Écrire.

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Demande-t-on à l’oiseau pourquoi il chante?

Écrire c’est créer et créer c’est vivre!

 

Quand écrire devient un acte aussi inconscient que respirer et qu’en ce sens il participe de la même nécessité vitale : rester en vie ! demander à l’écrivain ou au poète pourquoi ils écrivent devient aussi inutile que de demander à l’oiseau pourquoi il chante.

Malgré les espoirs déçus et les aléas de la vie, je suis toujours restée en lien avec ma part créatrice, consciente que cette dernière était l’étincelle fragile qui animait ma flamme intérieure et m’apportait lumière et chaleur.

L’écriture est pour moi un moyen d’expression qui me permet de créer et donc de vivre. Elle est un outil puissant qui me permet de forger les clés qui ouvrent et libèrent mon esprit. C’est un instrument de liberté !

Elle a le pouvoir de m’élever au-dessus de mes problèmes personnels et de ceux du monde: elle m’aide à prendre de la distance et, pareille à un ballon, me permet de me délester de ce qui m’alourdit.

Lâme a des illusions comme l’oiseau a des ailes : c’est ce qui la soutient. Victor Hugo

L’écriture rend également possible l’aventure intérieure, elle met en scène l’inconscient, joue avec lui et pousse l’auteur à se découvrir, au propre comme au figuré. Au fil de cette découverte ce dernier va développer sa connaissance de soi, sa pensée, son intuition et son imagination. Comme autant de guenilles il va devoir laisser derrière lui ses illusions et ses tourments pour pouvoir aller vers l’Autre et le monde. L’auteur doit disparaître, s’effacer au profit du passeur et du visionnaire qu’il doit devenir : il ne doit plus qu’être le véhicule d’une pensée en suspension dans l’univers. Et lorsqu’il sera nu et redevenu humble alors, s’il écrit toujours, ses histoires, de particulières deviendront universelles.

Aligner les mots sur le papier, c’est donc s’aligner sur l’universalité de la pensée. C’est aussi dire ce qui ne pouvait se dire autrement. Et exprimer ce qui ne pouvait se dire, c’est guérir et devenir…

L’écriture est l’anti-prison et l’antipoison par excellence.

Repenser les mots pour bien penser le monde et redonner du sens.

J’aime la force créatrice et le pouvoir lumineux des mots qui, à l’instar des couleurs du peintre ou des notes du musicien, mettent la vie en musique et en tableaux.

Les mots sont créateurs, ils réalisent et incarnent nos idées, leur donnant vie! Et tout pareil à un enfant, pour qu’une idée vienne au monde, ne faut-il pas « la coucher »… sur le papier ?

Outre sa capacité à faire surgir un monde du néant, l’écriture structure la pensée. Elle permet de mesurer la valeur et la cohérence de ses raisonnements. Elle donne un sens, du sens à la pensée : elle fait sens ! Et tout en nous inscrivant dans le grand Livre du monde elle nous fait entrevoir notre propre histoire, nous éveillant à nous-mêmes.

Pressurer les mots pour en extraire l’essence : le fluide essentiel!

En définitive je crois me libérer et je me livre… à tous ceux, poètes ou non, qui partagent avec moi les valeurs qui m’animent et dans lesquelles je puise ma force.

Écrire c’est donner une forme à sa pensée, réaliser un livre c’est la matérialiser,

publier c’est lui donner une audience.

Écrire

Écrire c’est un élan du cœur vers l’esprit,

C’est transmuer l’émotion en pensée,

La pensée en réflexion

Et la réflexion en mots.

C’est faire parler son ressenti

Et tenter, en le reconnaissant,

De faire apparaître ce qui n’est pas encore dit, pas encore né.

C’est s’efforcer de mettre au monde les non-dits,

Les non-vus, les non-compris

Et de les faire vivre au travers du langage;

Outil de communication par excellence,

Passerelle qui nous mène de l’ombre à la lumière,

Instrument magique qui nous sort du néant

Et nous donne, en incarnant notre pensée,

La seule vraie liberté :

Celle qui nomme et met des mots sur ce qui n’existait pas !

Écrire c’est faire affleurer à la conscience

Ce qui n’était que limbes.

C’est déconstruire ce qui est

Et bâtir ce qui n’est pas.

C’est cultiver avec persévérance

Les fruits et les fleurs de son jardin secret;

C’est faire fleurir les pensées en germes,

Développer les bourgeons d’idées!

C’est attendre patiemment qu’ils arrivent à maturité

Et qu’ils s’épanouissent en raisonnements:

C’est planter les semences à venir

En moissonnant autour de soi

Tout ce qui peut nourrir l’imagination et la réflexion.

Écrire c’est jardiner sa terre intérieure,

C’est se faire pousser soi-même !

C’est relier en bouquets extraordinaires les fleurs de sa vie

Et récolter, la saison venue, les fruits de sa propre existence.

C’est ouvrir la porte entre cœur et esprit

Et retrouver le chemin du jardin éternel…

 

© Catherine Gaillard-Sarron 12.11.05

Mots fuyants

Aller chercher ce mot,

Ce mot qui nous échappe,

Aller chercher ce mot,

Ce mot qui nous agace,

Ce mot qui nous rend fou

et que l’on cherche en vain,

Au plus profond de nous,

Le seul mot qui convient !

Aller chercher le mot,

Le mot juste !

Loin, si loin en soi…

Le quêter, le pêcher, le traquer,

L’attendre, le prier, le supplier !

Forer son inconscient,

Creuser sa mémoire

Pour en trouver le sens,

Pour en extraire l’essence ;

En percevoir la forme, la nature,

L’entrevoir, puis le voir, l’attraper,

L’extirper des ses méninges,

Le saisir solidement, fermement,

Et le ramener, triomphant,

Dans la lumière de son esprit,

Pour pouvoir, enfin, l’écrire et l’offrir

À tous ceux qui voudront le lire…

© Catherine Gaillard-Sarron 15.06.04

 

 

Le jongleur de mots

Jongleur de l’impossible

Il joue avec les mots,

Esquissant dans l’espace

Des figures d’espoir.

Au-dessus de sa tête,

De son cœur, de son âme,

Sans fin il les projette

Comme des balles folles.

Il jongle avec les mots

Dans le cirque du monde,

Formant des banderoles

Qui claquent aux quatre vents.

Il jongle avec les mots

Qu’il lance jusqu’au ciel,

Leur redonnant

Un sens que l’on croyait perdu.

Il croit à leur puissance

Et connaît leur valeur,

Leur conférant

Un poids qui l’écrase parfois,

Jongleur de l’infini

Il a foi dans ses mots,

Il est fils du verbe

Et de la vérité.

Dans le cirque du monde

Où l’on se joue des mots,

Il jongle imperturbable

Avec ceux qui lui restent,

Jongleur de l’impossible

Sans fin il les relance,

Les sauvant d’un chaos

Qui lentement menace…

© Catherine Gaillard-Sarron 15.06.16

 

 

Mots Balises

Des mots comme des outils,

Des mots comme des ferments,

Pour bien forger le monde

Et faire lever l’esprit.

Des mots comme une matière,

Autonome et vivante,

Pour incarner l’idée

Et créer la pensée.

Des mots à repenser

Quand le sens est trahi.

Des mots à inventer

Pour retrouver du sens.

Des mots comme des bagages,

Des mots comme des balises,

Pour ne pas oublier

Et éclairer le monde.

Des mots comme un espoir,

Des mots comme un salut,

Pour pouvoir exprimer

Et toujours exercer

L’immense liberté

Que celle de penser !

© Catherine Gaillard-Sarron 21.02.05