« Chaque fois qu’une femme se lève, elle se lève pour toute.
— Maya Angelou
La Face cachée du monde
Poèmes
Une parole comme une arme, comme une lumière, qui révèle, éclaire, démasque et libère.
Composée de douze chapitres et quatorze sous-chapitres qui retracent la condition féminine dans toute sa densité et sa diversité, La Face cachée du monde est un recueil de poésie qui met en lumière ce que l’on préfère ne pas voir : la condition des femmes, leurs luttes silencieuses, leurs corps contraints, leurs paroles confisquées, mais aussi leur force, leur courage et leur capacité à aimer et à transmettre.
À travers une écriture directe, sensible et engagée, Catherine Gaillard-Sarron donne voix aux femmes de l’ombre: mères, travailleuses invisibles, amantes déçues, vieilles oubliées, filles sacrifiées. Elle dit la violence patriarcale sans détour, mais laisse aussi affleurer la tendresse, la solidarité et l’espoir.
Ce livre ne cherche pas à plaire. Il cherche à dire.
Car nommer, c’est déjà agir.
Et tant que l’on détournera le regard, le monde gardera sa face cachée.
Mars 2026 – 398 pages
ISBN : 978-2-9701647-1-5
Prix 30 CHF
Programmation
Vernissage le 28 mai 2026
Au Refuge de Chamblon
Plus d’infos
Dans une société en pleine mutation, où la parole des femmes s’affirme, se heurte, se cherche encore,
La Face cachée du monde propose une traversée poétique, lucide et profondément humaine.
La Face cachée du monde
4e de couverture
La Face cachée du monde est un recueil de poésie engagé qui explore les blessures visibles et invisibles de la condition féminine : la violence, l’injustice, l’effacement, la solitude, mais aussi la maternité, la sororité, la résilience et la transmission.
À travers des textes puissants et incarnés, Catherine Gaillard‑Sarron donne voix à celles que l’on ne voit pas, ou que l’on ne veut pas voir.
Ce recueil est une traversée.
Une descente dans les zones d’ombre de notre humanité.
Une parole qui dérange, console, révolte et relie.
Nommer, c’est déjà agir.
La Face cachée du monde est une traversée poétique exigeante, parfois inconfortable, mais nécessaire.
Un livre qui invite à regarder autrement, à écouter ce qui se murmure dans le silence, et à reconnaître la lumière là où elle a trop longtemps été occultée.
Elles sont partout et pourtant si souvent invisibles.
Femmes de l’ombre, mères silencieuses, amantes blessées, travailleuses épuisées, vieillesses oubliées, voix confisquées.
Ce recueil leur rend justice.
La Face cachée du monde traverse la condition féminine comme on traverse une forêt dense : pas à pas, poème après poème, éclairant des espaces que l’on préfère généralement tenir dans la pénombre.
On y rencontre la violence et l’injustice, mais aussi la force, la tendresse, la solidarité et la beauté tenace des femmes qui portent, soutiennent, soignent, résistent.
Avec une langue vibrante et un souffle profondément humain, ces textes dévoilent ce que l’histoire efface, donnent voix à celles qu’on n’écoute pas, et rappellent que chaque femme recèle une lumière que nul ne devrait éteindre.
Un hommage. Un cri. Une renaissance.
Un livre pour voir ce qui était caché — et pour ne plus jamais détourner le regard.
- "Le croque-mots"
- La Face cachée du monde
- Bavardages inutiles?
- Foyers-prisons
- Viol de nuit
- Prédateur ordinaire
- Bienveillance patriarcale
- La sorcière
- Les "Nosferatu" du Net
- L'important n'est pas d'être belle
- Des tortues et des femmes
- La nullipare
- La trompée
- La délaissée
- La boulimique
- Le carrousel de la vie
- La femme du patron
- La serveuse
- La capillicultrice
- La caissière
- Le meilleur et le pire
- La néosorcière
« Le croque-mots »
Pareil au thanatopracteur
Qui restaure et maquille les morts
Le poète embellit et farde
La réalité inaudible.
Par les images, la musique,
Par les formes, les mots choisis,
Il rend présentable aux lecteurs
Des vérités inacceptables.
Il met en forme l’injustice,
Il esthétise la laideur,
Encadrant jusqu’à l’abjection
Dans ses poèmes et ses chansons.
Le poète est un croque-mots,
Comme l’embaumeur un croque-mort,
Tous les deux œuvrent de concert
À rendre l’immonde agréable.
Sous couvert de la cosmétique
Ensemble ils permettent aux vivants
De côtoyer de près la mort
Et la pourriture du monde.
© Catherine Gaillard-Sarron – La Face cachée du monde mars 2026
La Face cachée du monde
Ce peuple dénigré mais qui reste debout….
Je voudrais rendre hommage aux femmes de la terre,
À celles d’aujourd’hui et à celles d’hier,
À toutes ces modestes qui font tourner la terre,
Lui apportant la vie, l’amour et la lumière.
