La Décision

Vernissage à Chamblon le samedi 26 mai 2018! 

La Décision

L’inévitable n’arrive jamais, l’inattendu tout le temps. Keynes

« Avec beaucoup de sensibilité ce roman traite d’un sujet qui affecte malheureu-sement de plus en plus de personnes dans notre société. Catherine Gaillard-Sarron analyse avec justesse et humanité ce mécanisme qui détruit et broie un individu en l’isolant du groupe. Elle nous révèle à quel point notre société se montre aveugle devant la violence indirecte, cette forme de violence silencieuse que l’on nomme harcèlement moral et qui utilise les armes de la malveillance, de la manipulation et de la persécution… ! » Jean-Marie leclercq

Avril 2018 – 308 pages
ISBN : 978-2-9700942-8-9

Prix 28 CHF   

La violence est le dernier refuge de l’incompétence. Isaac Asimov

La Décision

Longtemps Vincent s’est demandé comment être à la hauteur. À la hauteur de sa famille, de sa femme Vivianne, de son couple, de son ambition professionnelle. La situation difficile et destructrice qu’il vit sur son lieu de travail le fragilise et il ne parvient plus à communiquer avec sa femme qui ne mesure pas sa détresse. Petit à petit, il s’enferme dans une prison de solitude et sombre dans une spirale de désespoir.

Préface La Décision

Avec beaucoup de sensibilité ce roman traite d’un sujet qui affecte malheureusement de plus en plus de personnes dans notre société. Sur le tard, dans ma carrière de psychothérapeute, je suis moi-même intervenu à de nombreuses reprises pour libérer des individus enfermés dans le piège prévu pour leurs supplices. Catherine Gaillard-Sarron analyse avec justesse et humanité ce mécanisme qui détruit et broie un individu en l’isolant du groupe. Elle nous montre à quel point notre société se montre aveugle devant la violence indirecte, cette forme de violence silencieuse que l’on nomme harcèlement moral et qui utilise les armes de la malveillance, de la manipulation et de la persécution…

Longtemps Vincent s’est demandé comment être à la hauteur. À la hauteur de sa famille, de sa femme Vivianne, de son couple, de son ambition professionnelle. La situation difficile et destructrice qu’il vit sur son travail le fragilise et il ne parvient plus à communiquer avec sa femme qui ne mesure pas sa détresse. Petit à petit, il s’enferme dans une prison de solitude et sombre dans une spirale de désespoir.

Un vendredi soir, alors que s’ajoute brutalement à son désarroi la frustration de voir la promotion professionnelle promise lui passer sous le nez, il atteint un point de non-retour et prend une décision qui va bouleverser sa vie ; conséquence non désirée mais quasi mécanique instaurée par la mentalité managériale. Cette introspection douloureuse, qui brouille son rapport au monde, aux autres, et à l’amour qui aura un prix, va alors s’inscrire dans LA DECISION de disparaître comme une « machine souffrante » qui soit socialement plausible.

Durant le week-end, davantage tourné vers les siens, qu’il redécouvre, Vincent prend conscience des sacrifices inutiles, du temps perdu et de la vanité des choses. Mais il est trop tard. Malgré l’intensité désespérée d’une intimité retrouvée avec Vivianne, il ne parvient pas à libérer sa parole.

Avec une immense délicatesse et par une tenue de récit qui force le respect, la romancière commente, analyse et raconte simplement de manière factuelle cette tempête sous un crâne à hauteur d’homme sans concessions !

De l’amour, de la sensibilité, de la sensualité, une profonde connaissance de l’âme humaine, mais pas de sensiblerie dans ce roman où l’on passe de l’illusion à la désillusion, du romantisme de choc à la destruction morale. Une histoire forte, émouvante qui nous entraîne dans le sillage de deux êtres brisés qui s’aiment et tentent de reconquérir leur estime de soi sans évoluer au même rythme, en sachant que l’amour n’est malade de rien, il est tout entier ce qu’il doit être à chaque instant avec ses abîmes et ses splendeurs.

L’incroyable destin de Vincent se métamorphose sous la plume de Catherine Gaillard-Sarron en épopée hyper romanesque dans une relation d’addition de changements et de transformations qui révèlent un roman existentiel de notre époque.

                                                                    Jean-Marie Leclercq 15.09.2017

Machine de douleur

 

J’ai été une machine de douleur
au point de chute des boyaux miniers
dans un drame carbonifère
que personne ne peut entendre ni voir.
J’avais un moteur moderne dans mes entrailles,
toute l’angoisse prisonnière
parmi les témoignages ligotés
qui ont disparu dans le miroir des scories immondes.
Maintenant, je fais un bruit énorme en me réveillant
et tous les jours je rejette une horrible fumée
comme un spectre pâle d’un esprit décadent
qui épuise à jamais toute sa charge de charbon.

