
| Le dernier voyage | Terre Incognita | Une dernière fois | Terre engloutie |
Le dernier voyage |
| Juste après l’aube ce matin Tu as pris la route du ciel Sans nous tu t’es mis en chemin Pour aller chercher le soleil Tu es parti sans prévenir Le cœur serré sur un sourire Nous délivrant pour tout message La paix gravée sur ton visage Mais ton voyage vers la lumière A empli nos cœurs de chagrin Car il nous prive de ta chaleur Et fait de nous des orphelins ; Où que tu sois sur le chemin Entends Papa notre prière Que notre amour guide tes pas Comme tu as su guider les nôtres Et qu’il éclaire ton passage Comme tu as éclairé nos vies. Vaillant capitaine au long cours Vogue pour toujours sur notre amour. © Cath. Gaillard-sarron 16.8.05 |
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Terre Incognita |
| Oh père ! Père ! Où es-tu ? Où es-tu en ces vastes étendues Où nul de son vivant ne peut fouler les terres Où nul de son vivant ne peut franchir l’espace ! A-t-elle disparu l’invincible cuirasse Qui contenait ton corps ainsi qu’une prison ? Ont-elles disparu ces chaînes invisibles Qui retenaient ton âme empêchant son envol ? Je contemple les nues où brasillent les étoiles Considérant le sol où s’ancrent mes deux pieds Et de la terre aux cieux mon regard se déplace Recherchant éperdu de ton esprit la trace. Oh père, père, je ne peux me résoudre à ce départ subit Qui me laisse orpheline sur les quais de la vie, T’aurais-je assez aimé ? Te l’aurais-je assez dit ? L’auras-tu décelé ? L’auras-tu ressenti Cet amour indicible qui emplissait mon coeur ? Ainsi qu’une blessure ton absence me brûle Et chaque souvenir en avive la plaie Parce que depuis toujours je te porte en mon coeur Déjà je le pressens elle ne guérira plus ! Oh père ! Père ! Où es-tu en ces vastes étendues Où fluide et libéré tu voyages à présent ? M’entends-tu en ce monde inconnu Où les mots inutiles me font douter du Verbe ? Oh père, où que tu sois en cette terre incognita Attends-moi ! Et trace devant moi en y laissant tes pas Le chemin de lumière qui guidera les miens Me ramenant enfin pour toujours près de toi. © Cath. Gaillard 22.9.05 |
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Une dernière fois |
| Le prononcer encore une fois Ce mot qui est mort avec toi Le formuler de vive voix Pour ne pas m’éloigner de toi Le chuchoter autour de moi Pour perpétuer ton souvenir Le dire pour ne pas t’oublier Toi que je ne peux plus nommer Le prononcer encore une fois Ce mot que je n’entendrai plus Le murmurer dans le silence Maintenant que tu es parti L’exprimer une dernière fois Ce mot que je ne dirai plus L’épeler une ultime fois Ce petit mot que j’ai chéri Et le garder comme un trésor Dans les plis secrets de mon cœur Pour que toujours je me souvienne Du tendre écho de ses syllabes Papa… |
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Terre engloutie |
| Tel un marin perdu qui erre sur la mer Et crie, soudain heureux, voyant la côte au loin : Terre, terre ! Mon cœur gonflé de peine crie sa souffrance au vent Et hurle au silence ces mots désormais vides : Père, père ! Car il n’y a plus de terre pour mon coeur égaré Plus d’île ou de presqu’île où poser mon amour La mort en un instant a tout fait disparaître Engloutissant d’un coup celui que j’aimais tant Et sans fin je dérive sur l’eau de ma tristesse Recherchant dans la houle des fragments de bonheur ; A présent plus de bras pour serrer mes épaules Plus de sourire aimant pour accueillir mes pas Ta voix s’est envolée, ton regard s’est éteint ; Plus de ciel dans ma vie et d’étoiles dans mes nuits Plus de joie dans mon cœur... et de père à aimer Et j’erre dans la tourmente comme un vaisseau fantôme Les cris de ma détresse déchirant les ténèbres : Mère, mère… © Cath. Gaillard 20.8.05 3ème prix poésie libre Concours international des Poètes de la Cité Genève le 19.3.06 |
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| © Nov. 2005 Catherine Gaillard-Sarron - Webmaster : Stéphanie Gaillard |