Je voudrais rendre hommage à ce peuple anonyme,
Ce peuple dénigré mais qui reste debout,
À ces milliards de femmes qui dans l’ombre cheminent,
Éclairant le parcours de ceux qui les bafouent.
Ce monde féminin dénigré par le mâle,
Qui ne peut s’affranchir du passage obligé
Et qui, par son mépris et son désir trivial,
Stigmatise la femme là même où il est né.
Je voudrais rendre hommage à ces femmes invisibles
Qui tiennent entre leurs mains de la vie l’indicible,
Cette face du monde occultée par les hommes
Qui la nient et la cloîtrent pour mieux briller, en somme.
Cette face du monde maintenue dans la nuit,
Qu’ils voilent ou qu’ils dévoilent selon leurs avantages,
Cette face d’eux-mêmes qu’ils rejettent et outragent,
Prolongeant cette nuit où s’étiole la vie.
Oh, je veux rendre hommage à ces mères courage,
Ces mères admirables, gardiennes de la vie,
Qui, en dépit des guerres, et de tant d’avanies,
Transmettent sans faillir leur précieux héritage.
Oui, je veux rendre hommage à toutes mes pareilles,
Ces êtres dont les hommes ont amputé les ailes,
Se réservant le ciel en les clouant au sol,
Les empêchant, cruels, de prendre leur envol.
Je voudrais honorer leur goût pour l’harmonie,
Cet art où elles excellent à embellir la vie,
Ce don de rassembler quand les hommes divisent,
Cette énergie vitale qui le monde humanise.
Je voudrais, par mes mots, leur donner la lumière,
Celle dont on les prive mais qui les illumine,
Qu’elles se sachent du monde les dignes héritières
Et capables de vaincre jusqu’aux plus hautes cimes.
Je voudrais, par ces mots, qu’elles se sentent exister,
Qu’elles y puisent la force d’accomplir leurs destins,
Qu’elles se découvrent libres d’avancer vers demain
Et enfantent d’un monde appelé à durer.
Il nous faut rendre hommage aux femmes de la terre,
À celles d’aujourd’hui et à celles d’hier,
À toutes ces modestes qui font tourner la terre,
Lui apportant la vie, l’amour et la lumière.
© Catherine Gaillard-Sarron – La Face cachée du monde mars 2026
Bavardages inutiles
Bavardages futiles, bavardages inutiles !
Ainsi pensent les hommes
Quand s’expriment les femmes,
Imbus de leurs propos jugés plus pertinents,
Rappelant à chacune leur supériorité.
Bavardages futiles, bavardages inutiles !
Ainsi clament les hommes
Quand devisent les femmes,
Les réduisant, hautains, à la médiocrité,
Muselant leur parole avec condescendance.
Que d’orgueil exprimé par ces hommes acerbes
Qui étouffent et occultent sous leur virilité
Angoisse et impuissance qu’ils ne savent affronter,
Inaptes à témoigner de leur propre faiblesse.
Bavardages futiles, mais bavardages utiles.
Ainsi pensent les femmes
Quand se moquent les hommes,
Conscientes que les mots, et que tous bavardages,
Sont la trame invisible des relations humaines,
Convaincues que les mots, même les plus futiles,
Ne sont que des canaux de communication.
Des outils qui conduisent, au cœur et à l’esprit,
L’amour et l’émotion, essentiels à la vie.
Ainsi tissent les femmes du monde le tapis,
Nouant des relations, créant du lien social,
Partageant, échangeant un savoir empirique
Qui relie tous les êtres en les humanisant.
Point de mots inutiles quand les cœurs ils consolent,
Point de mots trop futiles quand la vie ils décrivent,
Quand forts et salvateurs ils délivrent et guérissent,
Libérant la parole des humbles et des soumis.
Pas de mots trop futiles, ni de mots inutiles
Pour dire l’injustice, la joie ou la souffrance.
Murmurés ou criés, ils soulagent et racontent
La grande histoire du monde où chacun à sa page
© Catherine Gaillard-Sarron – La Face cachée du monde, mars 2026
Foyers-prisons ou prisons sociales
Le couple est une cellule
D’une immense prison
Dans laquelle d’autres couples
Vivent leur détention.
Souvent elle se demande
En observant ces couples
Si ses difficultés
Sont également les leurs,
Si être prisonniers
De ces foyers-prisons
Ne crée pas la violence
Qui parfois mène au crime.
Le couple est une cellule
Où vivent deux détenus,
Tour à tour avocats
Victimes ou assassins,
Attaquant, reprochant
À l’autre sa nature,
Plaidant leur innocence,
S’intentant des procès ;
Une vaste prison
Où chacun vit sa peine,
Enfermés côte à côte,
Moroses et incompris,
Une maison d’arrêt
Où plus rien ne se passe,
Où l’amour et la joie
Ont déserté les cœurs ;
Une cage, une taule,
Un trou sans fond ni bords,
Dont la clé est perdue
Mais la porte entrouverte,
Un lieu où condamnés,
Quelques mois ou à vie,
On purge le délit
D’avoir tenté d’aimer.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde mars 2026
Viol de nuit
Elle aime son mari.