© Jean-Marie Leclercq Paroles voilées sur l’homme – France Libris 2017

La nécessité de dire

 
Quelle distance
entre les hommes
et quelle absence
au cœur de l’homme !
j’ai cherché dans les autres
un peu de moi-même.
Ils n’ont pas voulu comprendre.
Une puissance obscure tient dedans,
Idéal bien trop beau
Pour être des yeux d’hommes !

© Jean-Marie Leclercq Paroles voilées sur l’homme – France Libris 2017

« Voci notre grand défi : vivre au coeur du probème et ne pas être remis en cause par lui, telle est la joie de la liberté.

Tulku Urgyen 

 Dimanche 7 septembre 2013

Extrait chapitre 4

Quelque chose change encore. Impermanence des choses qui apparaissent, passent, se transforment et disparaissent, comme les nuages, comme la vie… qui reprend ses droits.

— Tu as faim ?

Vivianne s’affaire dans les provisions, ouvre la glacière.

— Oui, une faim de loup, répond Vincent.

— Alors, appelle les filles pour manger, s’il te plaît.

Il est près de quatorze heures. Ils n’ont pas vu le temps passer.

Elsa et Pauline arrivent. Elles se sèchent en riant. Vincent les regarde. Elles ont tellement grandi. Il prend conscience de tout ce qu’il a laissé passer. De tout ce qui lui a échappé. Il comprend qu’il s’est trompé en donnant la priorité à son travail. Que le temps perdu ne se rattrape jamais. Face à la réalité de cette journée, normale, banale, il mesure à quel point ses problèmes au bureau l’ont accaparé et enfermé dans un tombeau de souffrance. Il était devenu aveugle à ce qui l’entourait, à la vie, à sa famille et il recouvrait la vue. Il était mort et il revivait. Et tout ça par la grâce d’une décision. Une décision impensable qui diminuait sa souffrance et lui redonnait une certaine joie de vivre mais dont il n’osait envisager les conséquences.

Pauline se tient soudain devant lui, un sandwich dans chaque main.

— Papa ! Tu es dans la lune ou quoi ? Maman te demande si tu préfères le sandwich au jambon ou au salami ?

— Au salami, s’il te plaît.

Vincent attrape le sandwich et s’assoit sur la chaise longue dont il a replié le dossier. Alignés face au lac, ils mangent en silence en contemplant le paysage. Une famille de canards glisse sur l’onde émeraude en cancanant tranquillement à la queue leu leu. De petites vaguelettes se forment à leur passage et viennent mourir sur la berge dans de petits clapotis. Vincent aime le chant et l’odeur du lac qui lui rappellent les vacances de son enfance. Elsa jette des miettes de pain dans l’eau et les canards rompent leur bel alignement pour profiter de l’aubaine. Des mouettes crient dans l’azur. Attirées par le festin, elles rasent l’eau à tire d’aile. Au-dessus de leurs têtes, les branches d’un tremble oscillent sous la brise légère et leur dispensent une ombre agréable. Vivianne a fait des miracles. Les salades de riz et de tomates sont délicieuses et la bière encore fraîche. Détendu, réceptif à cette harmonie qui se déploie autour de lui, Vincent mesure à cet instant précis toute l’importance de ces petites choses qui composent la trame de l’existence, cet ensemble de choses, bonnes ou mauvaises qu’on appelle le bonheur.

Il tourne la tête vers sa femme.

— Merci Vivianne. Je crois bien que ce pique-nique est le meilleur de toute ma vie, dit-il en la regardant avec gratitude.

Les filles pouffent de rire et demandent la permission d’aller acheter des glaces au camping.

— Accordé, dit Vincent, mais ne traînez pas trop, on lève le camp à seize heures. Je ne veux pas être bloqué dans les embouteillages

Ils se retrouvent seuls. Vivianne a encore des questions mais elle hésite à rompre cette belle harmonie qui flotte entre eux. Elle range les restes du repas puis s’installe dans le transat pour lire. Vincent s’est endormi. Elle le regarde avec tendresse. S’attarde sur son visage, ce beau visage d’homme, fragile et vulnérable dans le sommeil. Son mari semble moins fatigué qu’à son retour du bureau, vendredi, mais il a l’air las, si las. Que lui cache-t-il ? Sa remise en question professionnelle n’explique pas tout. Son regard l’effleure, le caresse. Elle voudrait pénétrer ce front creusé par le souci, lire dans son esprit la raison de ce comportement inhabituel. Ce détachement soudain pour son travail, cet intérêt subit pour sa famille, ce désir renouvelé, pressant, impérieux de lui faire l’amour à tout bout de champ ! Tout cela l’intrigue et l’inquiète. Même si elle apprécie ce changement d’attitude, elle y décèle quelque chose d’anormal.

