste frontignanaise de renom. Grand voyageur devant l’Eternel, Gilles Garnier a parcouru le monde entier, l’Afrique, l’Inde, le Ladakh, le Népal, l’Irlande et bien sûr la Provence pour, au fil de ses rencontres, saisir les regards, les lumières avec ses contrastes, les corps féminins, la ville et l’eau, des thèmes récurrents dans ses choix de vues. Sa poésie est descriptive dans ce qu’elle comporte de départs, de séparations, de tristesse et de solitude grise et brumeuse « à l’irlandaise » mais aussi d’humour et d’amour de la vie aussi, finalement. Un univers vraiment attendrissant et attachant, qui reprend des couleurs dans son magnifique ouvrage, « Murmures d’images », fait pour un joli cadeau de Noël !

Le temps a suspendu son vol pendant l’évocation de l’univers de Gilles Garnier, soutenu par les douces et gaies notes de Nadine et le public n’avait plus qu’à rejoindre la terrasse de « Côté Mer » pour savourer la cuisine de Stéphanie, dans la nuit tombante et soyeuse de ce 23è Musc’art…

 

Pierre Mamier Journaliste Thau Info 

9e Musc'art 6 juin 2013

A la Casa di Luigi le 6 juin 2013

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Cette soirée Musc’art, 9ème du nom, s’annonçait un peu spéciale ce jeudi soir. Elle a tenu ses promesses. Par la qualité et l’origine des invités, plus nombreux qu’à l’habitude. D’où le risque inévitable de poser problème aux temps de prise de parole. Mais à 20h, après deux heures d’intenses échanges, l’on passait à table, celle de la Casa di Luigi, pour le dîner convivial qui a rassemblé presque tous les 35 participants à la soirée.

Article Pierre Mamier 6.10.13

9e Musc’art

Cette soirée Musc’art, 9ème du nom, s’annonçait un peu spéciale ce jeudi soir. Elle a tenu ses promesses. Par la qualité et l’origine des invités, plus nombreux qu’à l’habitude. D’où le risque inévitable de poser problème aux temps de prise de parole. Mais à 20h, après deux heures d’intenses échanges, l’on passait à table, celle de la Casa di Luigi, pour le dîner convivial qui a rassemblé presque tous les 35 participants à la soirée.

Comme à son habitude, Angela Mamier a salué la nombreuse assistance avant d’introduire l’invitée principale, Catherine Gaillard-Sarron, venue d’un petit village de rêve, Chamblon, près d’Yverdon, en Suisse, pour deux semaines de vacances à Frontignan, près de cette mer qu’elle ressent si profondément dans ses œuvres. Des œuvres, nombreuses et variées, poèmes, nouvelles, romans, CD… énumérées par Angela avant qu’elle ne passe aux premières questions pour l’invitée, afin de mieux cerner – avec l’aide de Claude, son mari – sa personnalité, ses goûts, son parcours, ses raisons d’écrire et ses livres, bien sûr, dont le dernier, « éMerveillement ».

Artiste dans l’âme, férue de musique classique, de peinture, de lecture… aimant l’aigle–oiseau, l’amitié, « les artistes qui transmettent des émotions » et la mer, Catherine a lu quelques poèmes où l’on a retrouvé ses couleurs préférées, le bleu (mer), le vert (nature), le jaune (soleil) et le rouge (passion) et en a fait entendre quelques-uns, accompagnés de musique, extraits de son CD. Les questions du public ont essayé de faire émerger le thème du temps qui passe et une sorte de débat sur musique et poésie, vieillesse et jeunesse, a donné quelques teintes philosophiques à cette rencontre avec l’écrivaine.

C’était ensuite à trois lauréats du concours de poésie internationale « De la poésie avant toute chose », organisé par le journal en ligne Thau Info ( représenté ce jeudi soir par Jacques Carles, l’un de ses deux responsables) et…Angela Mamier, de passer sur le grill des questions de l’animatrice, avant qu’elle ne leur remette leurs diplômes. Le premier d’entre eux, Bernard Gasco, grand vainqueur du concours, était présent et bien que Parisien, venait de Bouzigues, chargé de toutes sortes de surprises, pour ceux qui ne le connaissaient pas. Verve et humour n’ont pas quitté cet artiste complet de toute la soirée où il a exprimé une forte personnalité tout en lisant des extraits de son œuvre elle aussi très diversifiée et honorée par une critique dans « le Figaro ». De gaies anecdotes n’ont pas compensé une certaine amertume propre à un artiste « honni », qui vivrait comme beaucoup d’autres poètes dans “la solitude”.

Angela revenait ensuite vers Catherine Gaillard-Sarron, son invitée d’honneur, pour lui remettre son diplôme de lauréate du prix des poètes Francophones du concours « De la poésie avant toute chose », lancé par Thau-Info.

A sa suite, Jean-Louis Kerangueven, poète primé, venu de Montpellier, a lui aussi évoqué la solitude des auteurs et le vide de l’existence, tout en chantant la nature, l’eau, les pierres et les arbres de sa Bretagne natale où il retrouve un équilibre salutaire quand il cherche le devenir de l’Homme dans le silence des écrits des maîtres chinois qu’il révère.

Enfin, Sabine Normand, elle aussi venue de Montpellier, est une experte en matière d’ateliers d’écriture et a écrit de nombreux ouvrages de nouvelles, récits et poèmes, tout en publiant dans les domaines de l’architecture, du patrimoine bâti, du textile et récoltant de nombreuses distinctions littéraires. Elle aussi a lu quelques-uns de ses poèmes après avoir découvert des éléments de sa riche personnalité.

Les sujets de conversation ne manquaient donc pas autour des tables dressées en terrasse de la Casa di Luigi et à l’intérieur où invités, famille, amis et auditeurs de la soirée se sont retrouvés pour échanger et déguster les « Pasta di Luigi » qui font son succès.

Pierre Mamier, Journaliste Thau Info 

Midi Libre

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