Elle a confiance en lui.
Un père et un grand-père,
un bon père de famille.
Pourtant, quand vient la nuit,
il trompe sa confiance
et, sans son consentement,
la sédate et la viole.
Elle a confiance en lui,
mais il la vend sur Internet,
la livre à d’autres mâles,
obscènes, comme lui.
Maquignon, proxénète,
d’un corps qu’il s’approprie
et qu’il jette en pâture
à la meute perverse.
Un corps qu’il salit et qu’il souille,
celui de sa compagne,
la mère de ses enfants,
offerte à d’autres mâles
dans le lit conjugal.
Un mari exemplaire,
un bon père de famille,
qui filme les ébats,
les visionne en cachette.
Qui, au petit matin,
comme si de rien n’était,
demande à son épouse
si elle a bien dormi.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
Prédateur ordinaire
Il est contre elle.
Sur elle.
Il n’a pas d’arme.
Seulement son corps,
Sa violence,
Son désir obscène.
Elle est terrorisée.
Sidérée.
Comme dans un mauvais rêve.
Elle ne peut pas crier.
Elle ne peut plus bouger.
Le corps figé.
Il parle.
Elle n’entend pas.
Elle est ailleurs.
Réfugiée dans sa tête.
Il ahane.
Puis la lâche.
S’enfuit.
Prédateur ordinaire
Protégé par la nuit.
Par le silence des autres.
Par la culture du viol.
Elle pleure.
De honte.
De douleur.
D’impuissance.
À quoi bon porter plainte.
Personne n’a rien vu.
Pas de preuve de refus,
De marques défensives.
La souillure la plus grave
Ne marque que l’esprit.
Elle sera questionnée,
Soupçonnée,
Humiliée.
Finalement accusée
D’y avoir survécu.
Si pour toute agression
On conseille aux témoins
De ne pas intervenir
De ne pas s’interposer,
Le viol est le seul cas,
Où, lors d’une agression,
On reproche à la femme
Son inertie forcée.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
Bienveillance patriarcale
Face aux violences conjugales,
À leur déni systématique ;
Face aux viols, aux féminicides,
Peu condamnés par la justice ;
Face à l’inertie des instances,
À l’omerta, aux représailles ;
Face au soutien des agresseurs,
Au détriment de la victime ;
Face aux stéréotypes de genre,
Aux mépris des signalements ;
Face aux menaces encourues
Quand plainte est enfin déposée ;
Face à l’ignoble impunité
Dont jouissent les criminels,
Les femmes battues par les hommes,
Pour ne pas périr sous leurs coups,
N’ont d’autres options, hormis la fuite,
Que le suicide ou l’homicide.
Face au calvaire de ces femmes
Cognées en toute indifférence ;
Face à la peur et la souffrance
Endurées parfois des années ;
Face à la stigmatisation
Qui les isole et les inhibe ;
Face à la honte ressentie
Qui les retient de porter plainte ;
Face à la culpabilité
Qui leur fait garder le silence ;
Face à l’emprise et aux enfants
Qui les attachent à leurs bourreaux ;
Comment ne pas se révolter
Devant l’inaction des instances ?
Comment ne pas être choqué
Par cette indulgence assassine,
Cette tolérance indécente
Qui double la peine des femmes !
Face à ces femmes abandonnées
Par la police et la justice ;
Ces femmes livrées sans procès
À la brutalité machiste ;
Dont la parole est mise en doute
Au profit de leurs agresseurs ;
Dont l’existence menacée
N’est prise en compte par personne ;
Face à ces femmes maltraitées,
Ces femmes brisées par les hommes,
Il faut condamner fermement
Cette violence systémique,
Cette hostilité misogyne
Héritée du patriarcat ;
Condamner cette bienveillance
Qui protège les agresseurs,
Mais tue en toute impunité
Des femmes, des mères et leurs enfants ;
Condamner cette ignominie
Et ses dérives meurtrières,
Indignes d’une société
Qui se prétend républicaine.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La sorcière
Les hommes ont inventé l’enfer,
La religion, et Lucifer ;
Puis le sabbat et les bûchers,
Profitant de l’Inquisition
Pour persécuter et brûler
Des milliers de femmes innocentes
Qu’ils accusaient d’être sorcières.
Des femmes libres, des femmes sages ;
Des êtres trop indépendants,
Qui échappaient à leur contrôle
Et menaçaient l’ordre établi.
Des femmes affranchies des normes
Qu’il fallait remettre à leur place,
Avec le Marteau des sorcières
Et la torture et le bûcher.
Église et État solidaires
Dans ce massacre abominable,
Complices des pires sévices
Pour soumettre ces femmes fortes,
Pour briser leur autonomie
Et asseoir leur domination.
Des femmes au savoir ancestral,
Enviées autant que redoutées,
Qui conseillaient et guérissaient
Ceux qui finirent par les lyncher.