Vincent a ouvert les yeux et la regarde. Vivianne bat des cils, surprise d’être observée à son tour. Leurs regards se croisent, se lient, se perdent dans des interrogations sans réponse. Vincent referme les paupières. Une fois encore, il se dérobe et fuit. Vivianne reprend son livre et se plonge dans sa lecture. Elle aussi fuit.

Les filles sont revenues à l’heure. Malgré quelques ralentissements et une circulation dense, le trajet du retour s’est déroulé sans encombre ni bouchon. Après une douche bienvenue qui a emporté dans son flux les derniers grains de sable rapportés de la plage, chacun vaque à ses occupations en attendant le souper. Vivianne a repris sa lecture, Elsa et Pauline sont montées dans leur chambre et Vincent s’est réfugié au salon pour suivre une émission sportive à la télé.

***

Dans la pénombre du salon, calé dans le fauteuil, Vincent fixe l’écran sans le voir. Ses pensées sont ailleurs. Après cette journée en famille, simple mais heureuse, il ressent le besoin de s’isoler, de réfléchir. Tout semblait si facile. Et tout est si compliqué, à présent. Il doute. Doit-il remettre en question sa décision ? Il ne sait plus où il en est. Il repense à ce moment intime passé avec Vivianne dans le lac. Cela lui rappelle leur complicité des débuts. Pourquoi les choses ont-elles changé ? Est-ce sa faute à lui ? À elle ? Comment démêler cette pelote de sentiments et de ressentiments qui constitue une vie ? Cette somme d’émotions qui compose, décompose ou recompose un couple ? Comment faire la part des choses ? Comment être objectif ?

Vincent a conscience qu’un couple se construit sur la durée, que la confiance se gagne sur le long terme et que les choses se mettent en place lentement, à notre insu parfois. Que les habitudes, les frustrations, les rêves déçus, puis les querelles et les schémas de pensées, si difficiles à dépasser, viennent renforcer et durcir cette carapace que chacun érige au fil du temps pour se protéger, et que chacun des deux se retrouve finalement enfermé en lui-même, séparé, coupé de l’autre et des autres par un mur d’incompréhension. Il prend surtout conscience que les gens s’habituent à être malheureux comme ils s’habituent à avoir mal. Qu’ils se résignent lentement à leur sort, à leur quotidien – qu’ils n’ont souvent plus la force ni la volonté de changer – et qu’ils acceptent progressivement la souffrance au point d’oublier ce que signifie être bien dans son corps et dans sa tête.

Est-ce cette conscience qui lui a fait prendre cette décision ? Cette décision qui supprime un problème et en soulève un autre ? Cette décision qui lui révèle qui il est ? Qui le libère de sa souffrance et ravive sa joie de vivre mais en génère de nouvelles qui le jettent dans l’angoisse ? Il le sait. Il est en sursis, condamné, hors du temps ! Mais il doute. Cette soudaine indécision le plonge dans un abîme de mélancolie. De désespoir ! Comment faire autrement ? Comment échapper à son sort ? Les larmes lui montent aux yeux. Il presse ses paupières pour tenter de les contenir mais ne peut les empêcher de rouler sur ses joues.

— Tu dors ?

La voix de Vivianne le fait sursauter. Il reprend tant bien que mal ses esprits, essuie discrètement les traces sur ses joues et dit voix mal assurée :

— Non, je regarde le sport.

Mais Vivianne n’est pas dupe. Elle a surpris son geste et se doute de ce qui se passe. Elle reste derrière lui, le temps qu’il se reprenne. La petite boule dans son ventre se met à grossir. Que se passe-t-il ? Pourquoi Vincent pleure-t-il seul dans le salon ? Est-il malade ? Elle n’ose pas l’aborder frontalement pour ne pas le gêner davantage mais son inquiétude vient de monter d’un cran.

Le salaire n’est que l’esclavage prolongé.

François-René Chateaubriand

 

Commentaires
Commentaires

Mes livres sont disponibles en eBooks

Cliquer sur les boutons pour les commander.

Vous souhaitez commander un livre papier?