Durant des siècles on les traqua,
Pourchassant les célibataires,
Les vieilles femmes, et les veuves,
Et toutes celles qui savaient
Soigner le mal par les simples,
Les dénonçant comme sorcières
À la vindicte populaire.
On en fit des boucs émissaires,
Les accusant de tous les maux :
De forniquer avec le diable
Ou de jeter des maléfices,
Jouant sur la superstition,
La terreur et la damnation,
Inoculant dans les esprits
Par cette ignoble propagande,
Une haine indéracinable
Pour les femmes émancipées.
On ne brûle plus les sorcières
En les jetant sur les bûchers ;
Mais la haine est toujours vivace
Et les démons sont dans les hommes
Qui les défigurent à l’acide,
Les assassinent et les démembrent.
Des hommes au pouvoir maléfique
Qui séduisent et charment les femmes,
Les ensorcellent et les envoûtent,
Puis – impitoyables – les livrent
À la vindicte populaire
Des nouveaux bûchers numériques.
Des femmes sont libres aujourd’hui…
Mais des millions ne le sont pas !
Toujours unis et solidaires
Dans une haine inexplicable,
Les pervers et les misogynes,
Les sadiques et les fanatiques
Sévissent toujours sur la terre
Et font de leur vie un enfer,
Au point que ces millions de femmes
Désespérées et maltraitées
Trouvent plus enviable l’enfer
Qu’on leur promet après la mort…
© Catherine Gaillard-Sarron – Ex-Slamation 2.2024
Les « Nosferatu » du Net
Venimeux arachnides
Dont la toile est le Net,
Ils espionnent leurs proies
À travers leurs écrans,
Attendant le moment
D’y enfoncer leurs crocs.
Tapis dans leur tanière,
Toxiques et malveillants,
Ils choisissent des femmes,
Vulnérables ou visibles,
Profitant du réseau
Pour violer leurs systèmes.
Ils agissent dans l’ombre,
Motivés par la haine,
Sanctionnant leurs actions
Et leur indépendance,
Misogynes et unis
Dans leur désir de nuire.
Jaloux de leurs succès,
Les suivent et les poursuivent
Sur les réseaux sociaux,
Agressifs et mauvais,
Masquant sous leurs attaques
Leur propre insignifiance.
Sans trêve ils les menacent,
Les traquent et les insultent,
Soulageant leurs pulsions,
Vengeant leurs frustrations,
Révélant par ces actes
Leur infériorité.
Leur beauté les dérange
Leur talent les dérange
Leur présence dérange ;
Alors ils les harcèlent,
Détruisant chez ces femmes
L’assurance qu’ils n’ont pas.
En toute impunité,
Protégés par le Net,
Ils les chassent et les trollent,
Anonymes et violents,
Les expulsant du monde
Virtuel et réel.
Inquisition en ligne,
Sauvage et arbitraire,
Qui d’un clic désigne
De nouvelles sorcières,
Les livrant sans procès
Aux bûchers numériques.
« Nosferatu » terrés
Dans les failles du Net,
Ils hantent les réseaux
Et surveillent les femmes,
Les mordant à la gorge
Aussitôt qu’elles s’expriment.
Pareils à des vampires
Œuvrant dans les ténèbres,
Ils tourmentent les femmes,
Les empêchant d’agir,
Les forçant à se taire,
Leur plaquant sur la bouche
Un bâillon numérique,
Reproduisant en ligne
Ce qu’ils font en réel :
Bâillonner leur parole
Et les rendre invisibles !
© Catherine Gaillard-Sarron –La face cachée du monde – mars 2026
L’important n’est pas d’être belle
On attend d’elles qu’elles soient belles !
Au-delà de leurs compétences,
Affront à leur intelligence,
On les veut avant tout sexy,
Obéissantes aux injonctions
Des hommes et de la société.
Trophées exhibés par les mâles,
Signes extérieurs de leur puissance,
Ou potiches décoratives,
Plantées loin des affaires du monde,
Elles n’ont de valeur à leurs yeux
Que par leur plastique impeccable.
Conditionnées à plaire aux hommes
Qui les jugeaient sottes et stupides,
Elles se devaient d’être muettes.
Le temps qui passe n’y change rien :
On les veut toujours silencieuses,
La tête vide mais les seins pleins.
On attend d’elles qu’elles soient belles,
Au travail comme à la maison,
À la cuisine comme au bordel.
Ménagères ou bien courtisanes
Ce sont les rôles immuables
Dans lesquels on cloître les femmes.
Dans ce monde de vanités
Où la femme est objectivée,
Les hommes sont maîtres du jeu,
Exacerbant, entre les femmes,
Prisonnières du regard des hommes,
Une concurrence acharnée
Dont ils jouent avec impudence.
L’important n’est pas d’être belle,
De rester jeune ou d’être mince,
De se soumettre, conformiste,
Aux obligations de paraître,
Ces aliénantes injonctions
De la dictature esthétique ;
Mais d’être libre de choisir
D’être belle ou de ne pas l’être !
De se libérer des diktats
Qui standardisent la beauté,
Ces chaînes et ces fers invisibles
Qui asservissent les esprits.
Pourquoi se plier au système ?
Pourquoi souffrir pour être belle ?
Subir l’épilation du corps,
Ou la chirurgie esthétique !
Pourquoi s’imposer tant d’efforts
Quand les hommes n’en font aucun !
Vieillir n’est pas une faiblesse :
Les femmes ne sont pas des produits
Avec une date de péremption !
Et rien ne devrait obliger
Une femme, quel que soit son âge,
À être belle pour être aimée.
L’important n’est pas d’être belle
Mais de s’affranchir du regard
De ceux qui jugent la beauté,
De renoncer à se mirer
Dans les yeux qui croisent les nôtres,
De s’accepter telle que l’on est.
L’important n’est pas de séduire,
De s’oublier dans une quête
Où l’issue est la vanité,
De chercher dans les yeux des autres
Ce qui se trouve au fond de soi :
Le sentiment d’être à sa place.
L’important n’est pas d’être belle
Mais d’être libre d’être soi.
Comme la vie, la beauté passe :
Être désirable à temps plein
C’est gaspiller son existence
Et l’assurance de se perdre.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
Des tortues et des femmes
Face à la manosphère.
À la misogynie.
Au sexisme de masse.
Face au masculinisme.
À l’antiféminisme.
Au fascisme,
À tous les intégrismes.
Face au harcèlement,
Sexuel,
Professionnel,
De rue.
Face à la violence,
Structurelle,
Systémique,
Conjugale,
Qui dénigre les femmes,
Les discrimine,
Les décrédibilise
Les déshumanise,
Les tue.
Face à la haine des femmes
Qui progresse et qui croît.
Face à l’immobilisme
De ceux qui laissent faire.
L’inertie silencieuse
Des pouvoirs politiques,
Judiciaires,
Policiers,
Qui en n’agissant pas
Renforcent cette haine !
Comment quand on est femme
Exister dans ce monde ?
Rêver d’un avenir ?
Y faire naître nos filles ?
Après les fœticides,
Après les féminicides,
Ce sont toutes les femmes
Qui sont mises en danger,
Menacées d’extinction
Par la virilité ;
Un gynécide silencieux
Perpétré au regard de tous.
Comment être une femme
Dans ce monde violent ?
Un monde où les humaines
Seront minoritaires,
Sans relâche traquées
Par des mâles en surnombre.
Comment vivre sa vie ?
Espérer être libre ?
Comment imaginer
Mettre au monde des filles ?
Les livrer sans remords
À un monde cruel,
Où des mâles arrogants
S’approprieront leurs corps.
Des femmes et des filles
Sans fin persécutées,
Enfermées dans des cages
Symboliques et phalliques,
Reflétant les névroses
Des hommes qui les forgent.
Des mâles vulnérables
Plein de haine de soi
Qui masquent leurs faiblesses
En oppressant les femmes.
Des femmes et des filles
Qui n’enfanteront plus,
Broyées par la pression,
Le manque d’horizon,
Qui, pareilles aux tortues
De l’île de Golem Grad,
Choisiront le suicide
Pour échapper aux mâles
Et fuir la barbarie
Des sévices infligés.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La nullipare
Elle n’a pas eu d’enfant,
Parce qu’elle était malade,
Parce qu’elle était stérile,
Parce que son conjoint l’était,
Parce qu’il n’en voulait pas,
Parce qu’il a trépassé !
Elle n’a pas eu d’enfant
Par crainte écologique,
Par conviction politique,
Parce qu’elle est féministe,
Parce qu’elle est tocophobe,
Juste célibataire,
Larguée ou divorcée,
Ou parce que foncièrement
Elle souhaite rester libre !
Elle ne veut pas d’enfant,
C’est un choix réfléchi,
Pourtant on l’ostracise,
On la montre du doigt,
La juge et la réduit.
Stigmatisant son choix.
Mais la maternité
Dans la vie d’une femme
Doit rester une option
Pas la finalité.
Elle veut vivre sa vie
Comme un homme la mène.
Voyager, faire carrière,
Comme il le fait aussi,
Libre de ses mouvements
De sa sexualité,
De son corps et son temps !
Elle aime les enfants,
Mais pas les élever,
À chacune sa voie
Et sa voie est tout autre.
Elle veut demeurer libre,
Ne pas être soumise
À la reproduction,
Cet asservissement
Qui régit le destin,
L’oblige à renoncer
À sa propre existence,
L’oblige à sacrifier
Sa propre indépendance.
En dépit des tabous,
Et des pressions sociales,
Elle se veut souveraine,
Revendiquant le droit
De ne pas enfanter.
Nullipare, multipare,
Une femme reste une femme,
Avec ou sans enfant,
Avec ou sans matrice,
Maternité ou pas
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La trompée
Elle n’a rien vu venir,
Rien !
Était-il moins attentionné ?
Lui semblait-elle plus occupée ?
À quel moment s’est-il lassé ?
Pourquoi n’a-t-elle rien remarqué ?
Sans fin ressasse et se questionne.
Elle n’est vraiment rien qu’une conne !
À quand remonte son méfait ?
Son douloureux désintérêt ?
Engourdie par ses habitudes,
De la rupture, le prélude,
Elle n’a pas vu que son mari
Sans remords trompait son ennui.
Enlisés dans un quotidien
Qui durait depuis vingt-cinq ans,
Ils se sont perdus en chemin,
Chacun sa route retraçant.
Jamais pourtant elle n’a douté
De sa loyauté envers elle,
N’osant même pas imaginer
Qu’il pourrait lui être infidèle.
Rien !
Elle n’a rien vu venir.
Depuis des mois il la trompait,
Depuis des mois il lui mentait !
Pauvre cocue aveugle et sourde,
Confiante au point d’en être gourde.
Maintenant elle se sent trahie,
Abandonnée, l’âme meurtrie,
Éjectée sans ménagement
D’un couple où elle a fait son temps.
Elle qui l’aimait malgré les ans
Le découvre vil et blessant,
L’avisant sans prendre de gants
Qu’elle l’ennuyait depuis longtemps.
De loin elle a vu sa rivale,
Ordinaire et plutôt banale
Et s’est perdue en conjectures
Sur les raisons de la rupture.
Elle a pris un petit chez-soi,
Repris son train-train quotidien
Et compris au bout de six mois
Qu’un homme ne lui manquait en rien.
Maintenant elle peut voir venir !
© Catherine Gaillard-Sarron –La face cachée du monde – mars 2026
La délaissée
Elle attend, elle attend
Son amant tout le temps,
Elle attend, elle attend,
L’espérant plus souvent
Mais il est marié
Et n’a que peu de temps,
Toujours entre deux lits
Ne restant pas longtemps
Elle attend, elle attend
Que vienne son amant,
Elle attend, elle attend
Qu’il vienne plus longtemps
Espérant une étreinte
Ou une décision ?
De quoi calmer ses craintes,
Juste un peu d’attention !
Elle est la délaissée
Quand l’épouse est trompée,
Espérant en pleurant
Le retour de l’amant
Elle attend, elle attend
Que revienne l’amant,
Elle attend, elle attend
De plus en plus longtemps
Elle est la suppléante
Qu’on laisse sur la touche,
Celle qui se lamente
Quand avec l’autre il couche
L’éternelle Poulidor
Des amours de Monsieur,
Celle avec qui il dort
Quand sa femme est ailleurs.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La boulimique
Elle mange.
Vite.
Trop.
N’importe quoi.
Elle avale, engouffre,
De façon compulsive.
Ingurgite sans faim,
Sans frein.
Comble le vide,
Le manque,
L’absence,
Le stress.
Elle se gave,
Enfourne son mal-être,
Engloutit ses angoisses,
Les diktats impossibles,
Les injonctions contraires.
Puis elle se fait vomir.
Régurgite la nourriture,
Expulse la honte,
Le dégoût,
La culpabilité.
Et sans fin recommence.
Obsédée par son poids,
Obsédée par la bouffe,
Par le regard des autres,
La haine de son corps.
Manger, vomir.
Manger, vomir.
Va-et-vient infernal
Qui cadence ses jours,
La remplit puis la vide
Jusqu’à l’épuisement,
En l’empêchant de vivre.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
Le carrousel de la vie
Étendue dans le noir
Elle pense à sa journée,
Aux choses qu’elle a faites,
À celles qu’elle doit faire.
Elle n’a jamais le temps
De faire tout ce qu’il faut,
Jamais le temps de rien,
Jamais de temps pour elle.
Elle pense à sa journée
Et à celle à venir,
À toutes ces journées
Occupées par les autres,
À ces jours et ces nuits
Qui se ressemblent tous,
Ce manège infernal
Dont elle ne peut descendre.
Elle pense et ne dort pas
Oppressée par le temps,
Par sa vie qui s’enfuit
Et ne reviendra pas ;
Cette existence creuse
Évidée de ses rêves,
Cette course effrénée
Qui sans fin se répète
Son compagnon sommeille,
Tranquille à ses côtés,
Se reposant sur elle
Qui encaisse et se tait.
Elle pense à sa journée
Avant de s’endormir,
Comme elle a fait hier,
Comme elle fera demain,
Au travail, aux enfants,
Aux courses et aux lessives,
Aux tâches domestiques.
Aux mille choses à faire.
Elle pense et ne dort pas,
Car la vie d’une mère
N’est qu’un grand carrousel
Où sans fin se succèdent
Les corvées et les jours.
Un manège épuisant
Qui tourne autour des autres,
Qui tourne sur lui-même,
Qui tourne et l’étourdit,
Qui jamais ne s’arrête,
Centrifugeant sa vie,
Extrayant sa jeunesse,
Son temps et ses projets,
Réduisant à un jour
Une vie tout entière.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La femme du patron
Elle est la femme du patron
Celle qu’on cantonne au bureau,
Celle qui prend part au boulot
Et qui jamais ne touche un rond.
Elle est la femme du patron
Celle qui reste à la maison,
Celle qui lave et qui cuisine
Et récure aussi les latrines.
Juste la femme du patron
La femme qui n’a pas de nom,
Celle qui aide et qui soutient
Qui donne plus qu’un coup de main.
La femme qu’on nie et qu’on moque
La femme que l’on met en cloque,
La femme que l’on fait cocue
Quand elle ose réclamer son dû.
Elle est la femme du patron
La femme qui n’a pas de nom,
Celle qu’on jette après vingt ans
Sans un sou ni remerciements,
La femme que l’on répudie
Et que personne ne soutient,
La femme qui donne sa vie
Et que l’on traite comme un chien.
Elle est la femme du patron,
La femme qui n’a pas un rond,
Celle qui a tenu ses comptes
Celle à qui il règle son compte !
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La Serveuse
Mademoiselle ! Mademoiselle !
S’il vous plaît !
Elle court, elle court,
Tornade blanche et noire
Tourniquant dans les salles,
Toujours en mouvement,
Sans fin sollicitée,
Volant de table en table,
D’un client à un autre,
Un expresso par-ci,
Un plat du jour par-là !
Mademoiselle ! Mademoiselle !
L’addition s’il vous plaît !
Elle court, elle court,
Sans montrer sa fatigue
Sans montrer ses soucis,
Plaquant sur son visage,
Assombri par l’ennui,
Un masque souriant,
Ignorant les remarques
Des clients impatients,
Ignorant le mépris
Dont on la gratifie,
Encaissant en silence,
Endurant en silence.
Elle court, elle court,
De la cuisine au bar,
Du bar à la terrasse,
Chargée de lourds plateaux,
De verres, de vaisselle sale,
Hélée par les clients,
Hélée par le patron,
Oubliant de sourire,
Automate à servir !
Aspirant à partir,
Aspirant à dormir,
À fuir ce carrousel
Qui la déshumanise.
Mademoiselle ! Mademoiselle !
Elle ne court plus,
Elle pleure,
La remarque de trop,
L’arrogance de trop,
La muflerie de trop,
Elle craque !
Lasse de son travail,
Lasse de l’irrespect,
Lasse de ses horaires,
Imposant tout à coup
Au cœur du restaurant,
Un silence gêné…
Minute de silence
Où tout semble figé,
Où convergeant vers elle
Les regards la remarquent
Lui rendant un instant
Dans ce temps suspendu
Un peu de dignité
Et son humanité.
Mademoiselle ?
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La capillicultrice
Elle est toujours debout,
À manier les ciseaux
Et le séchoir à main,
Shampouinant une tête,
Posant des bigoudis.
Jonglant avec les brosses
Et les fers à friser,
Elle est infatigable,
Bouclant, tressant, coiffant,
Des têtes de tous âges.
Elle n’a pas une minute,
Vérifiant une mèche,
Apposant une crème,
Prodiguant un massage,
Proposant un café.
Œuvrant avec adresse,
De l’une à l’autre va,
Joviale et souriante,
Écoutant les clientes
Lui confier leurs soucis.
Elle a des doigts de fée,
Sublimant un visage
En trois coups de ciseaux,
Parsemant de lumière
Des cheveux gris et ternes.
Son regard est pointu,
Autant que ses ciseaux,
Rectifiant une coupe,
Modernisant l’aspect
D’un look révolu.
Dans son petit salon
Où s’attardent les femmes,
Autant que les cheveux
Elle soigne les âmes,
Accordant son écoute,
Prodiguant des conseils,
Créant du lien social.
La capillicultrice
Est une praticienne
Qui embellit les femmes
Et les met en valeur,
Générant par son art
Un bien-être agréable
Le temps d’une séance
Elle leur offre une pause,
Un répit salutaire
Dans leur vie trépidante,
Quelques heures pour elles
Où elles se sentent belles.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La caissière
Assise sur sa chaise,
Telle une femme-tronc,
Elle scanne les codes-barres
Et tipe les articles,
Invisible caissière
Qui, tel un automate,
Répète infiniment
Les mêmes mouvements.
Sanglée dans une blouse
Aux couleurs du commerce,
Sans fin elle enregistre
Les produits qui défilent,
Attrapant, déposant
Sur le tapis roulant,
Les tonnes de denrées
Extraites des caddies.
Elle travaille en silence
Dans le stress et le bruit,
Rapide et efficace,
Malgré les longues files,
Déroulant les tickets,
Encaissant les montants,
Remerciant des clients
Qui ne répondent pas.
Assise sur sa chaise,
Telle une femme-tronc,
On la ridiculise,
Parfois on la rabaisse,
Fatuité des clients
Qui se croient supérieurs
Et méprisent des femmes
Dont ils ne savent rien.
Quelques fois, on l’insulte,
Lui manque de respect ;
Mais le client est roi
Quand elle n’est que caissière,
Malgré l’indifférence
Et les regards hautains,
Elle se doit de sourire
Et, sans fin, d’encaisser.
Sous la clarté blafarde
Qui ternit son visage,
Elle ravale sa honte
Et poursuit son travail,
Maintenant la cadence
Des bips électroniques,
Attendant impatiente
La fin de son service…
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
Le meilleur et le pire
Elle est mariée,
Pour le meilleur et pour le pire.
Le meilleur s’est évaporé,
Reste le pire qui empire.
Envolés l’amour et les bals,
Les je t’aime et autres baisers,
Subsiste la charge mentale
Et le manège des corvées.
Une aventure conjugale
Loin d’une image d’Épinal,
Semée d’embûches et de grossesses,
De déceptions et de tristesse.
Un cruel recommencement
Qui se répète infiniment,
Une existence de Sisyphe
Qui la maintient entre ses griffes.
Elle est mariée,
Pour le meilleur et pour le pire.
Le meilleur s’est évaporé,
Reste le pire qui empire.
Entre la cuisine et l’étable,
Les enfants, le travail aux champs,
Sa vie s’écoule, inexorable,
Faisant place au ressentiment.
Tout entier voué à sa terre
Son homme est rude et solitaire,
On ne peut dire qu’il la moleste,
Mais il n’a pour elle aucun geste.
Elle envie quelquefois ses vaches
Qu’il traite avec plus de tendresse ;
Puis songe à toutes les promesses
Qui l’ont conduite à cette attache.
Elle est mariée,
Pour le meilleur et pour le pire ;
Un contrat d’amour et de haine
Où la haine étouffe l’amour.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
La néosorcière
La sorcière d’aujourd’hui
N’a plus besoin d’un balai
Pour s’échapper du foyer
Et rejoindre le sabbat ;
Elle a sa propre voiture,
Un salaire et des sex-toys,
Affirmant sa liberté,
Volant de ses propres ailes.
Elle a laissé derrière elle,
Église et patriarcat,
Ne conservant que l’amour,
Le désir de transcendance.
En dépit des misogynes,
De l’enfer et des menaces,
Elle avance courageuse,
Repoussant l’obscurantisme.
Volontaire et résolue,
Consciente des sacrifices,
La sorcière d’aujourd’hui
Savoure l’autonomie.
Forte de son expérience,
De celle de ses consœurs,
Elle apprend et redécouvre
La force invaincue des femmes.
La sorcière d’aujourd’hui
N’a pas besoin d’un chaudron
Pour élaborer des philtres
Et ensorceler les gens :
Le savoir est son grimoire,
Ses diplômes, la magie !
Des pouvoirs qui chaque jour
Modifient le sort des femmes.
La sorcière d’aujourd’hui,
Tout comme celle d’hier
Est une femme lucide
Qui rejette les diktats.
Une femme intelligente,
Instruite et indépendante,
Qui comprend les autres femmes
Et les aide à s’affranchir.
Comme celle de jadis,
La sorcière d’aujourd’hui
Peut exister par elle-même :
Sans mari et sans enfants !
Délivrée du mariage,
Du poids des maternités,
Son destin peut s’accomplir
Sans violences ni contraintes.
Éclairée par son savoir,
Son intuition et son cœur,
Elle espère en l’avenir
Et trace une voie nouvelle.
Une voie de liberté,
Une voie d’humanité,
Pour illuminer enfin
La face cachée du monde.
La sorcière d’aujourd’hui
Est un être en devenir
Qui ne tue pas ses rivales
Ni n’endort les princesses ;
C’est un être de lumière
Qui veut percer les ténèbres,
Éclairer le cœur des hommes
Et libérer chaque femme.
Dans ce monde à conquérir,
Dans ce monde à reconstruire,
La sorcière d’aujourd’hui
Peut exercer ses pouvoirs.
Consciente de sa puissance,
De ses dons, de ses talents,
Les hommes enfin peut braver
Sans périr sur le bûcher.
© Catherine Gaillard-Sarron –La Face cachée du monde – mars 2026
Un recueil nécessaire et qui ne laisse pas indemne.
La Face cachée du monde est un recueil poétique et engagé qui explore les zones d’ombre de la condition féminine : l’invisibilité, l’aliénation, la maternité, l’amour, la perte, la mémoire.
Une voix forte, sincère, poétique : qui dit ce qu’on tait, ce qu’on nie, ce qu’on oublie.
Pour celles qui se reconnaîtront.
Pour celles qui ne savent pas encore qu’elles sont invisibles.
Pour celles qui ont besoin de savoir qu’elles ne sont pas seules.
Ce n’est pas un livre : c’est une présence.
La Face cachée du monde n’accuse pas : elle dévoile. Elle n’impose pas : elle invite à regarder autrement. Nommer devient ici un acte de résistance, écrire une manière de refuser l’effacement.
Un recueil nécessaire, qui ne laisse pas indemne, et qui rappelle que tant que des femmes marcheront dans l’ombre, le monde aura encore une face cachée à dévoiler.
